Open d'Australie | Adrian Mannarino éjecte Ben Shelton et rejoint Novak Djokovic en huitième de finale

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Adrian Mannarino est (décidément) un héros ! Au bout d'un rude combat de près de cinq heures, le Français a éliminé Ben Shelton, 16e joueur mondial (7-6, 1-6, 6-7, 6-3 6-4). Chez les hommes, il est le premier Tricolore au rendez-vous des huitièmes d'un tournoi du Grand Chelem depuis Corentin Moutet à l'US Open 2022. Et il aura fort à faire puisqu'il affrontera Novak Djokovic.

Mannarino, grand résultat et très grand show

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Quel match, quel combat, quelle opposition de styles et quel régal ! Mené deux sets à un, Adrian Mannarino a fini par renverser Ben Shelton au bout du suspense pour une victoire en 4h46 (7-6(4), 1-6, 6-7(2), 6-3, 6-4) qui constitue sa troisième dans cet Open d'Australie, dont il jouera comme en 2022 les huitièmes de finale. Ce sera face à Novak Djokovic pour un duel de prestige qui représentera un tout autre défi, et une tout autre aventure.
Evidemment, il y a plus confortable que d'aborder un rendez-vous face au maître des lieux avec 15 sets et près de 12h de tennis dans les jambes. Mais très franchement, ce n'est pas le moment d'y penser. Adrian Mannarino a bien le droit, dans un premier temps, de savourer comme il se doit cette victoire à la hauteur de la petite légende qu'il est décidément en train de se bâtir, à 35 ans. Une victoire qui représente un nouveau fait d'armes pour le tennis français dans cet Open d'Australie décidément assez fou au lendemain de celle, dans un autre style, d'Arthur Cazaux face à Holger Rune.
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"J'ai commencé la téquila" : Mannarino, ironique, sur son élixir de jouvence

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"Hot shots" à la pelle

Le Val d'Oisien n'a pas seulement remporté (peut-être) le plus beau match de cet Open d'Australie jusqu'à présent, mais peut-être bien aussi signé aussi le plus beau succès de sa longue carrière. Et il faut bien entendu associer Ben Shelton, superbe de bravoure et de résistance, à sa performance. Pendant près de 5h, les deux hommes se sont livrés un duel magnifique, émaillé de "hot shots" aussi variés que spectaculaires, dans une pure opposition de styles qui en a forcément renforcé l'attrait.
Mené deux sets à un comme il l'avait été au 1er tour par Stan Wawrinka, on crut bien que "Manna" allait devoir rendre les armes, tant il avait paru en difficulté sur le plan physique dès le 2e set. Il semblait surtout avoir laissé passer sa chance en servant en vain pour le gain du 3e set (à 5-4). Moment choisi par Shelton, il est vrai, pour sortir un jeu stratosphérique synonyme de débreak, avant de signer un tie break de cador. L'Américain, quart de finaliste surprise l'an passé, paraissait lancé...
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Cri de joie pour Shelton, régalade pour le public : quel échange face à Mannarino

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Sauf que le Français, décidément increvable, en avait finalement encore sous le capot. Après avoir sauvé une précieuse balle de break d'entrée de 4e set, il parvenait à remettre les gaz et c'est Shelton, cette fois, qui piquait du nez. Un break acquis au milieu de ce 4e set et le 5e, dès lors, devenait inéluctable. Un de plus dans cet Open d'Australie de tous les records. Un de plus pour Adrian Mannarino.
Mais ce "five setter" là était d'un autre calibre que ses deux précédents face à Wawrinka et (surtout) Jaume Munar. Mannarino était à son meilleur niveau, ou pas loin, et son jeune rival (21 ans) lui rendait coup pour coup, notamment dans une ultime manche qui constitua peut-être le point d'orgue de ce match entre deux adversaires avec pour seul point commun d'être gaucher.
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Mannarino en a perdu sa raquette… et le point

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Soit dit en passant, s'ils proposèrent bel et bien l'opposition de styles attendue, ce fut aussi en forçant un peu leur nature. Souvent contré par la qualité de retour extraordinaire du Français (18 aces, ce n'est pas énorme pour lui sur une telle durée), Shelton tint en revanche la cadence en fond de court, où il fit l'étalage d'une belle petite science tactique, avec une alternance de slices courts et de caramels (évidemment) bien sentis, notamment en retour, côté coup droit. Mannarino, lui, alla régulièrement le chercher au filet (48 montées, pour 33 points marqués), quitte à produire plus de fautes que d'habitude.

Un combat pluriel, une victoire singulière

Bref, le combat tactique fit rage aussi bien que le combat physique. Et à ce petit jeu, c'est donc le vétéran (35 ans qui eut le dernier mot). Après avoir manqué 6 balles de break au total de ses trois premiers jeux de retour, il concrétisa finalement sur la 7e (2-3), pour un break qu'il capitalisa aussitôt (2-5). Là, les carottes paraissait bien cuites pour le Géorgien qui, refusant de céder, connut toutefois un superbe sursaut pour revenir à 5-4, 0-15. Peut-être rattrappé par sa jeunesse, il commit alors une succession de fautes qui firent un bien fou à Mannarino.
Après une double faute sur sa première balle de match, le Français concluait finalement sur la deuxième en profitant d'une ultime faute en revers, et pouvait laisser éclater sa joie. On ne bat décidément pas Adrian Mannarino en cinq sets, puisqu'il n'a plus perdu sur ce format depuis un duel contre Andy Murray à l'US Open 2015 (11 succès de rang depuis, si l'on excepte son abandon contre Roger Federer à Wimbledon en 2021, survenu au tout début du 5e).
C'est par ailleurs la cinquième fois de sa carrière qu'il atteint les huitièmes de finale d'un Grand Chelem - la deuxième à Melbourne, donc -, un cap qu'il n'a encore jamais passé. Et après Rafael Nadal en 2022 se dressera donc un autre monstre, Novak Djokovic, sur sa route. D'accord, ce sera compliqué. Mais avec "Manna", décidément, on ne jure plus de rien.
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Mannarino savoure, ses supporters jubilent : la balle de match en vidéo

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