Caroline Garcia sur les traces d'Eugénie Bouchard

A Melbourne l'an passé, Eugénie Bouchard, 32e mondiale, démarrait en trombe une saison épatante finalement achevée au 7e rang. Cette année, Caroline Garcia, même âge, (quasiment) même classement et surtout même style de jeu, rêve d'une progression similaire, dorénavant accompagnée de celle qui a entraîné la Canadienne de 2011 à fin 2013 : Nathalie Tauziat.

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Crédit: Eurosport

"Pour moi, Caroline a autant de potentiel qu'Eugénie, même si elle n'a pas encore eu les mêmes résultats." L'affirmation peut paraître péremptoire. Après tout, Caroline Garcia a 21 ans, est classée 36e mondiale et affiche un unique troisième tour à Wimbledon pour meilleur résultat en Grand chelem, là où Eugénie Bouchard lui rend six mois, est n°7 à la WTA et a disputé la finale à Wimbledon et les demies à l'Open d'Australie et à Roland-Garros l'an passé. Pourtant, le postulat mérite d'être considéré puisqu'émanant de Nathalie Tauziat, qui a entraîné la Canadienne deux ans et demi durant, entre juin 2011 et la fin 2013, avant d'intégrer le staff de la Française ces derniers mois.
Alors la finaliste 1998 de Wimbledon sait forcément de quoi elle parle quand elle évoque des similitudes certaines entre les deux jeunes filles : "Quand je l'ai connue, Eugénie jouait 1,50m derrière sa ligne. Dès la première semaine de collaboration, je lui avais dit :"Ta frappe est bonne mais elle sera meilleure encore à l'intérieur du court." Aujourd'hui, c'est la même idée avec Caroline. On souhaite qu'aller vers l'avant devienne pour elle un automatisme."
Par séquences, Caroline Garcia a déjà à plusieurs reprises laissé entrevoir des aptitudes dans l'exercice. Durant un set et demi de haute voltige face à Maria Sharapova à Roland-Garros en 2011, faisant alors dire à Andy Murray qu'il avait vu une future numéro 1 mondiale sur le court Philippe-Chatrier ; ou lors d'un week-end de rêve en barrages de Fed Cup aux Etats-Unis l'an dernier, marqué par deux victoires en simple et une en double.
Mais modifier des réflexes profondément ancrés demande du temps et, dans le feu de l'action, difficile de prendre le dessus sur un instinct qui commande de se réfugier dans le confort des habitudes : "Changer d'état d'esprit, c'est ça qui est le plus long, confirme Tauziat. Je le sais car je l'ai vécu en tant que joueuse. Au début, j'étais une contreuse. Vers 24 ans, j'ai décidé de basculer vers l'avant. C'était ça ou j'arrêtais ma carrière. Le plus dur n'a pas été au niveau du jeu, mais bien dans la tête. Mais Caroline a un service et un physique que moi je n'avais pas. Ca peut aller plus vite pour elle."
Tout serait donc, dans le fond, question de maturité - ou de maturation. Après une deuxième partie de saison 2014 un brin décevante eu égard à son excellent premier semestre, la principale intéressée confirmait le travail en cours : "Ces dernières semaines, par moments, je me suis un peu pris la tête sur mon jeu. Je sais sur quoi je dois me concentrer : produire un jeu d’attaquante agressive. Je suis persuadée que c’est dans cette voie que j'obtiendrai les meilleurs résultats possibles. Mais ce n’est pas facile, parfois. Il faut "assumer" de rater des choses. C’est sur ce chemin-là que je veux continuer. »
Au vu de cet Open d'Australie, le travail semble payer: "Je sais ce que j'ai à faire sur le terrain, expliquait-elle d'une voix posée après sa victoire sur Svetlana Kuznetsova au premier tour. J'ai confiance en mon jeu, au travail effectué. Et pour l'instant, ça marche." Comme cela avait marché pour une certaine Eugénie Bouchard l'an passé, tremplin vers une saison tonitruante. Car plus les victoires s'enchaînent, plus elles valident les choix effectués... et plus elles dissipent tous les questionnement existentiels. Bouchard - Garcia : un même potentiel pour simplement des temps de passage différents ? Début de réponse vendredi.
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