Open d'Australie 2025 - 9 matches, 9 défaites, 21 sets à 1 : Alex De Minaur, mission impossible contre Sinner ?

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Alex de Minaur peut-il prolonger le rêve australien ? Celui d'un sacre à domicile en Grand Chelem pour la première fois depuis Mark Edmonson en 1976 ? Le N°8 mondial y croit, mais il affronte mercredi en quarts de finale le pire adversaire possible pour lui : Jannik Sinner. Non seulement parce que l'Italien est le meilleur joueur du monde, mais aussi parce qu'il a toujours subi sa loi.

Un point de fou pour sauver son service... mais dans quel état est Sinner ?

Video credit: Eurosport

Alex de Minaur porte les espoirs du tennis australien et il le fait bien. Numéro un de ce grand pays de tennis, toujours en quête de sa gloire passée, 23 ans après son dernier sacre majeur, par l'intermédiaire de Lleyton Hewitt à Wimbledon en 2002, le numéro 9 mondial avance plutôt vite et bien dans le premier quart du tableau. Il est en quarts de finale, là où la logique et le public l'attendait. L'exigeait, presque. Ça, c'est fait. Le problème, c'est la suite. Ce qui l'attend. Une forme de mission impossible.
Mercredi, il défie Jannik Sinner. Numéro un mondial. Tenant du titre. Invaincu depuis 18 matches. Vainqueur de 33 de ses 34 dernières rencontres. Le nouvel ogre du circuit. Pas simple. Encore moins pour lui. Car à cet implacable constat général, De Minaur affiche un passif presque rédhibitoire contre l'Italien. Ils se sont déjà affrontés à neuf reprises, pour autant de défaites de l'Australien. "Demon" (le surnom de De Minaur) a plutôt l'air d'une victime, d'un petit être inoffensif quand il croise pour son propre malheur la route de Sinner.
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Sinner v De Minaur - Davis Cup highlights

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Et ça ne s'arrête pas là. Non seulement il a toujours perdu, mais il n'a en prime jamais été en position de gagner. De leur premier affrontement, au Masters NextGen en 2019, à leurs derniers duels fin 2024 (lors des ATP Finals puis lors de la phase finale de Coupe Davis), l'Australien n'a quasiment jamais existé. Il a gagné un seul set sur l'ensemble de ces neuf rencontres, sur 22 disputés. Au tie-break. La première manche de leur quart de finale à Sofia, en février 2020. Juste avant le Covid-19.
Alex de Minaur a subi un flot de questions autour de ce défi monumental qui l'attend, lundi, après sa victoire sur Alex Michelsen en 'night session'. "Vous savez, ce qui est super avec le tennis, c'est que chaque fois que vous rentrez sur le court, tout le monde est à 0-0, a-t-il essayé de (se) convaincre. C'est un nouveau jour, un nouveau match, et tout peut arriver. Le sport est imprévisible. C'est exactement l'état d'esprit avec lequel je vais aborder ce match. Et j'ai hâte." C'est peu dire qu'il ne sera pas favori et n'aura rien à perdre.
Même quand Jannik n'était pas encore tout à fait Sinner, disons un jeune apprenti champion, le natif de Sydney n'avait pas la solution. Maintenant qu'il a posé la main sur le circuit dont il est devenu le patron, il serait paradoxal qu'il trouver la clé. Mais l'intéressé se méfie. Surtout après avoir autant souffert physiquement contre Holger Rune. S'il n'a pas récupéré 100% de ses moyens, l'Italien risque de souffrir.
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Sinner tout en force pour commencer : sa victoire contre De Minaur

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D'autant qu'il est convaincu qu'il va affronter la meilleure version de De Minaur, celle qu'il n'a encore jamais côtoyée. "Chaque match est différent, dit Sinner comme pour minimiser le 9-0 en sa faveur. Je vais l'affronter chez lui, en Australie, donc je suis sûr que ce sera différent. On verra. Mais ce sera difficile. Le plus important pour moi, c'est de récupérer physiquement."

Si quelqu'un doit y croire, c'est lui

Alex de Minaur n'a en tout cas aucune intention de se présenter en victime consentante et expiatoire. Il n'a pas de complexe. Et il ne croit pas aux histoires de "matchup défavorable". "Je crois que c'est Taylor (Fritz) qui l'avait très bien dit en fin d'année dernière (l'Américain a été battu en finale de l'US Open puis à deux reprises au Masters, dont la finale, NDLR) : 'Ce n'est pas une question de mauvais matchup, c'est juste que Jannik est un sacré bon joueur. C'est un mauvais matchup pour à peu près tout le monde, non ?'"
La positive attitude. Voilà le credo de De Minaur. "Je vais regarder ce que j'ai fait de bien contre lui pendant nos matches, dit-il encore. Je vais m'appuyer sur notre match à Rotterdam, le seul à mon avis dont je peux retirer quelque chose parce que j'étais à 100% physiquement et je crois que c'était une bonne bagarre. J'avais eu des opportunités." Jannik Sinner s'était imposé 7-5, 6-4 mais c'est effectivement une des rares fois où l'Australien avait offert une réelle opposition.
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Sinner : "J'avais une meilleure tête quand je suis revenu sur le court"

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Les deux hommes se sont entraînés ensemble ici à Melbourne depuis le début de la quinzaine. Ils s'apprécient. Mais jusqu'ici, chacun a tenu un rôle bien défini. De Minaur veut que ça change. Alors il le répète encore et encore. Mercredi, à son entrée sur la Rod Laver Arena, il fera comme si rien n'avait existé entre eux auparavant. "Je serai prêt pour la bagarre, du premier au dernier point". Avec une dernière pointe de méthode Coué : "Nous ne nous sommes jamais affrontés en Grand Chelem, donc ce sera complètement nouveau et différent."
S'il le dit. Mais il a raison. Peu importe si le reste du monde n'y croit pas ou doute de ses chances. La seule chose qui compte, c'est que lui soit convaincu de ce qu'il dit. A voir si cette foi sera suffisante. Mais elle constitue un préalable vital.
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