Passé en Australie: Novak Djokovic est chez lui à Melbourne. C'est sa terre fétiche. Son jardin. C'est ici qu'il a décroché son premier titre du Grand Chelem, en 2008, en battant Roger Federer en demi-finales puis Jo-Wilfried Tsonga en finale. Depuis, il a conquis deux autres titres, en 2011 et 2012. Il a remporté 35 de ses 37 derniers matches à Melbourne Park. Avec trois couronnes, il est déjà à la hauteur d'un Rod Laver ou d'un Mats Wilander. Ils ne sont plus que cinq devant lui au palmarès. Roy Emerson et ses six sacres restent pour l'heure intouchables, mais en cas de victoire dimanche, Djokovic rejoindrait Agassi, Federer, Rosewall et Crawford avec quatre titres.
Son parcours en 2013: Evidemment marqué par son huitième de finale colossal face à Stanislas Wawrinka. Passé au bord de la défaite, Nole s'en est très bien tiré ce jour-là, ce qui fait de lui une sorte de survivant dans ce tournoi, un peu comme à Roland-Garros l'an dernier. A cette notable exception, il a vécu une quinzaine plutôt tranquille. Même si Berdych lui a pris un set en quarts, il n'a jamais été vraiment en danger lors de ce match, avant de ne faire qu'une bouchée de David Ferrer en demi-finales.
Pourquoi il peut y croire: Avant tout parce que, comme nous l'avons vu, il joue toujours admirablement bien à Melbourne. Toutes ces victoires acquises sur la Rod Laver Arena, parfois à l'arraché, donnent un surplus de foi à ce joueur qui, naturellement, déborde déjà de confiance en lui. D'ailleurs, interrogé sur le favori de la finale, Roger Federer a donné un petit avantage au Serbe "pour son passé ici". Même dans la difficulté, et même dans l'extrême difficulté comme contre Wawrinka, il semble toujours persuadé de pouvoir trouver un moyen de s'en sortir. Cette inébranlable confiance n'a pas de prix. Il va aussi aborder ce duel final plus frais que son adversaire, qui a dû livrer un combat de quatre heures contre Federer alors que lui a eu trois jours de repos, même s'il faut relativiser cet avantage au regard des éditions précédentes (Nadal en 2009 et déjà Djokovic en 2012 s’étaient imposés en finale malgré deux gros combats en cinq sets en demi-finales et un jour de récupération en moins).

Novak Djokovic - Australian Open 2013 (AFP)

Crédit: AFP

L'ombre d'un doute: La dernière finale de l'US Open a changé le rapport de force entre Djokovic et Murray. Le Serbe est toujours numéro un mondial, il continue d'évoluer à un niveau exceptionnel, mais Murray progresse sans cesse depuis plusieurs mois. Il n'a plus d'ascendant psychologique sur l'Ecossais. Même s'il a remporté leurs deux matches depuis (à Shanghai et au Masters), ces deux succès pèseront probablement moins dimanche que la finale de Flushing. Par ailleurs, Wawrinka a montré qu'il y avait moyen de bousculer le Serbe en dépit de son extraordinaire couverture de terrain, à condition de prendre la balle très tôt, d'être agressif et de rentrer dans le court. Murray sait faire tout ça. Il joue aussi plus gros que Murray. S'il perd une troisième finale sur les quatre derniers majeurs, le doute pourrait s'installer. Ce serait aussi la première fois depuis deux ans qu'il ne détient aucune couronne majeure.
La stat: 3. Dans l'ère Open, jamais un joueur n'a réussi à remporter trois fois de suite l'Open d'Australie. Le dernier à avoir accompli pareille performance est Roy Emerson, dans les années 60. Depuis 1968, plusieurs joueurs ont remporté le tournoi deux fois consécutivement, avant de se casser les dents sur le triplé. Ce fut notamment le cas d'Ivan Lendl, de Jim Courier, d'André Agassi ou de Roger Federer. Djokovic s'attaque donc à une forme de malédiction très australienne puisque les trois autres tournois du Grand Chelem ont connu chacun plusieurs triplés de ce genre.
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Passé en Australie: On ne peut pas dire que Murray se soit épanoui en Australie. Ces deux finales perdues en 2010 face à Roger Federer et face à Novak Djokovic en 2011, à chaque fois en trois sets, lui ont même fait plus de mal que de bien. Il a mis plusieurs semaines à s’en remettre psychologiquement, particulièrement il y a deux ans où il avait perdu quatre matches de suite entre Rotterdam et Miami, avant de se reprendre au mois d’avril à Monte-Carlo. L’an passé, c’est encore Novak Djokovic qui l’avait empêché de se qualifier pour sa troisième finale consécutive à Melbourne au terme d’un match à rallonge, perdu 7-5 au cinquième set.
Son parcours en 2013: Pour la deuxième fois de sa carrière, Andy Murray est arrivé en demi-finale de l’Open d’Australie sans concéder de sets. L’Ecossais a passé ses cinq premiers tours assez tranquillement avant de retrouver Roger Federer dans le dernier carré, le moment précis où la quinzaine est brusquement montée d’un cran. Auparavant, ni Gilles Simon, au bout du rouleau après son marathon face à Gaël Monfils, ni Jérémy Chardy, pourtant tombeur de Juan Martin Del Potro un peu plus tôt, n'ont pu lui faire de l’ombre. Murray a tout de même perdu ses deux premières manches de la quinzaine face au Suisse à la suite de deux jeux décisifs.
Pourquoi il peut y croire: Parce que Murray a confirmé qu’il avait changé de statut en battant Federer avec sang-froid pour la première fois de sa carrière en Grand Chelem. Signe que mentalement il a progressé depuis ses victoires libératrices aux J.O. et à l’US Open. Il sait dorénavant gérer les grands rendez-vous comme les autres membres du Big Four, lui qui jouera sa troisième finale majeure de rang ! Battre Novak Djokovic en finale du tournoi du Grand Chelem qui lui ne lui réussit pas serait la suite logique des choses. Même s’il ne compte pas autant de victoires que le Serbe dans les tournois majeurs, le protégé d’Ivan Lendl pourra rivaliser de confiance avec le numéro un mondial. Son attitude de vainqueur face au Suisse dans la cinquième manche de sa demi-finale a crevé l’écran. Cela n’aura pas échappé à Djokovic.

2013 Open Australie Andy Murray

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L'ombre d'un doute: Est-ce que ses quatre heures de match face à Federer n’ont pas tué ses chances de rivaliser avec Djokovic en finale ? Le Serbe a passé les dernières 48 heures à préparer tranquillement le premier gros rendez-vous de la saison 2013. Et on ne peut pas dire que sa demi-finale face à David Ferrer (pliée en 1h30) lui a coupé les jambes. Cette finale, qui annonce un long combat comme souvent entre les deux hommes, se jouera sur le physique et la lucidité dans les moments chauds de la partie. Et Djokovic, qui a déjà une capacité de récupération au-dessus de la normale, a indéniablement un train d’avance sur Murray.
La stat: 2. Après avoir été celui qui a empilé quatre défaites de suite en finale de Grand Chelem, Murray pourrait devenir le premier joueur de l’ère Open à remporter un deuxième titre majeur dans la foulée de son premier. Un exploit que les Federer, Sampras, Agassi ou même Lendl, pour n’en citer que quelques-uns, n’ont pas réalisé. Quoi de mieux pour se consoler après si peu de réussite ? Il faut remonter à John Newcombe en 1967 pour trouver trace d’un tel début de parcours. L'Australien avait inauguré son palmarès à Wimbledon avant de s'imposer à l'US Open. Depuis, personne n’avait même réussi à enchaîner une finale après le gain de son premier titre majeur dans l’ère Open. Murray a donc déjà signé une première.
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