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Open d'Australie - Arthur Cazaux, l'éclosion ou la surchauffe ? "Trop tôt pour le comparer à Tsonga mais…"
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Publié 20/01/2024 à 14:07 GMT+1
Arthur Cazaux a pris feu à Melbourne. Lui qui n'avait remporté qu'une seule victoire sur le circuit ATP vient d'en enchaîner trois en Grand Chelem en sortant du tableau des valeurs sûres et un top 10. Le 120e joueur mondial reste sur une démonstration en trois sets face à Tallon Griekspoor. Assiste-t-on à l'éclosion d'un nouveau phénomène comme Jo-Wilfried Tsonga en 2008 en Australie ?
Cazaux rywalem Hurkacza
Crédit: Getty Images
Le 2 janvier dernier, dans la touffeur de Nouméa, et l'anonymat d'un tournoi Challenger, Arthur Cazaux imaginait-il déjà que son monde allait changer quelques jours plus tard ? L'année venait de commencer pour celui qui n'avait encore gagné qu'un match sur le circuit principal en carrière. Tranquillement assis sur la terrasse d'un hôtel, il se livre sur le vlog de Jules Marie qu'il venait tout juste de battre en Nouvelle-Calédonie. Qu'espère-t-il deux semaines plus tard à Melbourne ? "Aller le plus loin possible, avoir ma première victoire sur un tournoi du Grand Chelem. Gagner un match, c'est un bel objectif. Et après, aller le plus loin possible. J'ai déjà battu des bons joueurs sur le top 100."
Rarement une déclaration avait mal vieillie aussi vite. Dix-neuf jours après sa confession, le Français n'a pas gagné un mais trois matches en Grand Chelem. Et il ne vise plus des victoires contre le top 100 mais botte les fesses d'un top 10 (Rune), du 33e joueur mondial (Djere) et du 31e (Griekspoor). En moins d'une semaine, le gamin de 21 ans est passé dans une toute nouvelle dimension. En trois temps : première victoire en Grand Chelem, performance gigantesque face à un top 10 et, pas le plus impressionnant mais peut-être le plus difficile à accomplir, épatante confirmation. "J'ai senti que les médias en France devenaient un peu fous, comme ils aiment le faire, nous a confié Cazaux après sa qualification pour les 8es. Mais je sais que je suis prêt physiquement et mentalement, et je reste fidèle à moi-même. Je me rappelle que je suis la même joueuse qu'il y a un mois, quand j'étais en Challenger."
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Top 5 shots from day 7 of the Australian Open
Video credit: Eurosport
"C'est exceptionnel. On a l'impression qu'il s'est complètement délivré, confie notre consultante Camille Pin. L'exploit c'est d'avoir confirmé après une victoire où, émotionnellement, ça a dû être fou pour lui." Même admiration chez Justine Hénin, bluffée par le parcours du jeune Montpelliérain : "C'est de son niveau de jeu dont on est admiratif et la façon avec laquelle il a joué de manière libérée et confiante, note la Belge. On sait à quel point c'est dur, pour un jeune en plein apprentissage, de battre Rune et d'arriver deux jours plus tard à jouer de façon aussi libérée, confiante. Avec de la détermination mais de la sobriété aussi. On a l'impression qu'il fait ça depuis toujours."
Et pourtant, il fait ça depuis cinq jours, rien de plus. Mais Arnaud Clément, lui, n'est pas surpris et a vu le phénomène arriver depuis quelques temps. "On pouvait s'attendre à ce qu'il fasse une très bonne saison, qu'il rentre dans les 100. J'en étais convaincu par rapport à ce qu'il nous a montré l'an dernier, en début d'année… Il fallait juste qu'il ne se blesse pas." Face à Griekspoor, c'est sa confiance débordante qui a fait voler en éclats son adversaire néerlandais. Avec cette furieuse impression que tout ce que Cazaux tentait filait droit dans la cible. Un état de grâce qui en rappelle un autre.
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Clément sur l'atout de Cazaux : "Ce service de très haut vol lui permet de se lâcher dans le jeu"
Video credit: Eurosport
En 2008, Jo-Wilfried Tsonga avait le même feu dans la raquette jusqu'à atteindre la finale à Melbourne à la surprise générale. Une comparaison qui a ses limites pour Clément : "Jo n'était pas 122e mondial au début du tournoi (ndlr : 38e à l'ATP alors). Ça restait une grosse surprise. C'est un peu tôt pour le comparer à Tsonga mais, ce qui est intéressant, c'est qu'on n'a pas l'impression qu'il surjoue, à aucun moment. Son tennis est en place, il est sûr de lui." Comme si Cazaux n'était pas en feu mais qu'il passait simplement des étapes, qu'il cochait les cases nécessaires à sa mise sur orbite chez les grands.
"Là, il comprend ce qu'il est capable de faire, conclut Clément. Ce n'est pas rien de battre un top 10 en Grand Chelem et enchaîner de cette façon. Il y a des joueurs qui courent après ça pendant toute leur carrière, lui le fait très vite. Au niveau de sa confiance en lui, c'est énorme." Nouméa semble aujourd'hui tellement loin pour la nouvelle sensation du tennis français.
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