Open d'Australie - Demi-finale (F) - "J'étais proche de la retraite" : Paula Badosa, dangereuse survivante

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Qualifiée pour sa première demi-finale en Grand Chelem à Melbourne à 27 ans, Paula Badosa vit depuis quelques mois ce qui ressemble à une seconde carrière. Longtemps diminuée par des problèmes de dos au point de songer à arrêter le tennis, l'Espagnole profite à fond d'une santé retrouvée. Ce qui la rend d'autant plus dangereuse, y compris pour sa grande amie Aryna Sabalenka.

L'émotion de Badosa : "Il y a un an, je pensais à la retraite"

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C'est une histoire de renaissance comme le sport, et le tennis en particulier, en raffole. Il y a de cela seulement quelques mois, Paula Badosa portait son ancien meilleur classement – elle fut numéro 2 mondiale en 2022 – comme un titre de gloire, un vestige du passé. Victime d’une fracture de stress en mai 2023 au niveau des vertèbres lombaires L4 et L5, elle avait déserté le circuit. Et sa tentative de come-back l'an dernier a longtemps ressemblé à un chemin de croix, à tel point qu'on parlait plus d'elle comme de la compagne de Stefanos Tsitsipas, qu'elle soutenait depuis les tribunes.
Pourtant, jeudi, c'est bien elle qui jouera sa première demi-finale en Grand Chelem, alors que son compagnon, éliminé dès le 1er tour de cet Open d'Australie, n'en finit plus de plonger. Et la principale intéressée savoure d'autant plus son rebond inespéré qu'elle se voyait arrêter les frais. "A un certain moment l'an dernier, j'en étais assez proche parce que je ne me voyais pas au niveau. Le dos ne répondait pas bien, je ne trouvais pas de solutions, a-t-elle dévoilé en conférence de presse. Mais je voulais me donner une dernière chance de finir l'année et de voir comment ça irait. Et voilà où j'en suis. Donc je suis vraiment fière de tout ce que nous avons traversé avec mon équipe et surtout de la manière dont j'ai combattu tout ça, spécialement mentalement."
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Badosa, plus qu'une résurrection : le grand format de sa victoire contre Gauff

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Equipe remaniée, pari gagné

Au cœur du printemps dernier sur terre battue, Badosa ne voyait ainsi plus le bout du tunnel. Torturée par une inflammation constante des facettes vertébrales lombaires, elle venait déjà de subir sa deuxième infiltration de cortisone sur les trois maximum qu'elle pouvait se permettre en un an. Battue d'entrée devant son public à Madrid par sa compatriote Jessica Bouzas Maneiro, issue des qualifications et 93e mondiale, elle avait touché le fond. Elle a alors pris une décision radicale : changer une grande partie de son équipe (préparateur physique, nutritionniste, docteur) pour tout rebâtir.
Un pari gagnant puisqu'en modifiant les exercices sollicitant son dos et en adaptant son alimentation, Badosa a pu à nouveau enchaîner les matches, atteignant la seconde semaine à Wimbledon avant de triompher à Washington. Son deuxième quart de finale en Grand Chelem a suivi à l'US Open, trois ans après le premier perdu sur le fil à Roland-Garros face à Tamara Zidansek, une autre époque. Finalement, cette nouvelle épopée à Melbourne n'est que la suite logique pour une joueuse retrouvée qui fera son retour dans le Top 10 mondial quoi qu'il arrive à l'issue de l'Open d'Australie.
À 27 ans, Badosa rejoue son meilleur tennis auquel elle ajoute désormais un supplément d'âme. "C'est vraiment différent parce que quand j'étais numéro 2 mondiale, tout est arrivé très vite, s'est-elle remémorée. Peut-être que je ne gérais pas très bien les attentes à l'époque. J'avais très peur quand je jouais une joueuse qui était moins bien classée que moi. Je me disais : 'Qu'est-ce qui va se passer si je perds ? Qu'est-ce que les gens vont dire ?' Je pensais trop à ça. Maintenant, peu m'importe, je peux l'accepter. Vous pouvez perdre ou gagner contre n'importe qui. Je pense que ça m'a aidé à jouer plus librement. J'accepte les bons moments de mon adversaire pendant un match et j'essaie de trouver des solutions. J'ai gagné en maturité."
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"Viens, joue à ma place !" : scène cocasse avec Badosa, en proie au vent

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J'ai appris à accorder un peu plus de valeur à ces moments
L'Espagnole savoure ce qu'elle considère comme une seconde chance, une sorte de bénédiction. Coco Gauff l'a appris à ses dépens en quart de finale, elle qui était pourtant l'une des grandes favorites du tournoi après son triomphe au Masters voici quelques semaines. "Ça m'a changé, notamment pour apprécier plus les moments. Quand je gagne un match comme ça, j'essaie de m'en imprégner totalement. Je suis émue parce que ça signifie beaucoup pour moi. J'ai appris à accorder un petit peu plus de valeur à ces moments. Aujourd'hui (mardi, NDLR), même si le niveau était très haut, même s'il y avait de la tension, j'essayais de regarder le public et de profiter du moment, parce qu'on s'entraîne pour ça. C'était magnifique."
La suite pour Badosa, c'est donc une première demi-finale en Grand Chelem, qui plus est contre Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale et double tenante du titre en quête d'un triplé inédit au XXIe siècle à Melbourne en simple dames. C'est dire à quel point le défi sera immense. D'autant que la Biélorusse est la meilleure amie sur le circuit de l'Espagnole. Mais jeudi, il n'y aura pas de place aux sentiments car Badosa compte bien profiter à fond de chaque opportunité qui se présente.
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Henin : "Aucun doute sur le fait que Sabalenka saura mettre son amitié de côté face à Badosa"

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Sabalenka, l'amie à battre

"Je ne vais jamais me sentir libre jusqu'à ce que je gagne le tournoi. Je suis comme ça, c'est ma personnalité, mon caractère. Avec Aryna, on gère ça assez normalement. Plein de fois, nous nous envoyons des messages avant le match, c'est assez détendu. On sait très bien comment faire la part des choses. Nous en avons parlé tellement de fois. Nous nous admirons et nous respectons. Il va y avoir une bataille sur le court bien sûr, mais en dehors, c'est super normal", a encore insisté Badosa.
Grande favorite, Sabalenka, qui a gagné leurs cinq dernières confrontations dont trois l'an dernier, partage cet avis, ce qui ne l'empêche pas de se réjouir pour son amie. Dans ce duel à venir, la patronne actuelle du circuit est évidemment celle qui a le plus à perdre, car il n'y a rien de plus dangereux que d'affronter une survivante en feu dans un tournoi. Mais qui pourrait mieux relever ce défi que la numéro 1 mondiale, invaincue depuis 19 matches aux antipodes ?
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