Berdych et le fatidique premier set : "Une histoire différente si je l'avais gagné"
Publié 24/01/2018 à 15:19 GMT+1
OPEN D'AUSTRALIE – Battu en quart de finale par Roger Federer, mercredi à Melbourne, Tomas Berdych a reconnu la supériorité du Suisse tout en réfutant l'idée d'avoir mal joué. Selon lui et Federer, le premier set a constitué le tournant du match. Le moment où tout a basculé.
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Crédit: Eurosport
Encore raté pour Tomas Berdych. Une nouvelle fois liquidé en trois petits sets par Roger Federer pour la troisième année de suite à l'Open d'Australie, le Tchèque s'est logiquement montré déçu après cette nouvelle désillusion. Une nouvelle fois victime de son incapacité chronique à "tuer" son rival quand il en a l'occasion, le 20e mondial a perpétué sa légende de joueur complexé face aux cadors. Pour lui, tout s'est passé dans ce fichu premier acte où il n'a pas réussi à convertir ses deux balles de set (à 5-3 et 6-5). Un tournant irréversible.
"J'ai eu de bonnes opportunités. Si je l'avais gagné, cela aurait été une histoire complètement différente", a pointé du doigt le déçu du jour. "Puis, vous savez, il est devenu beaucoup plus confiant après l'avoir remporté. C'est devenu une nouvelle fois très difficile de le jouer après ça. Revenir après avoir quasiment perdu le set, cela vous donne un énorme coup de boost. Surtout avec lui. Je pense que ce premier set a été la clé du match."
Federer ne dira pas le contraire. Un peu pataud, mal réglé des deux côtés malgré quelques éclairs, le Bâlois a galéré à se mettre dans le rythme. Forcément, ce set arraché à la force du bras a fait du bien. Surtout qu'il a reconnu de la nervosité avant d'entrer sur le court. Car le N.2 mondial craignait bien ce duel avec Berdych.
"J'ai juste essayé de m'accrocher, de jouer un peu plus de manière agressive, trouver plus de rythme, car Tomas avait trouvé ça très tôt. C'est pour ça que j'ai été mis sous pression", a analysé Federer, pas remué pour un sou par la perte rocambolesque d'un challenge après un nouveau bug technique du Hawk-Eye. "C'était définitivement très serré, un moment déterminant pour le set et qui l'est devenu pour tout le match. J'ai joué un très bon jeu décisif où j'ai réussi à faire un bon départ. Mais revenir de 5-2, cela a clairement été quelque chose de grand."
Ce n'est pas la première fois que Berdych perd tout alors que la route était droite. Il avait déjà fait le coup face à Federer, déjà, à Miami, il y a quelques mois en arrière et de façon plus spectaculaire face à Andy Murray lors de l'édition 2016 du Rolex Paris Masters. On ne vous déroulera pas tout le listing, mais le paquebot Berdych, devenu submersible au fil du premier set, a encore percuté un iceberg. De plein fouet. "J'ai bien joué, j'ai fait un match dans l'ensemble, mais je n'ai pas réussi à jouer mon meilleur tennis. Quand je le joue, je suis capable de le battre. Cela n'est pas arrivé aujourd'hui."
Ce premier acte inachevé, Berdych, touché physiquement au fil du match, ne veut pas en faire une histoire. Il en a vu d'autres. Notamment quand il a traversé la fin de saison 2017 comme un fantôme à cause de ses problèmes au dos. Avec quatre petits matches répartis entre l'US Open et le Masters 1000 de Shanghaï, et un mal qui ne partait pas, cette neuvième déconvenue de rang face à Federer était la bienvenue. Entre la peste et le choléra. Vive le choléra.
"Je ne vais pas baisser la tête. Je pense que cela a été un très bon tournoi. Après ce que j'ai vécu à la fin de la saison dernière...", a reconnu Berdych. Je suis très heureux de ce parcours. Ce n'est pas la meilleure sensation à vivre. Mais il en existe d'autres, bien pires. C'est comme ça. Un jour vous gagnez, l'autre vous perdez."
Quand on lui demande ce qui a changé entre le fameux 3e tour de l'édition 2017, une autre déconvenue marquante, à 2018, Berdych a fait du Berdych. Un mélange d'esprit et de glace. "Ce qui change entre le Federer de 2017 et celui de 2018 ? Il a peut-être un peu plus de cheveux gris..."
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