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Open d'Australie 2024 | Coco Gauff a tourné la page de l'US Open : "J'ai toujours voulu gagner plusieurs Majeurs"
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Publié 14/01/2024 à 18:27 GMT+1
Quatre mois après avoir été sacrée devant son public à l'US Open, Coco Gauff n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin. Dans le sillage de son titre à Auckland, l'Américaine a bien lancé sa saison 2024 et fait partie des quatre favorites logiques au titre à Melbourne. Plus ambitieuse que jamais, elle voit dans son triomphe new-yorkais un point de départ plus qu'un aboutissement.
Coco Gauff à Auckland en 2024
Crédit: Getty Images
En septembre dernier, elle a fait chavirer l'Amérique. Enfin, les Etats-Unis du moins. En s'offrant son premier titre du Grand Chelem à New York à 19 ans, Cori Gauff s'est mise dans les pas de son idole et modèle Serena Williams, dépassant instantanément l'aura d'une "simple" championne de tennis. Générer autant d'émotions et d'attentes à un si jeune âge n'est pas évident, et il serait humain d'avoir besoin de temps pour le digérer. Mais l'Américaine est faite d'un bois particulier et semble déjà prête à récidiver à l'Open d'Australie où elle lancera sa campagne face à la Slovaque Anna Karolina Schmiedlova ce lundi.
A vrai dire, elle aborde l'événement dans la peau d'une des quatre favorites. Comme Iga Swiatek, Elena Rybakina et Aryna Sabalenka, elle a impressionné dès sa première semaine de compétition en janvier, conservant son titre à Auckland où elle n'a laissé qu'un set en route (en 5 matches) face à Elina Svitolina en finale. En d'autres termes, elle n'est pas du genre à se reposer sur ses lauriers et ne s'est pas attardée longtemps sur son accomplissement, aussi historique soit-il.
Une ambition débordante et assumée
"Je pense que ça m'a pris une semaine environ, a-t-elle considéré en conférence de presse d'avant-tournoi. Quand je suis allée en Chine, je l'avais quasiment sorti de ma tête. Ensuite, pendant l'intersaison, on l'a un petit peu fêté parce qu'après l'US Open, tout était allé si vite. Mais maintenant que j'aborde un autre Grand Chelem, j'ai l'impression que ça fait si longtemps. Tout ça dépend de chacun. Pour certaines joueuses ou certains joueurs, l'objectif suprême est de gagner un Grand Chelem. Une fois qu'ils l'ont atteint, ils se demandent ce qu'il y a après. Moi, j'ai toujours su que je voulais en gagner plusieurs. C'était en quelque sorte facile d'oublier ce que j'avais fait. Enfin pas 'oublier', ce n'est pas le bon mot. Mais peut-être juste de le laisser dans le passé et de se projeter dans le futur."
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La stat qui montre que Gauff a tout pour être "un personnage à la Serena Williams"
Video credit: Eurosport
En cela, Gauff se distingue en effet d'un Dominic Thiem qui, de son propre aveu, avait eu du mal à retrouver la motivation après avoir décroché la Lune à New York en 2020. Depuis son plus jeune âge, elle assume une ambition dévorante. Et si elle ne dévoile pas d'objectif très précis, elle avoue qu'elle se verrait bien atteindre un "nombre à deux chiffres", soit inscrire au moins une dizaine de Majeurs à son palmarès.
Mais en attendant, elle a déjà tiré un grand enseignement de son triomphe à Flushing Meadows. "Ce que j'ai vraiment appris de l'été dernier, c'est que le tennis était plus que tout autre chose un jeu mental. Honnêtement, de Wimbledon à l'US Open, j'ai progressé, mais pas au point qu'il y ait une différence drastique entre mon élimination au 1er tour et ma victoire en Grand Chelem. Oui, je me suis améliorée, mais plus sur le côté mental. Je connais la valeur et le pouvoir de l'esprit, et j'ai besoin de me le rappeler pour le reste de ma vie. Même si j'ai l'impression de ne pas bien jouer, mon esprit peut changer les choses", a-t-elle encore affirmé.
Gilbert et le déclic mental
Parce que si Gauff s'est vite fixé comme but de gagner plusieurs Majeurs, on imagine fort bien à quel point elle était impatiente d'ouvrir son compteur. D'autant que depuis son arrivée en fanfare au plus haut niveau à Wimbledon à 15 ans, tous les observateurs s'attendaient à voir le prodige rapidement transformer l'essai. Il lui a donc fallu changer de perspective par rapport aux attentes des autres et à la pression qu'elle se mettait elle-même.
"En arrivant à l'US Open, j'avais l'impression que je faisais une mauvaise saison, et j'étais presque déjà tournée vers la suivante et l'Open d'Australie. Cet état d'esprit m'a beaucoup détendue. J'ai pris les matches les uns après les autres, j'ai réalisé qu'en fin de compte, le pire qui pouvait m'arriver, c'était de perdre au 1er tour comme à Wimbledon. Évidemment, c'était nul, mais ce n'était pas la fin du monde. Le soleil brille toujours, j'ai encore ma famille et mes amis. J'ai réalisé que perdre, ce n'était pas si grave et que je devais juste me concentrer sur le combat et l'apprécier. Quand il y a 5-5 dans le troisième set, profite de cette bataille au lieu de penser : 'Et si je perds ?'"
Sur ce point, l'arrivée de Brad Gilbert dans son équipe lui a fait beaucoup de bien. Le chantre du "Winning Ugly" l'aide à prendre davantage de recul et de plaisir. Déjà une combattante née, elle n'en est devenue que plus redoutable, et ce alors qu'elle a encore une belle marge de progression tennistiquement, notamment côté coup droit. Persuadée de ne pas avoir joué son meilleur tennis à l'US Open, son succès a renforcé la confiance innée qu'elle avait déjà en elle. La concurrence est prévenue.
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