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Open d'Australie 2024 - Sans match de préparation ni Juan Carlos Ferrero : Carlos Alcaraz fait un drôle de pari
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Publié 11/01/2024 à 23:53 GMT+1
Privé d'Open d'Australie l'an dernier car blessé, Carlos Alcaraz sera bien au rendez-vous de la première levée du Grand Chelem de 2024 (14-28 janvier prochains). Mais il n'a pas joué le moindre tournoi préparatoire. Juan Carlos Ferrero ne sera pas non plus à ses côtés à Melbourne, ce qui donne à cette quinzaine des allures de saut dans l'inconnu pour le Murcien.
Carlos Alcaraz à Melbourne en 2024
Crédit: Getty Images
Il avait pris l'habitude d'être le centre de l'attention. Ou du moins de la partager avec Novak Djokovic en 2023. Mais Carlos Alcaraz s'est fait relativement discret ces dernières semaines. D'abord, parce que contrairement à la majorité des joueurs, il n'a pas lancé officiellement sa saison 2024. Ni au rendez de la United Cup ni engagé dans un tournoi ATP 250 de préparation, il a décidé de démarrer directement à l'Open d'Australie (14-28 janvier prochains sur Eurosport). Ensuite parce qu'il faut bien l'avouer, le grand retour à la compétition de son illustre compatriote Rafael Nadal l'a un peu éclipsé.
Reste que le Majorquin finalement forfait pour la première levée du Grand Chelem, les regards se tournent à nouveau principalement vers lui, du moins en Espagne. Or, une question se pose forcément : où en est "Carlitos" ? Depuis sa défaite sèche en demi-finale du Masters de Turin (6-3, 6-2) voici près de deux mois, il n'a plus disputé de match à enjeu. Juste deux exhibitions contre Djokovic encore et Roberto Bautista Agut en décembre, et un autre duel non officiel mercredi perdu face à Alex de Minaur au super tie-break (6-4, 5-7, 10-3) sur la Rod Laver Arena.
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Video credit: Eurosport
Aiguiser ses armes et retrouver de la fraîcheur
Les repères d'Alcaraz à quelques jours du premier Majeur de l'année sont donc pour le moins flous. Alors comment expliquer ce choix ? "C'est une décision difficile de savoir où commencer l'année. A mon avis, ce qu'ils ont essayé de faire, c'est de gagner de la masse musculaire et aussi d'améliorer certains coups pour reprendre sur le circuit un petit peu plus prêt que l'an dernier, estime Alex Corretja, consultant pour Eurosport. La difficulté, c'est que vous savez que vous devez progresser, mais vous n'avait pas beaucoup de temps pour mettre des choses en place parce que la saison finit tard."
En d'autres termes, le Murcien a consciemment décidé de maximiser son temps de travail, il a privilégié le fond de jeu à la forme des résultats bruts. La prise de conscience de l'écart – pour ne pas dire du gouffre – qui le séparait du numéro 1 mondial à Turin a sans doute pesé, de même que le besoin de retrouver de la fraîcheur mentale et physique. D'ailleurs, il n'est pas le seul à avoir fait ce pari puisque ni Jannik Sinner, qui avait terminé 2023 en trombe avec une finale au Masters et un triomphe en Coupe Davis, ni Daniil Medvedev n'ont été vus non plus en compétition, soit trois des quatre meilleurs mondiaux.
"C'est vrai que ce n'est pas habituel de ne pas jouer de tournois avant l'Open d'Australie, mais je pense qu'à mesure que le tournoi va avancer, Carlos trouvera son rythme de croisière, explique Alex Corretja. Son équipe et lui espèrent sûrement que le tableau lui offrira des adversaires qui lui permettront de retrouver ce rythme de la compétition qui lui a manqué ces dernières semaines. Et en même temps, ça montre qu'il a beaucoup de confiance en lui d'attaquer la saison directement en Grand Chelem. Je pense qu'ils ont pris la bonne décision mais on ne sait jamais : s'il a de bons résultats, on dira que c'était une super préparation, et dans le cas contraire, qu'il manquait de matches."
Mais à Melbourne où il n'a jamais été encore en seconde semaine – 3e tour en 2022 et forfait l'an passé –, Carlos Alcaraz est confronté à un autre défi de taille : gagner sans son mentor Juan Carlos Ferrero. L'ex-vainqueur de Roland-Garros, qui entretient une relation fusionnelle avec son protégé, a subi une opération du genou récemment qui l'a empêché de voyager en Australie. Accompagné par Samuel Lopez, membre de l'académie de Ferrero à Valence depuis de nombreuses années, le numéro 2 mondial ne sera pas seul mais un peu orphelin.
"Ferrero aime le guider un petit peu, mais tous les renseignements que Ferrero lui a donnés ces dernières années, il sait comment les utiliser, nuance Alex Corretja. Samuel est issu de l'académie de Ferrero, donc je ne vois pas où il pourrait y avoir un problème. Je pense aussi que c'est le bon moment pour Carlos de s'affirmer et de savoir que si Juan Carlos n'est pas là, ce n'est pas un gros souci parce qu'il a gagné en maturité. Il a plus d'expérience désormais."
En somme, ce serait peut-être un mal pour un bien. Durant sa fin de saison 2023 plus compliquée post-Wimbledon, Alcaraz s'était beaucoup reposé sur les interventions incessantes de Ferrero durant ses matches. Celui-ci lui donnait bien quelques indications tactiques mais tentait surtout de rassurer un joueur moins en confiance. Préoccupé par son incapacité à trouver des solutions notamment contre Daniil Medvedev en demi-finale de l'US Open, le Murcien sera ainsi mis face à ses responsabilités en Australie.
"Il va devoir prendre des décisions par exemple en match quand il est mené 2-4 dans le dernier set : 'Où est-ce que je sers ? Juan Carlos, dis-moi… Oh il n'est pas là, je dois choisir moi-même', renchérit enfin notre autre consultant d'élite Mats Wilander. Et s'il fait le bon choix sans une voix pour lui souffler, soudain la confiance grandit, beaucoup plus que si on lui avait dit quoi faire et que ça avait marché. Sur le long terme, on a besoin d'un coach en qui faire confiance, mais sur le court terme, on peut aussi passer des étapes dans le processus d'apprentissage sans coach."
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