"Vous me mettez dans une situation difficile" : L'incompréhension de Novak Djokovic à son arrivée à l'aéroport
Par Laurent Vergne
Publié 10/01/2022 à 10:36 GMT+1
Lors de l'audience à l'issue de laquelle la justice australienne a statué en sa faveur, la cour a publié certains passages des échanges de Novak Djokovic avec les autorités à son arrivée à l'aéroport de Melbourne, mercredi dernier. Le numéro un du tennis mondial y apparaît persuadé d'être en règle. Le juge Kelly, visiblement, a lui aussi été convaincu de sa bonne foi.
Novak Djokovic
Crédit: Getty Images
Si Novak Djokovic n'a pas pu s'exprimer lors de l'audience qui s'est tenue lundi à Melbourne (cette nuit, heure française), la cour a publié des extraits de son échange avec les douaniers à son arrivée à l'aéroport de Melbourne, mercredi dernier. Le Serbe, qui avait obtenu une exemption médicale pour disputer l'Open d'Australie, était convaincu de pouvoir entrer sur le territoire australien, avant de se retrouver pris dans un engrenage quasi-kafkaïen.
"Qu'est-ce que cet homme aurait pu faire de plus ?", s'est interrogé lundi le juge Anthony Kelly à propos de Djokovic, et c'est visiblement la sensation qui a été celle du numéro un mondial voilà cinq jours. En brandissant à l'officiel les papiers qui, à ses yeux, devaient lui servir de sésame, il a fait part de son incompréhension. "Je suis arrivé ici en raison de ces documents, sinon je n'aurais pas été autorisé à venir, a-t-il dit. Je ne comprends vraiment pas la raison pour laquelle vous ne me permettez pas d'entrer dans votre pays."
"Quelle est la raison de votre venue en Australie aujourd'hui ?", lui a-t-on alors demandé. "Je suis un joueur de tennis professionnel et la raison principale de ma venue en Australie est de participer à l'Open d'Australie à Melbourne", a-t-il répondu. "Etes-vous vacciné ?", a relancé l'officiel. Réponse de Djokovic : "Non, je ne suis pas vacciné. J'ai été testé deux fois positif au Covid-19, en juin 2020 et le 16 décembre dernier."
Va alors suivre une très longue nuit, que le "Djoker" va passer à l'isolement, sans pouvoir communiquer avec qui que ce soit ou contacter ses avocats. "Vous me mettez dans une situation très difficile où, à quatre heures du matin, je ne peux pas appeler le directeur de Tennis Australia (Craig Tiley, patron de la fédération australienne et de l'Open d'Australie, NDLR), je ne peux discuter avec qui que ce soit du gouvernement de l'Etat de Victoria. Vraiment, vous me mettez dans une situation très inconfortable. je ne sais pas ce que je peux vous dire d'autre", a tenté, en vain, de plaider le champion serbe lors de son interrogatoire.
Selon ses avocats, Novak Djokovic était "complètement confus", lorsqu'il a été entendu durant plusieurs heures dans la nuit du 5 au 6 janvier à l'aéroport de Melbourne. Le déroulement de cette nuit, sur la forme, a pesé lourd dans la décision du juge Kelly de statuer en faveur de Djokovic. Plus que sur le fond de l'affaire (était-il pleinement en règle pour bénéficier d'une exemption médicale ou d'un visa), le magistrat a estimé que le Serbe n'avait pas été traité de façon équitable.
Pour le juge Kelly, l'annulation du visa était "déraisonnable", au moment où la décision a été prise, car Novak Djokovic n'avait pas été en mesure de plaider sa bonne foi. A 5h20 du matin, les autorités ont annoncé au nonuple vainqueur de l'Open d'Australie qu'il aurait jusqu'à 8h30 pour fournir "toutes les explications nécessaires". Mais la décision de l'annulation de son visa a été prise à 7h42. Le juge a donc estimé que le joueur n'avait pas eu la possibilité d'opposer ses arguments avant que son visa ne soit invalidé par les autorités.
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