Maxime Battistella : Medvedev en 5 sets

Contre tout autre joueur, j'aurais certainement misé sur Rafael Nadal. Pour la 6e fois de sa carrière, le Majorquin était le seul membre du "Big 3" encore en lice en demies d'un Grand Chelem, et lors des cinq précédentes occurrences, il s'est toujours imposé. La dernière en date ? C'était en finale de l'US Open 2019 quand il avait triomphé au bout des cinq sets d'un certain… Daniil Medvedev, déjà.
Et c'est bien tout le problème pour Nadal à mon humble avis. Il a pris de l'âge (35 ans), tandis que le Russe, lui, a progressé et a surtout conquis son premier titre majeur à Flushing Meadows voici quelques mois. Sur dur, Medvedev est - Novak Djokovic mis à part - le meilleur joueur du monde. Il peut faire le "mur" en défense, servir le feu et se montrer très agressif aussi. Son jeu n'a que peu de failles.
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03/12/2022 À 23:01
Certes, Nadal revient de très loin, lui qui avait le pied gauche dans le plâtre voici quatre mois. Arriver en finale était inespéré pour lui, ce qui le rend d'autant plus dangereux. Un tel monstre, qui joue pour un 21e titre record en Grand Chelem, ne peut être sous-estimé, surtout fort d'une confiance retrouvée en demie contre Berrettini. Mais Medvedev n'est pas Berrettini. Si mentalement, le Russe peut connaître quelques sautes de concentration, il ne déconnecte jamais totalement. Et physiquement, il me semble insubmersible. Je le vois donc cette fois vainqueur d'une bataille pourquoi pas aussi épique qu'à New York.

La palette de Henin : La couverture de terrain, point fort de Medvedev

Justine Hénin : Medvedev

Je miserai quand même sur Daniil Medvedev. Cela va se jouer sur des petites choses. Mais il s'est passé beaucoup de choses depuis cette finale de l'US Open. Il a pris une dimension tout à fait différente. Il s'impose comme l'un des deux meilleurs joueurs du monde sur dur. La dimension physique, on en parle souvent, sera déterminante et on voit Medvedev de plus en plus fort dans ce domaine.
L'avantage de Rafael Nadal, il l'a dit, c'est qu'il joue sans pression. On a beau dire : 'Il le veut, ce 21e titre', je pense que c'est juste une énorme surprise pour lui d'être là et il a envie de le savourer. Bien sûr qu'il voudra gagner, et il voudra s'appuyer sur ce relâchement parce qu'il y a moins de pression sur lui que chez le Russe. Mais je donne tout de même Medvedev légèrement favori.

Henin : "Je miserai sur Medvedev en finale"

Hadrien Hiault : Nadal en 4 sets

Nadal en finale, c'est déjà inespéré pour le Majorquin, lui qui, au fil des interviews, n'a cessé de s'étonner lui-même d'être encore présent dans le tableau. Et si atteindre une finale est déjà un énorme accomplissement pour lui, sachant d'où il vient, Nadal ne va pas se satisfaire de ça. Il va disputer dimanche sa 29e finale de Grand Chelem. Il en a déjà gagné vingt – on connait tous la statistique – et il ne va pas laisser passer sa chance de devenir le seul détenteur du plus grand nombre de victoires en Majeur.
Pourquoi ? Parce qu’il n’aura pas la pression qu'a pu avoir Djokovic en finale de l'US Open avec le Grand Chelem calendaire en jeu. Non, Nadal est libéré. Je l’ai déjà dit : être en finale est une victoire pour lui. Et côté mental, on sait que l'Espagnol est un guerrier. Son niveau de jeu en demi-finale face à Matteo Berrettini avec ses deux premiers sets maîtrisés et son jeu de service impeccable dans la quatrième manche lui ont apporté pas mal de certitudes. Et enfin, à mon avis, c'est Daniil Medvedev qui pourrait ressentir le poids de l'évènement. Il a gagné son premier titre du Grand Chelem à l'US Open en septembre dernier. Mais en enchaîner un deuxième, c'est une autre histoire. Voilà pourquoi "Rafa" est mon favori.

John McEnroe : Medvedev en 5 sets

C'est sans aucun doute la finale idéale compte tenu du tableau. Mon sentiment, c'est que cette finale va durer. Pour être honnête, je serais tout de même très surpris si cette finale se jouait en trois sets, dans un sens ou dans l'autre. Medvedev avait été nettement battu l'an dernier, mais il est un bien meilleur joueur maintenant et il croit beaucoup plus en lui-même. Gagner un Grand Chelem change tout, surtout en battant un gars comme Novak en finale. Il est parfaitement préparé et il est le meilleur joueur du monde sur dur aujourd'hui. Mais Nadal est une légende absolue et il joue vraiment très bien dans ce tournoi.
Ils vont se tester tous les deux, très vite et ce sera physique. La dimension émotionnelle peut aussi jouer et en fonction du scénario du match, qui sait comme chacun réagira ? Sans parler d'un possible élément extérieur. Le public, par exemple ? Jouera-t-il un rôle ? Si Medvedev l'emporte, il aura battu Djokovic et Nadal dans deux finales de Grand Chelem consécutives, vous réalisez un peu ? Je ne vais pas me dérober. Je donne un léger, très léger avantage à Medvedev. Mais ça ne me surprendrait pas plus que ça si Nadal remportait le tournoi. Mais j'espère un match en cinq sets et je vais donc dire victoire de Medvedev en cinq sets.

Cyril Morin : Medvedev en 4 sets

Il paraît qu'il ne faut jamais parier contre les champions. Trop à perdre. Le souci, c’est qu’il y en a deux dans cette finale. L’un n’était pas attendu à pareille fête, l’autre avait presque l'obligation être au rendez-vous. C’est sans doute ce qui donne à ce Nadal - Medvedev ce goût si intrigant et excitant. Alors, plutôt que parier contre Nadal, je vais parier sur Medvedev.
Le Russe est l’un des deux meilleurs joueurs au monde sur dur, jusqu'ici rien de nouveau. Mais sur cet Australian Open, sa faculté à s'adapter aux scénarios qui s'offraient à lui l'a encore fait changer de dimension. A la limite de la rupture face à Auger-Aliassime, franchement bousculé face à Tsitsipas, le numéro 2 mondial a toujours su trouver les réponses pour s’en sortir indemne. Son service et sa défense folle constituent deux armes en or massif face à Nadal, dont l’état physique sera sans doute le facteur X de cette finale.
"Quand j'étais mené deux sets à zéro, je me suis demandé ce que qu’aurait fait Djokovic", avait expliqué le Russe après son quart victorieux face à FAA. En l’état, sa gestion émotionnelle des événements se rapproche de plus en plus des plus grands. Capable de dérailler complet avant de reprendre le fil. Dans la grande course à l’histoire derrière laquelle le "Big Three" est lancé, il semble prendre un malin plaisir à jouer le rôle de trouble-fête. Alors, dimanche, malgré le romantisme de la candidature de Nadal, c’est bien le froid Daniil que je vois gagner au terme d’un nouveau combat homérique, espérons-le.

Sébastien Petit : Nadal en 5 sets

Le tennis face à la glorieuse incertitude du sport. Une expression qui prend tout son sens à l'heure de tenter de savoir qui se détache dans cette finale messieurs de l'Open d'Australie entre Rafael Nadal et Daniil Medvedev. Jusqu'au bout, le suspense sera entier. Jusqu'au 5e set. C'est la vision que j'ai de ce match que l'on attend avec une impatience non feinte. Revoir Rafael Nadal à ce stade de la compétition est déjà un miracle, le revoir face à Daniil Medvedev est encore plus jubilatoire. La finale de l'US Open 2019 avait été fantastique, le Russe avait donné des sueurs froides à un Nadal bien plus favori qu'il ne l'est aujourd'hui. Mais le Majorquin avait eu le dernier mot. Comme il l’aura dimanche.
Lui, le formidable combattant n'est jamais aussi fort que dans l'adversité. Et je ne le vois pas perdre face au Russe. Pas encore. Car, mauvaise nouvelle pour Daniil, sa rage de vaincre est de nouveau là. Revenu de l'enfer, pour la énième fois, avec un physique au top, Nadal est injouable. Alors oui, Medvedev a fait ses preuves pour déjouer ce pronostic : il est l'un des meilleurs joueurs sur dur, il a battu Djokovic en finale de l'US Open où tout le monde le voyait se faire marcher dessus… mais je considère que le Serbe s’est plus laissé submerger par ses émotions que par son adversaire. Dimanche, je ne vois pas Nadal se faire submerger quand il faudra aller chercher le 21e.

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Laurent Vergne : Medvedev en 4 sets

C'est peut-être une des finales les plus difficiles à lire de ces dernières années et, en dehors des confrontations entre membres du Big 3, sans doute la plus équilibrée que l'on puisse imaginer. Bien sûr, les dimensions tactique, physique et la qualité du tennis prodiguée seront comme toujours capitales, mais une finale de Grand Chelem se perd aussi souvent... avant de la jouer. Il y a un an, de l'aveu même de son entraîneur Gilles Cervara, Daniil Medvedev s'était trompé dans l'approche de son duel contre Novak Djokovic. Il l'avait payé chèrement.
Le Russe paraît à l'abri d'un tel naufrage. Depuis, il est entré dans la galaxie des vainqueurs en Grand Chelem. C'est le gage d'une confiance en soi décuplée mais paradoxalement, cela pourrait aussi le desservir : le voilà à nouveau dans une configuration inédite puisque, pour la première fois en quatre finales, il ne part pas avec l'étiquette de l'outsider. A minima, il est le co-favori.
Mais s'il parvient à gérer cette dimension, je le crois capable de signer un exploit sans précédent, remporter de façon consécutive ses deux premiers titres du Grand Chelem. Nadal reste Nadal. Un guerrier phénoménal, une légende. Personne ne tombera de sa chaise s'il s'impose dimanche. Mais si quelqu'un est en mesure de mettre fin à son effarant comeback australien, c'est bien Medvedev.
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