"Le rêve possible" : Jannik Sinner, et maintenant le Grand Chelem ?
Eurosport sur GoogleEt maintenant, ils veulent se mettre tous à rêver. Alors que Jannik Sinner a remporté dimanche, à Melbourne, son troisième tournoi du Grand Chelem, le premier de la saison, l'objectif de rafler les trois autres ne paraît plus si utopique de l'autre côté des Alpes. "Il peut le faire", a même assuré son entraîneur Simone Vagnozzi.
Sinner, une domination à la Djokovic ? "C'est le meilleur joueur du monde sur dur actuellement"
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"Le martien". Ou encore "l'alien", au choix. Mais ce qui est certain, c'est que la presse italienne s'est montrée catégorique lundi : Jannik Sinner n'est pas humain. "Il vient d'ailleurs, d'une autre planète", martelait même La Gazzetta dello Sport, le plus grand quotidien sportif du pays, après la quête de son troisième titre du Grand Chelem à Melbourne. Célébré, admiré, presque vénéré, le numéro un mondial est d'ores et déjà considéré comme l'un des plus grands sportifs italiens de l'histoire. Et il n'a que 23 ans. La question est désormais une et une seule : mais jusqu'où va-t-il aller, alors que même Alexander Zverev, son adversaire en finale mais aussi dauphin à l'ATP, a reconnu son ultra-domination ? De l'autre côté des Alpes, on aurait bien une idée. Et on commence même à la dire sans sourciller. Ou même être pris pour un fou. Oui, Jannik Sinner peut réaliser le Grand Chelem. Dès cette année.
"Nous n'avons jamais eu un champion de ce calibre. Il est parfait sur le court en dehors, parfait dans le contrôle et la capacité de ne jamais rater le point décisif...", pouvait-on encore lire dans ce sens en Une du quotidien aux pages roses. On ne sait pas si l'Italien a eu le temps de feuilleter les quotidiens de son pays à son retour d'Australie, mais presque tous évoquent, pour la première fois, cette possibilité de tout rafler. Il n'y a désormais plus aucune limite quand on parle de celui qui vient de passer la légende Nicola Pietrangeli et ses deux titres à Roland-Garros (1959-1960) dans la "Hall of fame" du tennis italien.
"Le seul qui est capable de le battre, c'est (Carlos) Alcaraz, a réagi ce dernier lundi, lui qui n'a pas toujours été tendre avec son successeur. Les autres sont tous des acteurs secondaires. Les records comme le mien sont là pour être battus à un moment ou à un autre. Je ne suis pas jaloux, même si Jannik exagère ! (...) Je suis content pour lui, on verra à la fin de sa carrière s'il est le meilleur joueur de tennis italien de l'Histoire, tout peut encore arriver." Dont le plus difficile : gagner sur toutes les surfaces.
Je veux devenir un joueur complet
"Sur le dur, il a prouvé qu'il était le meilleur. Maintenant, il y a d'autres objectifs, a indiqué le président de la Fédération italienne de tennis, Angelo Binaghi, à la Gazzetta. Il démontrera qu'il peut devenir le plus fort sur terre battue (...) Rien ne peut être exclu avec ce joueur extraordinaire, tous les objectifs sont possibles et réalisables, y compris celui de réaliser le Grand Chelem." Autant dire que la pression va s'accentuer sur le numéro un mondial au fil de la saison. La rançon de la gloire, finalement. Et il sera donc attendu au tournant à Roland-Garros (terre battue) et Wimbledon (gazon).
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Implacable Sinner, impuissant Zverev : le grand format d'une finale à sens unique
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"Si je me sens capable de m'y imposer ? Bien sûr, je me sens plus à l'aise sur dur, je pense que ça se voit, a-t-il reconnu dimanche en conférence de presse. Je vois ça comme quelque chose de positif, parce que ça veut dire que je dois encore progresser sur les autres surfaces. Je vais investir beaucoup d'énergie là-dedans, et j'espère aller loin dans les Grands Chelems qui ne sont pas disputés sur dur. On verra bien. Je suis encore jeune, je pense que j'ai du temps pour m'adapter, en particulier sur gazon, une surface sur laquelle je n'ai jamais joué chez les juniors. C'est précisément ce que j'aime : les difficultés, essayer de comprendre où je peux m'améliorer. Je veux devenir un joueur complet, pas seulement bon sur une surface. Je crois que ma dernière saison sur terre battue et sur gazon n'était pas du tout mauvaise mais je peux m'améliorer." C'est ce que croit aussi Simone Vagnozzi, l'un de ses coachs.
"Il peut atteindre le niveau de Djokovic, Federer et Nadal"
"La terre battue est la surface sur laquelle il se sent le moins à l'aise, mais nous travaillons pour gagner à Paris, a-t-il assuré à La Repubblica. Et nous ferons la même chose avant Wimbledon. Il y a encore beaucoup de zones où il peut progresser. Si cela ne tenait qu'à lui, il serait tous les jours sur le terrain pour essayer et réessayer des coups et des exercices. Et puis, élever le niveau des objectifs est aussi une manière de continuer à s'entraîner durement. Aujourd'hui, tout ce qu'il essaie lui réussit facilement. Mais il y aura aussi des moments compliqués, et nous devrons être là à ce moment. Jannik est encore très jeune, mais il a déjà gagné trois titres du Grand Chelem. Je crois qu'il peut atteindre des niveaux encore plus hauts, comme atteindre celui des divers Djokovic, Federer et Nadal. La route est encore longue, mais la direction est la bonne."
Demi-finaliste à Wimbledon en 2023 et à Roland-Garros l'an dernier, Sinner peut-il réussir là où les trois mythes ont toujours failli ? Car oui, remporter les quatre titres du Grand Chelem au cours d'une carrière est une chose. Le faire sur une année calendaire une autre. Ils ne sont que deux au palmarès : Ronald Budge est le premier (1938), Rod Laver le dernier (1969). "C'est vrai que c'est très compliqué à réaliser, a confessé John Newcombe, ancien numéro un mondial, au quotidien La Stampa. Mais Jannik peut le faire. Il peut très bien jouer sur toutes les surfaces."
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L'image de la finale : Quand Sinner réconforte un Zverev déconfit
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Intraitable sur dur, au point que ses matches ne s'éternisent jamais trop, l'Italien se sait plus friable ailleurs. Ce qui pourrait entraîner des marathons dont il n'est pas vraiment fan. Il n'a d'ailleurs jamais remporté une confrontation qui dépasse les quatre heures. Le bilan de ses matches en cinq sets ? Six victoires, neuf défaites. "Et on le sait, la terre battue de Paris et l'herbe de Londres sont souvent propices à des longues rencontres, écrivait le Corriere della Sera lundi dans un article intitulé "Le Gran Chelem, un rêve possible". Mais la seule hypothèse qui rend vaguement plausible cet article devrait donner la mesure de l'immensité de ce que réalise Sinner. Ne la donnons jamais pour acquise, jamais."
"Il est très, très semblable à Novak (Djokovic) quand il était au sommet, reconnaissait Zverev dimanche. Les deux ratent rarement leur frappe. Pendant les rallyes (échanges les plus longs, ndlr), ils vous font penser que vous devez frapper encore plus fort en permanence pour avoir une chance contre eux. C'est très, très difficile de gagner un point de fond de court contre Novak et contre lui. Ils sont tout le temps sur leur ligne de fond, ils ne te laissent aucun temps de répit. Pour l'instant, il (Sinner) est tout simplement trop fort." À lui de le rester partout, peu importe la surface. L'entrée dans la légende passe par là.
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