Après sa défaite contre Rafael Nadal en huitièmes de finale de l'Open d'Australie (7-6(14), 6-2, 6-2), ce dimanche à Melbourne, Adrian Mannarino a livré deux informations d'importance. D'abord, il a confirmé qu'il s'était bien blessé à l'adducteur lors de la deuxième des quatre balles de set dont il a bénéficié lors de cet énormissime tie break de la première manche, à 12 points à 11, en courant sur une amortie mal touchée de son adversaire. Ensuite, il a avoué que même s'il avait mieux négocié ce revers pénalty et donc transformé cette balle de set, il aurait probablement perdu le match quand même.
"On ne saura jamais ce qui ce serait passé si j'avais joué ce revers différemment, j'aurais peut-être été mieux mentalement mais à mon avis, même si j'avais gagné ce set, je crois que l'issue du match était plus ou moins scellée, a déclaré le Français, déçu mais pas abattu, en conférence de presse. Je ne m'attendais pas du tout à cette amortie, j'ai un peu forcé au démarrage et j'ai senti tout de suite comme un petit coup de couteau dans l'adducteur. Derrière, je n'ai jamais réussi à recourir normalement."
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Un crève-cœur déchirant pour "Manna" qui, jusque-là, faisait plus que jeu égal avec Nadal, au point que beaucoup commençaient à se demander s'il n'était pas capable de déboulonner la superstar espagnole. A commencer par Nadal lui-même, qui a rendu un vibrant hommage à sa victime après coup. "Il jouait à un très haut niveau, sa balle était rapide, super difficile à contrôler, son service était illisible et il parvenait à très bien s'ouvrir le court à l'échange, a ainsi déclaré l'ancien n°1 mondial. Quand quelqu'un bat Karatsev, après avoir mis trois sets à Hurkacz, c'est qu'il fait beaucoup de choses bien. C'est vraiment le genre de joueurs qui a le chic pour vous mettre dans l'inconfort. Cette victoire a beaucoup de valeur à mes yeux."

Mannarino : "J'ai pris comme un petit coup de couteau dans l'adducteur"

Déjà un précédant contre Federer à Wimbly...

Nadal, il est vrai, n'est pas la première légende que "Manna" n'est pas (si) loin de rendre chèvre en Grand Chelem. On se souvient de ce 1er tour de l'US Open 2015 où il avait mené deux sets à rien contre Andy Murray avant de s'écrouler dans les trois autres. Beaucoup plus récemment, on se souvient surtout de ce 1er tour l'an dernier à Wimbledon contre Roger Federer, face auquel il menait deux sets à un avant de se tordre le genou à 4-2 contre lui au 4e set, et de finalement devoir abandonner au début du 5e.
Mannarino, lui, ne voulait pas comparer ces deux morceaux de déveine. "Contre Roger, c'est une blessure qui me reste encore en travers de la gorge car elle était assez inattendue, elle est arrivée à un moment où je me sentais vraiment bien physiquement et où j'avais le sentiment d'avoir le match en mains, racontait-il. Alors que là, je ne vais pas dire que je sentais la blessure venir mais je voyais bien que j'étais un peu sur la corde raide après trois premiers matches assez éprouvants. Et malheureusement, ça n'a pas tenu. C'est frustrant mais ça reste des moments sympas à vivre, sur des grands courts, contre des légendes du tennis."

Record de Santoro en vue ?

Autre différence de taille : A Wimbledon, sa blessure lui avait coûté deux mois d'absence, et encore parce qu'il avait un peu "forcé" son retour, trop précoce sans doute, à l'US Open. Là, ça ne devrait être l'affaire que de quelques jours. Plus globalement, Adrian Mannarino s'est bien remis la tête à l'endroit sur cet Open d'Australie, lui qui a confessé avoir envisagé la fin de sa carrière ces dernières semaines, lassé d'un manque de résultats et de l'ambiance pesante du tennis à l'ère Covid.
Au lieu de quoi, le voilà reparti avec deux belles perfs (contre Hubert Hurkacz au 2e tour puis Aslan Karatsev au 3e) et son meilleur résultat en Grand Chelem hors Wimbledon, où il avait également atteint les huitièmes en 2013, 2017 et 2018. A 33 ans et 47 tournois majeurs au compteur, c'est notable. Et l'on ne jurera pas qu'il ne battra pas un jour le "record" de Fabrice Santoro, lequel a attendu sa 54e tentative pour atteindre son premier quart de finale en Grand Chelem, ici-même, en 2006.

Coup entre les jambes, Mannarino remporte un point spectaculaire pour débreaker Karatsev

En attendant cette perspective, Adrian Mannarino regardera donc la fin de cet Open d'Australie en spectateur privilégié. Notamment de Rafael Nadal, qu'il a eu tout loisir de sonder de très près. "Ce que je trouve hyper gênant chez lui, c'est son service, on en parle rarement mais il est hyper difficile à jouer, sa balle va assez vite et ne rebondit pas, analysait le Val d'Oisien. Après, à l'échange, il commet quelques fautes, il a sans doute encore besoin d'un peu de confiance et de réglages. Mais comme par hasard, quand les points sont très importants, non seulement la faute n'arrive plus, mais il sort des coups venus d'ailleurs. C'est la différence entre les tout meilleurs et les joueurs secondaires."
L'auto-qualificatif de "joueur secondaire" paraît sévère, à la limite du péjoratif. Voilà deux fois en six mois que Mannarino montre qu'il a le niveau pour faire vaciller des légendes. Avec un peu plus de "self-confiance", et un peu moins de malchance (les deux étant liés ?), ça pourrait finir par passer un jour. C'est tout le "mal" qu'on lui souhaite.

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