L'Open d'Australie est un tournoi du Grand Chelem où Novak Djokovic gagne toujours à la fin. Le Serbe ne voulait pas céder son dernier bastion. Vaincu en finale de Roland-Garros par Rafael Nadal, en demi-finale de Wimbledon par Roger Federer puis en finale de l'US Open par Andy Murray, il a vécu quelques rudes frustrations ces derniers mois en Grand Chelem. Mais à Melbourne, tout est différent. Nole est chez lui, ici. Après sa victoire face à Murray dimanche, il y a désormais conquis les deux tiers de ses couronnes majeures.
D'abord mené et malmené par le Britannique, il a bataillé, s'est accroché, avant de dominer progressivement l'Ecossais. Imperceptiblement, puis très nettement. Il a pris l'ascendant de façon très progressive. Au final, quatre sets (6-7, 7-6, 6-3, 6-2) pour un quatrième sacre austral qui l'ancre un peu plus dans l'histoire de ce tournoi. Djokovic revient à la hauteur d'un Federer ou d'un Agassi, jadis maîtres des lieux eux aussi. Mais, contrairement à eux, il a réussi à aligner trois succès consécutifs. Un triplé inédit en Australie dans l'ère Open. Il faut remonter à Roy Emerson dans les années 60 pour trouver trace d'un pareil exploit. Emerson, le seul homme au-dessus de Djokovic dans la palmarès australien, avec ses six couronnes. Ce sixième titre du Grand Chelem le place, au passage, à hauteur de champions comme Stefan Edberg ou Boris Becker. Sacrés temps de passages, quand même, à 25 ans.
Deux sets et demi sans break, puis la rupture...
Cette finale était cruciale pour lui. Peut-être plus encore que pour son adversaire. La pression avait changé de camp par rapport à leur duel de New York en septembre dernier. Parce que Djokovic, en perdant une troisième finale en l'espace de huit mois, aurait pu se fragiliser. Un deuxième échec consécutif dans un rendez-vous aussi important face au même joueur aurait forcément pesé. Peut-être est-ce en partie pour cela qu'il n'a été que l'ombre de lui-même dans la partie initiale de cette finale. Multipliant les fautes directes (25 dans le seul premier set !), le Djoker paraissait nerveux, cherchant souvent du regard son clan, comme pour se rassurer. La façon dont il a vendangé le jeu décisif du premier set en disait très long sur son état psychologique.
Installé aux commandes, serein, solide, constant, bref, dominateur, Murray était alors idéalement lancé. Il a eu l'occasion de prendre un ascendant plus net encore dans le deuxième set, au cours duquel il a obtenu trois balles de break dès le premier jeu de service de Djokovic. Le Serbe, dos au mur, a su serrer le jeu pour s'en sortir. Ce fut encore le cas dans le tie-break de cette deuxième manche. A l'inverse du premier jeu décisif, Djokovic a limité les fautes. Les erreurs sont venues du côté de Murray. Voilà comment, après deux heures et quart de combat, les deux hommes se sont retrouvés à un set partout. Le score de parité ne reflétait probablement pas exactement la nature du rapport de forces entre le Serbe et l'Ecossais. Mais ce dernier avait laissé passer sa chance.

Novak Djokovic posa con su cuarto título en Australia tras ganar a Andy Murray

Crédit: Eurosport

Sans le moindre break en deux sets et plus de deux heures, on pouvait imaginer que cette finale était partie pour virer au marathon. Il n'en fut rien. Parce que le ressort s'est cassé brusquement chez Murray, lorsque celui-ci a concédé son service au milieu du troisième set. Sonné, il ne s'en est jamais relevé. A partir de 6-7, 7-6, 3-3, Djokovic a remporté huit des neuf jeux suivants. K.O. debout, Murray a lâché à la fois physiquement (les effets, sans doute, du match intense livré contre Federer 48 heures plus tôt) et mentalement. Face à la machine serbe lancée à pleine vitesse, il n'avait plus les armes pour l'arrêter, ni même la freiner. Djokovic va donc quitter l'Australie en triomphateur. On l'a pourtant déjà connu plus impressionnant. C'est un compliment. Le Djokovic australien de 2013 n'était peut-être pas plus fort que celui de 2011 ou 2012. Mais il reste quand même le plus fort de tous.

2013 Open Australie Novak Djokovic

Crédit: AFP