Le rêve est fini pour Jérémy Chardy et, pour tout dire, le réveil a été brutal. Andy Murray n’est pas du genre à faire des sentiments. L’Ecossais, trop fort, trop frais et trop complet, a dominé de la tête et des épaules cette rencontre. Pour son premier quart de finale en Grand Chelem, Chardy s’est d’abord montré trop tendu à l’entame, puis trop juste physiquement dans la partie finale. Entre temps, il a fait ce qu’il a pu, c’est-à-dire trop peu pour sortir le numéro trois mondial de sa zone de confort. Cette marche-là était trop haute pour le Palois, qui va néanmoins quitter l’Australie avec des souvenirs plein la tête et des espoirs légitimes pour la suite d’une carrière qui a pris une autre dimension ces dix derniers jours à Melbourne.
Novice à ce niveau de la compétition en Grand Chelem, Chardy a mis du temps à se libérer. Très tendu (son lancer de balle au service, souvent incertain, traduisait à merveille cette nervosité), il a concédé deux breaks d’entrée. Mené 4-0, il a alors commencé à jouer son jeu. Avec un peu de relâchement, sa frappe est devenue plus dense, plus consistante et, pendant une demi-heure, il a secoué par moments Andy Murray, remportant cinq des sept jeux suivants. Revenu à 5-4 dans le premier set, il a obligé Murray à serrer le jeu. Mais l’Ecossais a montré de quelle étoffe il était fait. Sentant que le match se jouait là, dans cette fin de première manche, il a repoussé les assauts du Français pour plier ce set, 6-4. Le plus dur était fait pour lui.
Huit breaks en 13 jeux pour Murray
Après avoir remporté son service lors du premier jeu de la deuxième manche, Jérémy Chardy a alors connu un énorme trou noir. Condamné par un mélange de lassitude physique et mentale, confronté à la muraille britannique, totalement imperméable en défense, il a concédé neuf jeux de rang. Quand il a ressorti la tête de l’eau, il était mené 6-4, 6-1, 3-0 et le match était bien évidemment terminé. Pour rivaliser, il aurait fallu, en premier lieu, que son service soit ce qu’il est capable d’être : une arme fatale. Privé de cet atout, il a constamment subi la qualité du retour de Murray. Résultat, des statistiques catastrophiques, notamment en deuxième balle, sur laquelle il n’a gagné que 20% des points (5 sur 25 !) et huit breaks en treize jeux de service.
Andy Murray se retrouve donc en demi-finales (pour la huitième fois sur les neuf derniers tournois du Grand Chelem) en ayant passé en moyenne moins de deux heures par match sur le court depuis le début de cette quinzaine australienne. C’est ce qui s’appelle avancer à l’économie. Il n’a certes pas été testé et certains y verront un désavantage avant les joutes finales du tournoi, forcément beaucoup plus rudes. On peut aussi se dire qu’il a accumulé de la confiance et gardé de la fraicheur. Ce qui est certain, c’est qu’il faudra être très fort pour battre le vainqueur du dernier US Open à Melbourne. Jérémy Chardy peut en témoigner.
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