A un peu plus d'une semaine du coup d'envoi de l'Open d'Australie, Novak Djokovic se retrouve dans la situation la plus lunaire de sa carrière, attendant de connaître son sort et de savoir s'il pourra ou non partir à la conquête d'un 21e Majeur et d’une dixième couronne australe. Suspendu à la décision finale des autorités locales, le Serbe saura lundi s'il doit rentrer chez lui ou s'il peut disputer le premier Grand Chelem de l'année.
A cette heure, on sait que Djokovic se trouve au centre de Melbourne, dans un hôtel pour étrangers en situation irrégulière, que son visa lui a été refusé, car l'exemption médicale accordée par l’Open d’Australie l’a été, semble-t-il, de manière un peu trop légère. Samedi, ses avocats ont révélé qu'il avait subi un test PCR positif au Covid le 16 décembre dernier, justifiant à leurs yeux l'exemption. C'est ce qu'ils croyaient, sur la foi de la Fédération australienne de tennis. Mais le gouvernement australien avait bien indiqué à Tennis Australia, dès novembre dernier, que l'exemption de vaccination pour tout Covid contracté dans les six mois précédents ne valait que pour les Australiens, pas pour les étrangers demandant un visa. L'imbroglio demeure et de nombreuses questions restent donc en suspens et, comme tous les observateurs, Mats Wilander se les pose, tout en saluant la résilience à la sauce Djoko.

Que dit-on du cas Djokovic sur le circuit ? "Beaucoup de joueurs pensent comme Nadal"

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"Je suis sûr qu'il est actuellement traité comme toutes les autres personnes, pense le consultant Eurosport. En restant, il montre qu'il a du cran. Ce serait facile pour lui de repartir, de se dire : 'Vous savez quoi ? Je n'ai pas besoin de rester, vous avez fait une erreur, j'avais les bons papiers'. Mais il est resté."
S'il a encore du mal à démêler les tenants et les aboutissants de cette affaire, Wilander est à peu près certain d'une chose : Djokovic n'a pas tenté le diable en débarquant en Australie mercredi. "Je ne peux pas imaginer que Novak soit venu en imaginant ne pas pouvoir entrer sur le territoire. C'est un voyage trop long pour ça. (...) Je ne le vois pas se mettre dans cette situation, il était sûr de rentrer à 100%. J'essaie de comprendre et de savoir qui a fait l'erreur. Qui a promis à Novak qu'il pourrait entrer dans le pays ? Lui a-t-on dit 'je n'en sais rien, y a qu'à essayer, peut-être pourras-tu entrer ?' J'imagine que c'est un choc pour lui."
Un choc pour lui et pour les autres, selon Mats Wilander. Triple vainqueur en Australie, le Suédois ne peut concevoir que le circuit se réjouisse de vivre une quinzaine sans le meilleur du plateau. "Je pense que les joueurs veulent qu'il joue, car il semble plus humain que l'an dernier. Il a perdu la finale de l'US Open face à Medvedev et la jeune génération veut l'affronter. Elle se dit 'J’ai une chance, laissez-le jouer, je peux le battre'. On ne veut pas gagner de Majeur si les meilleurs ne sont pas là. S'il est blessé, c'est différent. Là, il n'est pas blessé. (...) Ceci étant dit, je pense que les joueurs le soutiennent mais ils veulent en savoir plus, pour se faire une opinion."
En savoir plus, c'est aussi comprendre le pourquoi du comment le Serbe a été bloqué à la frontière. Comme Rod Laver l'a fait cette semaine, Wilander exhorte Djokovic à expliquer en quoi consiste son exemption médicale. Pourquoi ses avocats ont seulement révélé samedi son test PCR positif au Covid du 16 décembre dernier. "Quand vous êtes Novak Djokovic, ce n'est pas suffisant de dire 'je fais', 'je ne fais pas'. Il faut dire pourquoi. Même si, je le comprends, votre dossier médical est privé..."
Cette histoire, quel qu'en soit l'épilogue, laissera sans doute des traces. A court, moyen, et peut-être à long terme, quand il sera question de se retourner sur sa carrière. "Peut-être que cela ternira un peu son héritage, que l'on va se dire qu'il aurait pu et dû être mieux préparé et avoir les bons papiers…" Surtout, quand il est question d'héritage, Novak Djokovic se retrouve à "batailler" avec ses comparses à 20 titres du Grand Chelem, qui bénéficient d'une cote de popularité supérieure à la sienne. "Il est comparé à Roger Federer et Rafael Nadal. Avec des gars aussi populaires, il faut bien un mouton noir, regrette Wilander. Malheureusement pour Novak, les gens sont disposés à le peindre en mouton noir, justement. Je pense que c'est très injuste."
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