Alizé Cornet part avec des sentiments mitigés, mais avec surtout la satisfaction du devoir accompli. Battue en deux petites manches par une excellente Danielle Collins en quart de finale (7-5, 6-1), mercredi, à Melbourne, la Française n'a pas exprimé de gros regrets après cette défaite qu'elle a jugée logique sur le fond et la forme. "Ce n'était clairement mon meilleur match dans ce tournoi, ni sur la Rod Laver Arena. Je ne me sentais pas moi-même, je ne sais pas comment l'expliquer. Je n'ai pas profité de ce moment comme j'aurais dû en profiter", a reconnu Cornet en conférence de presse.
Battue en puissance et même tactiquement, elle n'a jamais été la patronne sur le court. Forcément, elle a rendu hommage à celle qui a gagné. "Danielle ne m'a pas aidée non plus. Elle joue de manière super agressive en prenant la balle tôt. Je n'ai vraiment jamais été dans le match, sauf de 5-2 à 5-5. Le reste du temps j'étais en difficulté, elle m'a fait souffrir. Elle a été très agressive sur mon coup droit et cela m'a rendu la vie difficile. Contre elle, vous vous sentez oppressé. Je ne pouvais pas respirer, ni mettre mon jeu en place. Elle ne m'a jamais permis de le mettre en place. Il y a eu des lacunes de mon jeu qui ont été vraiment mises en avant avec son jeu."
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Battue après 1h28 de match, la Française a d'ailleurs fini en étant totalement épuisée physiquement et mentalement, au point de mimer une croix avec ses bras sur la balle de match. Forcément, les 8h15 passées sur le court ont pesé, notamment cette victoire marquante en trois manches face à Simona Halep en 8e de finale. "Je pense que j'ai perdu beaucoup de forces dans ce match. Ce n'était pas facile au niveau émotionnel, je ne vais pas vous mentir", a reconnu la 61e mondiale à la WTA.

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J'ai eu à peu près 500 messages et j'ai répondu à tout le monde
"Malgré ça, je me sentais prête pour ce match. Physiquement, j'avais bien récupéré et même mentalement j'étais prête pour une autre bagarre. Mais à la fin, j'ai manqué d'énergie. Pour la battre, j'aurais dû être à 150%. Je n'avais pas assez d'énergie, notamment au niveau du jeu de jambes. J'ai un petit regret sur ce match, mais j'ai quand même tout donné. J'ai donné tout ce que j'avais. C'était moins que l'autre jour, mais c'est tout que j'avais."
Bien évidemment, il a été question de la gestion de la préparation de ce premier quart de finale en Grand Chelem. Honnête, Cornet a reconnu ne pas avoir mis tous les ingrédients de son côté, notamment à cause des sollicitations. Son portable a chauffé depuis deux jours. "La vérité, c'est que je n'ai pas bien géré ça. Je voulais profiter de ce moment, mais en même temps j'ai passé trop de temps sur mon téléphone la nuit après ma victoire pour répondre à chaque personne."
"J'ai eu à peu près 500 messages et j'ai répondu à tout le monde", a révélé la joueuse de 32 ans. "Je pense avoir perdu de l'énergie dont j'aurais pu avoir besoin pour mon prochain match. Mais je n'ai pas beaucoup de regrets, car j'attendais cela depuis tellement longtemps. Je voulais prendre tout cet amour et profiter de ce moment. S'il y a une prochaine fois, je ferai différemment bien sûr."

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Même à 32 ans, on apprend toujours
Qu'a retenu Cornet du meilleur tournoi du Grand Chelem de sa carrière ? Deux choses. Tout d'abord qu'il fallait être un peu plus qu'un humain pour gagner et qu'elle était plus dure à cuire qu'elle ne le pensait. "J'aurais toujours un respect éternel pour les vainqueurs de Grand Chelem parce que pour gagner, c'est un long chemin. Mon dieu, j'ai le sentiment que je dispute ce tournoi depuis un an. Je suis épuisée mentalement et physiquement. Quand vous allez au bout, après avoir gagné ces sept fichus matches, c'est juste quelque chose d'énorme."
"Je respectais les vainqueurs de Grand Chelem avant, mais maintenant encore plus car je n'ai réussi que la moitié du chemin. Cela m'a fait dire qu'il fallait être très fort, partout, pour aller jusqu'au bout. Cela a été une grande expérience pour moi d'apprendre ça. Visiblement, même à 32 ans, on apprend toujours."

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Alors qu'elle confiait récemment que la fin approchait, Alizé Cornet a peut-être refait le plein d'essence du côté de Melbourne. Débutée très tôt à 15 ans, sa carrière professionnelle n'est peut-être pas encore terminée. Mieux encore, elle peut surfer sur sa nouvelle façon de voir le tennis, de manière plus relâchée, tout en gardant cet état d'esprit conquérant.
"Quand je repense à tout ça, je me dis que je suis peut-être plus forte que je ne le pensais, que je peux battre plusieurs bonnes joueuses à la suite dans un Grand Chelem. Je dois continuer à croire en moi, à travailler. Peut-être qu'il y a une saison excitante qui s'ouvre devant moi." Oui, elle peut viser plus haut et plus gros.

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