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Open d'Australie: Jo-Wilfried Tsonga à l'assaut de Roger Federer
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Publié 22/01/2013 à 16:19 GMT+1
S'il veut battre Roger Federer mercredi, Jo-Wilfried Tsonga n'a d'autre salut que la prise de risque permanente. Tout en restant constant. Sacré dilemme. Mais le Français l'a déjà fait par le passé, y compris en Grand Chelem. Alors, pourquoi pas?
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Jo-Wilfried Tsonga est à sa place pour l’instant. De par son passé dans les grands tournois et son rang dans la hiérarchie mondiale, il était attendu en quarts de finale. Le défi, maintenant, pour lui, c’est de repousser les limites de la logique dans ce dernier tiers du tournoi. Par le passé, il y est parvenu plusieurs fois. En battant Rafael Nadal en demi-finales de l’Open d’Australie en 2008. En sortant Roger Federer en quarts de finale de Wimbledon il y a un an et demi. C’est une performance de ce genre dont il aura besoin mercredi, face à ce même Federer, s’il veut devenir le premier joueur français depuis les années trente à atteindre cinq fois le dernier carré en Grand Chelem. La mission n’est pas impossible. Elle est, à coup sûr, éminemment complexe.
D’abord parce que, pour Tsonga, une victoire face à Federer reste une exception. Il l’a certes battu à trois reprises en onze confrontations, dont ce succès à Wimbledon improbable sur la forme (Federer n’avait jamais perdu en Grand Chelem après avoir mené deux sets à rien), mais le Suisse a clairement l’ascendant sur lui. Pour rééditer cette performance, le Manceau devra évoluer quelques crans au-dessus de ce qu’il a montré depuis le début de la quinzaine. Il a le profil pour bousculer Federer, qui déteste par-dessous tout être agressé. "Jo, c’est un shot-maker", explique le numéro deux mondial. Un faiseur de coups, littéralement. "Il peut être très dangereux, on le sait, ajoute-t-il. Parfois, avec lui, il faut savoir laisser passer l’orage."
"La moindre baisse de régime, il va me mettre dedans"
Tsonga n’ignore évidemment pas que c’est encore une fois dans ce registre qu’il devra opérer pour avoir sa chance. Agresser, bousculer, tel sera son credo. "Chaque fois que je l’ai battu, je l’ai bousculé, nous explique-t-il. Je suis allé chercher les points. J’ai été percutant, j’ai été opportuniste. Je dois imposer mon jeu sans subir le sien." Il n’a de toute façon pas le choix. "Contre lui, attendre la faute, ce n’est pas la bonne chose à faire". Un euphémisme. C’est aussi de cette façon qu’il avait pu secouer Novak Djokovic en quarts de finale à Roland-Garros l’an dernier.
La difficulté, pour lui, réside dans le fait de coupler cet état d’esprit offensif d’une constance dans la performance. Etre régulier tout en prenant en permanence des risques. Une gageure. "Pour battre Roger, je ne dirais pas qu’il faut faire le match parfait, mais qu’il faut être le plus constant possible, précise ainsi le finaliste 2008 de l’Open d’Australie. Ce genre de joueurs, ils prennent toutes les opportunités. La moindre baisse de régime, il va me mettre dedans. Je ne dois pas baisser de pied." Or la constance, c’est précisément un des péchés mignons de Tsonga, et pas seulement contre les gros bras. On l’a encore vu durant cette quinzaine. Sur certains matches, son deuxième tour contre Soeda par exemple, il a parfois du mal à se défaire de petites sautes de tension.
L’autre problème, c’est Federer lui-même. Battre Federer, c’est un sacré défi. Battre ce Federer-là, plus encore. Pas un joueur n’a été plus impressionnant à Melbourne cette année que le Bâlois. Il ne disposait pourtant pas du tableau le plus simple pour rallier les quarts, mais il pratique un tennis d’excellence depuis quatre matches. C’est tout particulièrement vrai de son service, que personne n’a encore réussi à lui prendre en douze sets. "Ça, c’est vraiment une très bonne chose, surtout si tôt dans la saison, sans trop de repères ni de matches. Mais je n’y pense pas. Plus on en parle, plus on se fait breaker en général", sourit-il. Jo-Wilfried Tsonga aimerait sans doute que ce soit aussi simple. Mais il le sait, breaker Federer sera complexe. Agressif, constant, opportuniste, excellent au service, solide en retour, dominateur à l’échange. Placé devant une équation suisse à plusieurs inconnues, Jo sait qu’il va passer une soirée d’enfer mercredi. Le paradis est parfois à ce prix.
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