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Novak Djokovic, plus dure est la rechute

Djokovic, plus dure est la rechute

Le 19/01/2017 à 12:16Mis à jour Le 19/01/2017 à 16:04

OPEN D'AUSTRALIE – A Wimbledon, l'été dernier, Novak Djokovic avait reçu un premier choc. La réplique du séisme londonien a frappé jeudi à Melbourne, avec la sortie dès le 2e tour du champion serbe, face à Denis Istomin (7-6, 5-7, 2-6, 7-6, 6-4). Une rechute qui survient au moment où, justement, Nole semblait avoir lancé son opération reconquête.

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C'était il y a sept mois et cela semble une éternité. Au soir du 5 juin, Novak Djokovic, coupe des Mousquetaires dans les bras, était plus que jamais le maitre du monde. Enfin vainqueur de Roland-Garros, il était le premier champion depuis près d'un demi-siècle à détenir les quatre couronnes majeures du tennis. Depuis ce gigantesque pas dans l'histoire, le Serbe, qui avait disputé 28 quarts de finale consécutifs en Grand Chelem, a disparu deux fois avant la seconde semaine. Après sa défaite au troisième tour à Wimbledon l'été dernier, il a été bouté jeudi hors de l'Open d'Australie dès le deuxième, en chutant contre Denis Istomin.

Parce que Melbourne, plus que n'importe quel endroit sur la planète tennis, était son jardin, cette défaite sonne comme un coup de tonnerre. Sextuple vainqueur du tournoi, le Djoker y a joué le meilleur tennis de sa vie. Pour tout dire, personne n'avait vraiment vu venir un tel échec. A Wimbledon, la cocotte-minute avait fini par exploser. A 250% depuis des mois et des mois, Djokovic avait été victime d'une décompression post-Roland-Garros. Il avait mis un semestre entier à retrouver le fil et l'envie. Mais de sa finale au Masters à son titre à Doha avec au passage une victoire en finale contre Andy Murray, Nole semblait à nouveau sur la voie de la reconquête. D'où la stupéfaction causée par sa sortie (très) prématurée ici en Australie.

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" C'était juste un de ces jours où on ne se sent pas très bien sur le court "

A sa sortie du court, Novak Djokovic est apparu serein, un brin fataliste même après ce qui constitue une des pires défaites de sa carrière. On ne l'a pas senti démoli. Pour lui, le meilleur joueur a gagné, tout simplement. "Tout le mérite en revient à Denis, a-t-il sportivement jugé. Il a joué au-dessus de son niveau, mais c'est tout à son honneur. Il mérite sa victoire. Il a été meilleur que moi dans les moments décisifs. Il a su monter son niveau de jeu, il s'est montré agressif. Il a super bien servi. Franchement, il n'y a pas grand-chose que je pouvais faire. Il faut vraiment le féliciter. Chapeau bas."

Il a raison. A l'évidence, Denis Istomin n'a pas joué comme un 117e mondial jeudi. Mais Djokovic a-t-il quant à lui affiché le visage d'un numéro 2 mondial ? Sans doute pas. "C'était juste un de ces jours où on ne se sent pas très bien sur le court, où on n'est pas en rythme, alors que l'adversaire sent très bien la balle", a concédé le double tenant du titre.

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Mais il persiste et signe, Istomin a gagné plus qu'il n'a perdu. L'enfer, ce n'était pas lui, c'était l'autre. "C'est un match de tennis. Et sur un match, vous pouvez perdre contre n'importe qui, a-t-il rappelé. Il y a plus de 100 joueurs dans le tableau, la qualité globale du jeu ne cesse d'augmenter. Tout le monde devient plus professionnel chaque année. Tout le monde progresse. Moi, je ne sous-estime jamais personne, peu importe le tournoi, le tour ou l'adversaire. Et aujourd'hui, j'ai été battu par un super joueur."

Pour autant, cette deuxième sortie prématurée en l'espace de trois tournois du Grand Chelem ne manquera pas d'interpeller. Elle fait même peut-être plus mal encore que la première, puisque, une fois encore, elle intervient alors que Djokovic paraissait à nouveau sur une pente ascendante. Physiquement, tout allait bien, a-t-il assuré. Alors, un problème psychologique ? Une envie pas encore tout à fait retrouvée, comme en milieu de saison dernière ? "Vous tirez les conclusions que vous voulez", a souri le numéro 2 mondial en guise de réponse. Peut-être, tout simplement, une forme de fragilité.

Depuis l'été dernier, la porte est entrouverte

Son bon début de saison à Doha n'a manifestement pas suffi à effacer toutes les cicatrices du second semestre 2016. Dans les moments les plus tendus, Djokovic a manqué de cette extraordinaire confiance, cette force de conviction qui lui permettait toujours, avant, de trouver une solution. "Je m'en veux un peu pour le début du quatrième set, dans les deux premiers jeux. C'est là que le match a tourné", a d'ailleurs regretté le Serbe. Comme si son instinct de prédateur l'avait abandonné au moment de mettre définitivement la tête sous l'eau d'un Istomin sur qui il semblait enfin prendre le dessus.

Ce sont ces petits détails-là qui manquent aujourd'hui à Djokovic pour se sortir d'un match de ce type. A l'inverse, en face, l'adversaire sait désormais que le défi n'est plus impossible à relever contre lui. Depuis l'été dernier, la porte est entrouverte aux audacieux. Denis Istomin a magistralement su s'engouffrer dans l'embrasure.

Pour la première fois depuis 11 ans, Novak Djokovic va quitter l'Australie en milieu de première semaine. Un choc pour le tournoi, plus encore pour lui. Il devra comprendre le pourquoi du moment, au-delà du simple "Istomin a très bien joué". "Je n'ai pas envie d'aller si profondément dans l'analyse pour l'instant, a-t-il botté en touche, ni de penser à la suite de mon programme, même si je comprends que ça vous intéresse. Perdre aussi tôt, ce n'est pas ce dont on rêve. Mais c'est ma réalité, je vais devoir faire avec." D'autant qu'elle commence à prendre ses aises...

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