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Open d'Australie - Malgré sa défaite face à Hurcaz, un Cazaux tombé du ciel
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Publié 22/01/2024 à 13:38 GMT+1
On s'attendait à tout sauf à lui. Arthur Cazaux, 120e joueur mondial, a enflammé Melbourne, sorti des têtes de série et lancé sa carrière de façon spectaculaire. Un gros service, un sens du spectacle et une confiance au maximum lui ont permis d'incarner un nouvel espoir pour un tennis français qui se posait beaucoup de questions ces derniers mois. Vivement la suite.
Cazaux a joué face à un mur infranchissable : les temps forts face à Hurkacz en vidéo
Video credit: Eurosport
Il a débarqué avec ses tatouages, sa casquette à l'envers, sa chaîne en argent, son physique de playboy et ses diamants à chaque oreille. Look de rockstar des années 1990 mais carrière dans l'ombre, Arthur Cazaux restait un illustre inconnu au moment de se donner une nouvelle chance. Après trois échecs au premier tour à Roland-Garros et à l'US Open, le Montpelliérain a déboulé plein de culot en Australie malgré un CV aussi maigre que les espoirs placés en lui (une seule victoire sur le circuit ATP qui remontait à 2021).
Qui aurait pu imaginer que ce serait lui, avec Adrian Mannarino, qui briserait la terrible série d'une année complète sans Français en deuxième semaine d'un Grand Chelem ? L'aventure s'est arrêtée en 8e de finale face au robotique Hubert Hurkacz et son service à broyer de la pierre. Trois sets accrochés et un épilogue où, même dans la défaite, Cazaux, malade et victime d'une gastro, n'a pas eu grand-chose à se reprocher. Malgré les maux de ventre, il fut à la hauteur du 9e joueur mondial après avoir sorti deux têtes de série dont Holger Rune (n.8). Davantage que sa soudaine mise en orbite, c'est ce qu'il a concrètement montré sur le terrain qui a surpris tout le monde.
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Huet, coach de Cazaux : "J'ai dit à Arthur qu’il avait désormais le niveau pour taper les tops 10"
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Mieux que Fils et Van Assche en Grand Chelem
"C'est un joueur qui est en train de se découvrir, explique notre consultante Camille Pin. Il peut se dire maintenant : 'Lorsque je joue mon tennis, je peux faire partie des meilleurs.' Il est en pleine confiance grâce à ce physique qu'il a travaillé au début de saison. Sa caisse physique lui donne de la confiance pour que ce ne soit pas qu'un feu de paille. Il sent que son tennis est là et il est prêt à supporter sa saison dans le top 100." Tout l'enjeu est là pour lui aujourd'hui : capitaliser. Prouver qu'il n'est pas qu'une comète mais qu'une étoile est née. "Mon objectif, c'était d'intégrer le top 50 avant la fin de l'année, ça reste le cas", prévient-il.
Il ne pouvait pas choisir un meilleur moment pour s'inviter à la table : le premier Grand Chelem de l'année, celui qui fixe les ambitions pour 2024, fait naître les espoirs et donne une boussole. Alors que le tennis français se posait beaucoup de questions ces derniers mois, qu'il fallait digérer les retraites ou les crépuscules de la bande des quatre (Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon, Gaël Monfils, Richard Gasquet), Cazaux, sorti de nulle part, incarne un nouvel espoir. Comme Arthur Fils ou Lucas Van Asche avant lui sauf qu'aujourd'hui, il est le seul de cette nouvelle génération à avoir battu un top 10 en Grand Chelem et atteint les 8es de finale de l'un des plus quatre plus gros tournois.
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Même dépassé en défense, Hurkacz a réponse à tout face à Cazaux
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Son coach : "Il n'est pas surpris et moi non plus"
Des étapes après lesquelles certains courent toute leur vie. Pour Cazaux qui a gagné trois fois plus de matches cette semaine que lors des trois dernières années sur le circuit ATP, c'est fait, il est déjà temps de passer à la suite. "C'est sûr qu'avec mon classement (ndlr : 83e à l'ATP dès la semaine prochaine), je vais jouer les tournois ATP. C'est super. Je n'ai pas de points à défendre avant la saison sur gazon, donc c'est une bonne chose pour moi. Le fait d'avoir battu de très bons joueurs ça me donne encore plus l'envie d'y aller, et pourquoi pas intégrer le top 50 avant la fin de saison. Mais je ne m'enflamme pas, je sais que ça va être très dur, qu'il y aura des hauts et des bas."
Si Cazaux soulève autant d'espoirs, c'est aussi parce qu'il n'a jamais donné l'impression d'être en surchauffe, de jouer le feu en fermant les yeux et en croisant les doigts. Sa progression, bien que spectaculaire, reste linéaire. Avec une première saison complète et sans blessure en 2023, une victoire à Nouméa et l'explosion en mondiovision. "On n'a pas l'impression qu'il surjoue, à aucun moment. Son tennis est en place, il est sûr de lui", nous confiait Arnaud Clément dans la semaine. "Il n'est pas surpris et moi non plus, nous a encore raconté son coach Julien Huet. Il a eu une super période hivernale. Il y avait des signes avant-coureurs pour nous dire qu'il allait se passer quelque chose sur l'Australie. Il gère mieux les moments où il est moins ben. Il a énormément évolué au niveau mental, il est plus sûr de lui. Je lui ai dit qu'il avait le niveau pour taper des tops 10. Il fait partie des très bons joueurs." Si Cazaux y croyait, si son coach s'y attendait, il reste l'inattendue sensation de cet Open d'Australie… et, désormais, la grande promesse de jours meilleurs pour les Bleus.
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Arthur Cazaux
Crédit: Getty Images
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