Juste une mise au point. Novak Djokovic avait prévenu en préambule de cette finale de l’Open d’Australie : il ne donnerait rien à ses jeunes rivaux. Et dimanche, face à Daniil Medvedev, le numéro 1 mondial a joint les actes à la parole en brisant totalement la confiance pourtant exceptionnelle (20 victoires d’affilée) sur laquelle surfait son adversaire. Résultat ? Une affaire pliée en trois sets (7-5, 6-2, 6-2) et moins de deux heures de jeu (1h53 précisément) pour s’adjuger son 18e titre en Grand Chelem, le 9e à l’Open d’Australie et donc le 3e consécutif à Melbourne.
Le combat attendu n’aura donc pas eu lieu. Et comme souvent dans ce type de scénario à sens unique, l’explication réside dans une conjugaison de deux facteurs : Djokovic a indubitablement joué son meilleur tennis et sa partition la plus aboutie de la quinzaine à Melbourne, quand l’événement l’exigeait, tandis que Medvedev est globalement passé à côté. Mais il y a eu surtout un lien de cause à effet entre les deux phénomènes. Car si le Russe, qui grimpera sur le podium mondial au classement lundi pour la première fois de sa carrière, n’a eu à ce point pas voix au chapitre dimanche, c’est parce que le numéro 1 mondial ne lui a pas permis, parfait sur le plan tactique.
ATP Indian Wells
Medvedev renversé, Monfils balayé, Tsisipas miraculé
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Le chef d’œuvre de Djokovic à la relance

S’il fallait retenir un point emblématique de sa démonstration, ce serait peut-être la balle de deuxième set. Sans ménagement, le Djoker a alors envoyé un véritable missile en guise de retour de coup droit sur le second service adverse. Medvedev n’avait pas encore repris pied sur le court de la Rod Laver Arena qu’il était déjà dépassé par la balle, ne pouvant que la toucher avec sa raquette en plein déséquilibre arrière. Sur son engagement – désormais l’une de ses grandes forces –, le Russe a été martyrisé comme il ne l’avait plus été depuis bien longtemps.
Les statistiques ne trompent malheureusement pas pour Medvedev dans ce domaine : seulement 32 % (9/28) de réussite en tout derrière sa seconde balle et 69 % derrière sa première. Même quand il a fait parler la poudre, la balle est souvent revenue, le privant de points gratuits qui lui auraient peut-être permis de davantage se libérer. Car Djokovic avait envoyé un message clair en faisant le break d’entrée et en retournant les 6 premières balles pourtant frappées avec force par son adversaire. Un bon moyen de mettre d’emblée la tête de son ambitieux rival sous l’eau.

Coup de boutoir de Djokovic qui s'envole dans le 2e set de la finale

Les vieux démons de Medvedev ont ressurgi

Pourtant, la finale aurait pu ne pas tourner si court. Sans paniquer, Medvedev avait rapidement refait son retard dans le premier acte et a même semblé un petit moment prendre le dessus, notamment quand les échanges s’allongeaient. Mais le futur numéro 3 mondial ne s’est jamais totalement libéré et a même manqué cruellement de lucidité à 5-5 à plusieurs reprises sur des balles vraiment à sa portée. Il faut dire qu’en usant d’un slice de revers court croisé sans vie, Djokovic a intelligemment sorti son adversaire de sa zone de confort. Le Serbe ne s’est ensuite pas fait prier pour exploiter les bévues adverses (7-5), puis il a étouffé un embryon de révolte adverse avec un débreak immédiat, d’entrée de 2e set.
La dynamique s’est alors irrémédiablement amplifiée : en pleine confiance, Djokovic n’a pratiquement plus rien raté (17 petites fautes directes), tandis que Medvedev a vu ses vieux démons réapparaître. Le Russe a d’abord brisé sa raquette, puis il a totalement dégoupillé sur son premier jeu de service du troisième acte avec deux énormes doubles fautes pour offrir le break décisif au Serbe. Ce dernier s’est même permis de conclure sur le service adverse d’un magnifique bras roulé sur balle de match. Non, décidément, il ne peut rien arriver au Djoker quand il atteint la finale à Melbourne.

Un énième break sur un bras roulé : Djokovic remporte le titre sur un dernier geste fabuleux

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