Open d'Australie - 3e tour : Carlos Alcaraz, la jeunesse est un délicieux défaut

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Opposé au jeune Chinois Shang Juncheng au 3e tour ce samedi, Carlos Alcaraz avance discrètement dans cet Open d'Australie. Ses deux premiers tours, convaincants sans être époustouflants, ont rappelé à quel point il était encore perfectible. Doit-il rationaliser son jeu ? C'est tout le débat concernant ce prodige que personne ne veut vraiment voir changer.

Sonego a fait le show, Alcaraz l’a finalement mis K.O. : le résumé en vidéo

Video credit: Eurosport

Déjà 200. Carlos Alcaraz s'est déjà tellement implanté dans le paysage tennistique qu'il convient parfois de rappeler des bases. Mercredi, en disposant de Lorenzo Sonego, l'Espagnol a disputé son 200e match sur le circuit ATP… à 20 ans. "Je crois que le record est à 1200 et quelques. Je vais essayer de chasser ça, c'est mon objectif", a-t-il souri au micro de Barbara Schett sur Eurosport après avoir pris connaissance de ce total. Pour cela, il faudra durer longtemps. Mais son émergence au plus haut niveau dès ses 18 ans était un prérequis important dans cette folle quête.
Forcément, l'inévitable comparaison avec le "Big Three" et ses temps de passage après cette étape symbolique a monopolisé l'attention médiatique. C'est pourtant une autre statistique qui dit tout de son incroyable jeunesse qu'il convient de relever. Samedi, face au jeune Chinois Shang Juncheng (18 ans), le Murcien défiera un joueur plus jeune que lui pour… la première fois chez les grands.

Goût du show et ADN résolument offensif

C'est bien connu, le plus jeune est souvent le petit chouchou. Alcaraz ne déroge pas à la règle et les mots d'André Agassi, de passage à Melbourne en début de semaine, pour Eurosport résument à eux seuls la fascination qu'exerce le jeune Espagnol. "Il est remarquable, avouait l'Américain, sous le charme. Son physique et son état d'esprit sont remarquables. Vous allumez la TV et, si vous ne regardez pas le score, vous ne savez pas s'il est en train de perdre ou de gagner en le regardant. Il est juste lui-même, heureux d'être là, de jouer. En plus de ça, il est si explosif, si dynamique, il a tout ce qu'on pourrait espérer techniquement. Il a les idées claires et cette passion donc c'est génial de l'avoir."
Son match face à Lorenzo Sonego au 2e tour a dû ravir Dédé : des claques monumentales en coup droit, du petit jeu pour jouer au chat et à la souris, quitte à parfois être piégé – mais toujours avec le sourire -, des variations, de l'explosivité et des coups dingues, forcément. Cette capacité à faire des "hotshots" à chaque match est presque en train de devenir une de ses marques de fabrique.
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Un filet contourné comme si de rien n'était : Le point magnifique d'Alcaraz en vidéo

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Mais Alcaraz ne joue-t-il que pour les caméras ? La question – un peu provoc' – lui a été posée par John McEnroe après sa victoire contre Richard Gasquet. A chercher le beau coup, Alcaraz joue-t-il parfois plus pour le public que pour lui-même ? "Oui, je le fais parfois, c'est vrai, a souri l'Espagnol. Quand je joue des aces, des amorties, je joue pour moi, bien sûr. Mais j'ai envie que les gens aiment mon tennis. Pour cela, il faut parfois faire des coups que personne n'attend. Donc j'oublie le score et je tente de faire des coups impossibles pour le public". Personne ne lui reprochera. Alcaraz est ainsi fait, son ADN tennistique est résolument offensif, résolument spectaculaire.
Mais il n'est pas encore un produit fini. Fan incontestable du Murcien, lui aussi, Mats Wilander met ainsi les pieds dans le plat à l'heure d'analyser les récentes sorties d'Alcaraz. "Il est tellement fun à regarder, a ainsi d'abord glissé notre consultant avant d'entrer dans le détail. Mais je trouve que ses choix tactiques ne sont pas toujours les plus pertinents. Il gagne les points importants et sait ce qu'il doit faire mais c'est le domaine dans lequel il doit encore s'améliorer pour rester au sommet."
Alcaraz lui-même a reconnu que cette "faille" lui était parfois pesante. Ses adversaires, eux, partagent parfois cette impression. "Sa frappe de balle est tellement lourde, c'est presque impossible de le dépasser, reconnaissait ainsi Daniel Evans, victime de l'Espagnol lors du dernier US Open en quatre sets. En fait, on ne sait jamais ce qui vient après. Vous êtes sur le reculoir en permanence et c'est impossible d'anticiper. […] En fait, il joue probablement trop de coups. J'étais en prison tout au long du match mais il m'a parfois laissé sortir en faisant des mauvais choix de coups. Mais, dans un bon jour, s'il est en place, il est très très difficile à arrêter".
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Pour gagner un point contre Alcaraz, il faut le gagner 10 fois

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La marge de progression est identifiée. Mais Alcaraz doit-il forcément y aller tête baissée ? "J'espère qu'il ne changera pas grand-chose, il est trop excitant à regarder, reconnaît Wilander, partagé. Mais quand on compare sa sélection de coups à celle de Novak Djokovic et Rafael Nadal, on s'aperçoit qu'ils sont beaucoup plus efficaces". Sa palette de coups est tellement large, son appétit est tellement grand et sa joie de jouer tellement débordante qu'Alcaraz n'a pas encore la science tactique des vieux briscards. Il y arrivera, forcément, avec le temps. En attendant, sa jeunesse est un délicieux défaut.
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