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Open d'Australie 2024 | Surgie de nulle part après des années de déceptions, Océane Dodin n'en est que plus dangereuse
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Publié 21/01/2024 à 14:50 GMT+1
Océane Dodin est la dernière rescapée tricolore dans le tableau du simple dames de l'Open d'Australie où elle découvre la seconde semaine en Grand Chelem. Une divine surprise pour celle dont on commençait à désespérer qu'elle réalise l'immense potentiel entrevu à ses débuts. Son tennis ultra-risqué et souvent décrié sera peut-être son plus grand allié pour voir encore plus loin.
Une partie de tableau dégagée pour Dodin, vraiment ?
Video credit: Eurosport
"Une joueuse qui frappe aussi fort aussi jeune, je n'en avais jamais vue !" C'était il y a neuf ans et le compliment était alors signé Amélie Mauresmo, rien que cela. Invitée à disputer son premier grand tableau de Majeur à l'Open d'Australie en 2015, Océane Dodin n'avait que 18 ans et venait de créer une sacrée surprise en éliminant au premier tour l'Américaine Alison Riske, alors 40e mondiale. Avec sa grande taille (1,83m) et sa vitesse de balle, la Nordiste se rêvait alors numéro 1 mondiale, suivant les traces de son idole Maria Sharapova. Et vu ses atouts, l'espoir était légitime.
Force est de constater que près d'une décennie plus tard, il a été déçu. Avant cet Open d'Australie 2024, Océane n'avait jamais réussi à faire mieux en Grand Chelem qu'en 2015, c'est-à-dire un 2e tour (à six reprises). Loin de ses ambitions de jeunesse quand elle affirmait vouloir remporter les quatre Majeurs au cours de sa carrière. Malgré un titre en 2016 à Québec – son seul sur le circuit –, elle n'a jamais vraiment décollé, ne terminant que deux saisons dans le Top 100 (2016 et 2017). Alors comment l'expliquer ? L'intéressée assume ses responsabilités.
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Comment Dodin a imposé sa puissance à Burel : le résumé
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"Je ne suis pas une grande bosseuse, je le reconnais, a-t-elle avoué dans L'Equipe samedi. J'adore la compétition mais les entraînements, ce n'est pas trop ça. Pourtant, depuis deux mois, je me suis mise à bosser le plus possible, notamment physiquement, pas huit heures par jour, mais le maximum. Jusqu'ici, ça paye. On verra jusqu'où ça peut me mener. Le rêve d'être Top 50 ou Top 20 est toujours là, dans un coin de ma tête. J'essaie de ne pas y penser mais je pense être enfin prête. Faire mon premier huitième de finale en Grand Chelem montre que je progresse et me donne envie d'aller encore plus loin."
Dodin sait désormais mieux ce qu'elle veut faire de sa carrière et de son tennis. Lors de cette fameuse victoire contre Riske à 18 ans, elle avait frappé 35 coups gagnants pour 57 fautes directes en trois sets, des statistiques qui en disent long sur la nature de son jeu ultra-risqué qui n'a pas changé d'un iota. Ce style, c'est son père Frédéric, professeur d'EPS, qui lui a inculqué, le justifiant par les qualités athlétiques de sa fille. Et toute tentative de la faire jouer autrement a échoué, quitte à créer des tensions avec la Fédération Française de Tennis.
Détaché auprès d'elle par la FFT en 2014-2015, Georges Goven avait essayé de s'agréger à la structure familiale mais avait mis fin à leur collaboration car en désaccord avec le projet de jeu défini. Avec Océane, ça passe ou ça casse, et ce manque de variété tactique lui a été souvent reproché. Elle l'assume désormais. "J'ai reçu des critiques par rapport à mon jeu, au fait que je faisais trop de fautes, etc. Je le prenais peut-être trop à cœur. Avec l'âge, j'ai pris un peu en maturité. On se rend compte qu'on n'a qu'une carrière et qu'il faut en profiter en faisant ce qui nous plaît. Personnellement, je m'éclate bien sûr quand je gagne, mais aussi dans ce jeu-là, très offensif", a-t-elle encore estimé.
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Dodin en a hurlé de joie : voici comment elle s'est qualifiée pour le 3e tour
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Et pourquoi pas faire une Ostapenko ?
Dodin tient un discours assez semblable finalement à celui de Caroline Garcia à laquelle on a souvent reproché de ne pas avoir de plan B quand la réussite était moins au rendez-vous. Mais à ce stade de sa carrière, elle compte plus que jamais pratiquer le tennis qui lui fait plaisir, et tant pis si les partenaires d'entrainement ne se bousculent pas au portillon à cause de son style si agressif. Difficile en effet de trouver son rythme quand vous recevez systématiquement des missiles de votre partenaire de séance.
Résultat, en l'absence de son père entraîneur, c'est son compagnon Thomas, venu avec elle à Melbourne, qui lui lance les balles à l'entraînement. Et ce même s'il ne sait pas du tout jouer au tennis. Le fonctionnement peut étonner – la Française est d'ailleurs la première à en rire –, mais force est de constater qu'il marche lors de cet Open d'Australie. Elle-même ne se voyait pas aller aussi loin, et ce n'est peut-être pas plus mal parce que tout ce qui arrive désormais n'est que du bonus.
Avec son jeu sans concession et ses sensations du moment, la Nordiste n'est un cadeau pour personne, même pas pour la Chinoise Qinwen Zheng, sa prochaine adversaire membre du Top 20 mondial. "Je sais que lorsque je suis en confiance, je peux être dangereuse. C'est pourquoi depuis mon arrivée à Melbourne, j'essaie de ne pas me prendre la tête et de ne pas attendre grand-chose. Jusqu'à maintenant, ça marche. J'ai moins d'attentes et davantage confiance en moi. Je ne me prends pas la tête, je vais juste essayer d'être agressive moi aussi. De toute façon, je ne vais pas faire des chops !", a-t-elle lâché non sans humour en conférence de presse.
Dans une partie haute du tableau largement dépeuplée depuis les éliminations d'Iga Swiatek, Elena Rybakina et Jessica Pegula, il y a peut-être bien plus qu'un huitième de finale à aller chercher. Le souvenir d'une Jelena Ostapenko, vainqueur surprise de Roland-Garros en 2017 dans un style relativement proche, pourrait inspirer Dodin. Quoi qu'il arrive, cette quinzaine pourrait lui servir de déclic pour la suite. Après tout, à 27 ans, il n'est pas trop tard.
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