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Kyle Edmund élimine Grigor Dimitrov en quart de finale (6-4, 3-6, 6-3, 6-4)

King Kyle écrit sa propre histoire

Le 23/01/2018 à 07:42Mis à jour Le 23/01/2018 à 16:38

OPEN D'AUSTRALIE - Désillusion pour Grigor Dimitrov. Le N.3 mondial s'est incliné face à Kyle Edmund lors des quarts de finale, mardi à Melbourne, après un combat décousu en quatre manches (6-4, 3-6, 6-3, 6-4). Edmund, 49e mondial, jouera sa première demi-finale en Grand Chelem face à Marin Cilic.

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Kyle Edmund trace sa propre voie. Grand espoir du tennis britannique en gestation, le 49e mondial a franchi un cap définitif dans sa jeune carrière en se qualifiant pour la première fois en demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem. Logique vainqueur d'un Grigor Dimitrov décevant, mardi, lors d'un quart de finale bien décousu, le natif de Johannesburg a effectué une performance de choix en s'offrant le scalp du N.3 mondial, loin de son niveau aperçu face à Nick Kyrgios.

Vainqueur au meilleur des quatre manches face à Dimitrov (6-4, 3-6, 6-3, 6-4), Edmund a fait fructifier à Melbourne son bon début de saison lors de ce premier Grand Chelem. Le N.2 britannique a surtout eu le cran de maintenir son niveau tout au long de la quinzaine et faire oublier l'absence d'Andy Murray, sur le carreau jusqu'à juin prochain après son opération à la hanche. Une performance de choix. Le début de quelque chose d'encore plus grand probablement, tant le drotiier a du tennis dans sa raquette. Pour sa grande première, il affrontera Marin Cilic, tombeur dans l'autre quart d'un Rafael Nadal contrain à l'abandon au début du 5e set. Et on n'est peut-être pas au bout de nos surprises.

Edmund a écrit une belle page d'histoire pour le tennis britannique. Il est devenu le premier joueur - hors Andy Murray - issu du royaume de sa Majesté à se qualifier pour les demi-finales de l'Open d'Australie depuis 41 ans et la performance réalisée par John Lloyd, qui s'était incliné en finale face à Vitas Gerulaitis lors de l'édition disputée en décembre 1977. Sous les yeux d'un certain Tim Henman, il est devenu le deuxième joueur britannique à se hisser dans le dernier carré sur dur derrière Sir Andy qui n'a pas manqué de le féliciter.

Dimitrov a manqué son match

Ce remake du quart de finale du dernier tournoi ATP de Brisbane, où Dimitrov l'avait emporté en trois manches (6-3, 6-7(3), 6-4) avant de buter sur Kyrgios en demie, n'a pas offert le même spectacle qu'il y a trois semaines. Trop décousu, trop haché, ce quart de finale est resté dans la catégorie des bons matches, sans atteindre ce qu'il promettait d'être. Au jeu du plus inconstant, c'est Dimitrov qui l'a emporté haut la main.

Trop crispé, une constante depuis le début du tournoi, trop irrégulier dans le jeu, complètement lâché par moment par son service, Dimitrov a affiché non pas son pire visage, mais un bien mauvais devant le public de la Rod Laver Arena. Mené une manche à rien après une entame piano piano, il n'a joué sa partition que lors de la deuxième manche qu'Edmund a traversé comme un semi-fantôme. Incapable de mettre son grain de folie habituel, il a ensuite replongé dans ses travers lors des deux derniers actes. Prudent, trop prudent, Dimitrov est resté dans une zone de confort qui fait de lui un bon joueur, mais un joueur lambda pour beaucoup et donc loin d'être un cap infranchissable.

Edmund s'est comporté en patron

Le Bulgare a même de quoi avoir des regrets. Auteur du debreak à 2-3 dans la dernière manche, après un jeu de service bien crispé d'Edmund, il n'a pas réussi à trouver la continuité pour emmener son adversaire du jour dans un cinquième set qui aurait senti la poudre. A côté de la plaque sur son engagement à 5-4, où il a pris un risque démesuré en revers sur la première balle de break, le joueur de Sofia n'a eu que ce qu'il méritait au final : une défaite amère. Une défaite concédée face à un adversaire pas forcément plus fort techniquement parlant mais bien plus droit dans ses bottes.

Au contraire de Dimitrov, Edmund a, lui, joué son tennis. Un tennis engagé et loin d'être une sécurité par moment Pas encore assez fort psychologiquement pour jouer les patrons tout au long d'une telle rencontre, le droitier a quand même fait parler la poudre dans le jeu. Avec 46 coups gagnants (pour 48 fautes directes), un coup droit qui dépote sévère, un premier coup fort derrière sa première balle (71% de points gagnés), le protégé de Fredrik Rosengren - l'ancien mentor du Mario Ancic de la grande époque - a joué ce quart de finale en patron. Pour le moment chef de file intérimaire du tennis britannique, le futur membre du top 30 à l'ATP a peut-être lancé à Melbourne sa prise de pouvoir.

Kyle Edmund lors de l'Open d'Australie 2018
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