Open d'Australie 2025 : Daniil Medvedev doit-il encore être considéré comme un "disrupter" ?
Eurosport sur GoogleTriple finaliste à Melbourne (2021, 2022, 2024), Daniil Medvedev retrouve Melbourne avec légèreté en 2025. Non pas que le Russe n'ait plus d'ambitions, il se veut simplement lucide face au froid constat d'une prise de pouvoir du duo Sinner-Alcaraz sur le circuit, sans même évoquer le cas Novak Djokovic. Mais le Russe espère avoir encore un rôle à jouer, celui qu'il préfère : celui d'outsider.
Sinner, Djokovic, Fonseca : vers un Open d'Australie 2025 mythique ?
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On ne disparaît pas comme ça, surtout lorsque l'on s'appelle Daniil Medvedev. Voilà quelques jours, les non-initiés présents à Melbourne en venaient presque à s'inquiéter : où était passé le Russe alors que toute la cavalerie avait déjà déboulé en Australie et s'entrainait déjà sous le soleil des antipodes ? La réponse est arrivée officiellement : il est devenu papa pour la seconde fois, décalant son arrivée à Melbourne pour accompagner au mieux sa compagne dans l'affaire. Pour lui, en revanche, pas de congé paternité prolongé.
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Papa Medvedev s'est envolé pour l'Australie dans la foulée et s'est présenté face à la presse vendredi avec le sourire mais les traits tirés : "Un jour, mon bébé arrive et le lendemain, je suis dans un avion pour l'Australie pendant 24 heures, avec 10 heures de décalage horaire. Mais ça me va, j'ai toujours dit que j'aimais le tennis, la vie sur le circuit et que j'aimais voyager". Personne n'a cherché à le froisser, mais sa phrase semblait quelque peu en décalage avec sa dernière impression laissée, celle d'un joueur et d'un homme rincé au Masters et presque saoulé par les saisons à rallonge.
Mais le Russe s'est reposé, a coupé pendant cinq semaines : "Je ne veux pas faire de grandes annonces mais ma préparation a été vraiment top, j'ai l'impression que c'est l'une des meilleures que j'ai pu faire". Quand on se souvient qu'il est triple finaliste ici (2021, 2022, 2024) et qu'il est passé les deux dernières fois à un petit set du sacre, il convient d'écouter attentivement ce genre de petites phrases. Ressourcé, Medvedev l'est sans doute. Renouvelé, c'est une autre question. C'est même toute la question.
2024 a dessiné un déclin
Pour lui, l'année 2024 a dessiné un aveu d'échec. Déclassé, il l'a été par la prise de pouvoir soudaine et violente de Jannik Sinner, venu chasser sur ses terres, et son incapacité à l'emporter face à Alcaraz (3-0 pour l'Espagnol en 2024). Résultat, à l'heure de faire les pronos, le Russe n'est pas forcément le premier nom qui vient en tête. Par le passé, cela l'aurait sans doute quelque peu chatouillé. Mais pas cette fois-ci.
"Je me vois un peu moins comme celui qui dérange, a-t-il admis. Simplement parce que je n'ai justement pas réussi à l'être l'an passé, sauf ici. Carlos et Jannik m'ont battu beaucoup de fois. Souvent, j'arrivais à aller loin dans les tournois mais jamais à les battre eux. […] Pour le moment, ils sont clairement favoris et c'est normal. J'ai essayé de développer des choses, on verra si ça fonctionne. J'ai bien constaté l'an passé que ce que je faisais contre eux n'était pas suffisant donc il faut tenter autre chose".
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Après le craquage, la question qui fâche : Medvedev donne-t-il une bonne image du tennis ?
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"Il se retrouve dans une situation où l'ancienne génération est en train de partir mais il se retrouve face à des joueurs qui deviennent de plus en plus complets, qui propose un tennis extrêmement lourd, où ils servent très bien, analysait notre consultante Justine Hénin en novembre dernier à l'heure d'évoquer ce déclassement. Il peut le faire mais son impact est différent. Objectivement, il n'a pas fait évoluer beaucoup de choses dans son jeu."
Ce n'est pas facile à vivre
De ce complexe, Medvedev assure vouloir en faire une force, un moteur pour progresser. Là où le classement ATP lui a longtemps tenu à cœur, il n'en a plus grand-chose à faire. Son objectif de 2025 sera de réussir là où il a échoué en 2024 : se prouver qu'il peut enfin battre les deux phénomènes. Au Figaro, en décembre dernier, il avouait sans souci que l'objectif d'être à nouveau N°1 mondial semblait compliqué à imaginer.
"Ce n'est pas facile à vivre et ça ne sera pas facile, spécialement face à ces deux joueurs, expliquait-il. Il faut encore progresser, car ils sont plus forts que moi pour l'instant, c'est la réalité. Ils jouent très bien et le prouvent presque chaque semaine, pas que contre moi. La réalité, c'est que, même à mon maximum, j'ai perdu contre Sinner. Si je veux gagner à nouveau des grands titres, je dois être meilleur contre eux". Cela ressemble à une résolution. Ou un vœu pieux… En l'état, il n'a que lui, Daniil the "disrupter" pour reprendre l'expression employée en conférence de presse qui a la réponse.
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"Pour la première fois depuis 10 ans, Djokovic ne sera pas le favori n°1 à Melbourne"
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