Open d'Australie - Nick Kyrgios : "Quand j'ai battu Federer, Nadal et Djokovic, je me suis dit 'c'est juste ça ?'"

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Commentateur de luxe pour Eurosport durant l'Open d'Australie, Nick Kyrgios est un témoin privilégié pour raconter l'emprise exercée par le "Big Three" sur le reste du circuit pendant près de 20 ans. Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer : les trois hommes ont tous été battus par l'Australien. Mais, en Grand Chelem, l'affaire est tout autre.

Nick Kyrgios et Rafael Nadal après leur duel à Wimbledon en 2014

Crédit: Getty Images

Le monstre à trois têtes qui a privatisé tous les plus grands titres. Voilà peut-être la légende qui fleurira dans quelques années lorsqu'il s'agira de revenir sur les vingt ans qui ont marqué à tout jamais l'histoire du tennis, cette double décennie entre 2003 et 2023 durant laquelle le "Big Three" a régné sans partage sur le circuit, ne laissant que des miettes aux autres joueurs, surtout en Grand Chelem. Sur la période, Roger Federer (20), Rafael Nadal (22) et Novak Djokovic (24) ont remporté 66 tournois du Grand Chelem sur… 83 disputés.
De cette domination, Nick Kyrgios fut un témoin privilégié. Parce qu'à son arrivée sur le circuit en 2013, le "Big Three" était déjà une réalité statistique. Mais aussi parce que le jeune Australien fut un cas à part, une exception qui confirme la règle. C'est simple : ses premiers matches contre Federer, Nadal et Djokovic, il les a gagnés.
Commentateur de luxe pour Eurosport pendant cet Open d'Australie, il est revenu sur cette statistique hallucinante, uniquement partagée avec Dominik Hrbatý et Lleyton Hewitt, qui avaient affronté des versions bien moins "finies" de Federer, Nadal et Djokovic. "Pour moi, cette statistique a été un cadeau mais aussi une malédiction", a-t-il ainsi expliqué.
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Nick Kyrgios

Crédit: Getty Images

La portée médiatique de ces victoires n'a pas eu que des conséquences positives sur son évolution en tant que joueur. "Quand j'ai battu Federer, Nadal et Djokovic, je me suis dit 'ah bon ? C'est juste ça ?'" Mais battre le Big Three en Grand Chelem est une autre affaire, ce qu'il a compris tardivement. "En Grand Chelem, ce sont des monstres très différents, a-t-il ainsi développé. Je n'ai eu que très peu de succès contre eux dans ces tournois. J'ai seulement réussi à battre Nadal [à Wimbledon en 2014, NDLR] en négociant les hauts et les bas pendant ces trois, quatre ou cinq heures de jeu. En fait, ces trois-là résistent tous mieux à la tempête que les autres. On veut tous jouer un tennis parfait, mais pour eux, c'est un processus. Ils sont capables de rester plus constants, plus réguliers que tous les autres joueurs."
Cette qualité colle encore plus à un Novak Djokovic, monstre de sang-froid et de maîtrise malgré des trous d'air qu'il a appris à mieux gérer que les autres. "Le bon exemple, c'est celui de Novak qui était mené deux sets à zéro contre Jannik Sinner à Wimbledon, et personne n'a jamais vraiment eu l'impression qu'il allait perdre le match, confirme Kyrgios. Pareil contre Laslo Djere [lors de l'US Open 2023 NDLR], deux sets à rien au meilleur des cinq manches, mais il est capable de rester très calme."
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Video credit: Eurosport

Rincé mentalement après Wimbledon 2022

C'est cette gestion mentale qui l'impressionne le plus chez eux. Parce qu'encore aujourd'hui, il avoue être incapable de les imiter dans ce domaine. "Je n'ai jamais remporté de Grand Chelem, mais j'en ai été très proche, a-t-il rappelé en référence à sa finale à Wimbledon en 2022. J'ai eu quelques très bons parcours et je pense que, physiquement, quand j'étais jeune, j'ai toujours pensé : 'Wow, ça doit être physiquement très dur à faire', d'être au même endroit pendant trois semaines, de jouer sept matches, au meilleur des cinq. Mais ce que j'ai le plus respecté chez ces gars finalement, c'est le mental."
"Après mon parcours à Wimbledon, je n'étais plus du tout dans le coup, j'avais besoin d'un mois d'arrêt, a-t-il continué. Ces gars-là gagnent un tournoi du Grand Chelem, le fêtent à peine et se remettent au travail quelques jours plus tard. Ils cherchent toujours à s'améliorer. La faim, je ne sais pas d'où elle vient. Il faudra leur demander, parce que je n'ai pas cette faim." Et donc, fatalement, le même palmarès malgré de sacrées notes de noblesse. Mais pour devenir roi, c'est encore un autre chemin.
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The best of Kyrgios at Australian Open with skills and showboats

Video credit: Eurosport

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