US Open 2026 | Finale dames – Aryna Sabalenka et Elena Rybakina, deux reines au chevet d'un tennis féminin en difficulté
Par Rémi Bourrieres
Mis à jour 12/09/2026 à 22:15 GMT+2
Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale, double tenante du titre à l'US Open, et Elena Rybakina, future numéro 1 mondiale, gagnante cette année à l'Open d'Australie, ont pris rendez-vous pour une finale dames qui s'annonce royale, à tous les sens du terme. Exactement ce qu'il fallait pour relancer un tennis féminin en proie, semble-t-il, à de fortes difficultés financières.
Aryna Sabalenka and Elena Rybakina face off in US Open final
Crédit: Getty Images
L'histoire, quand même, a parfois de drôles de clin d'œil. Il y a deux jours, des informations du Telegraph faisaient état de lourdes pertes financières pour la WTA, qui aurait essuyé un déficit de 23 millions de dollars en 2026 selon le quotidien britannique. Une situation pour le moins inquiétante et paradoxale au regard de la santé sportive florissante affichée par le tennis féminin pendant cet US Open, avec la présence des quatre premières têtes de série en demi-finales – une première en Grand Chelem depuis Wimbledon 2009 –, et désormais des deux premières en finale, une première à l'US Open depuis 2013 (Serena Williams-Victoria Azarenka).
Aryna Sabalenka contre Elena Rybakina, dans l'ordre que vous voulez : la première est numéro 1 mondiale, la seconde le deviendra lundi, quoi qu'il arrive. Elles ont donc scellé un rendez-vous assez historique en finale dames de l'US Open, après leur victoire respective face à Jessica Pegula et face à Coco Gauff, dans la nuit de jeudi à vendredi. Historique et classique, puisque ce sera leur 18e rencontre sur le circuit (10-7 pour Sabalenka), la troisième en finale de Grand Chelem après des succès équitablement répartis à l'Open d'Australie 2023 (Sabalenka) et en 2026 (Rybakina), cette année. Et la quatrième cette saison, en rajoutant les finales d'Indian Wells et de Miami (deux victoires de Sabalenka).
C'est par ailleurs la première fois depuis 1994 (Steffi Graf-Arantxa Sanchez) que l'affiche de la finale dames est la même à Melbourne et à New York. La première fois depuis 2016 (Serena Williams et Angelique Kerber) que deux mêmes joueuses s'affrontent dans une finale majeure la même saison. Bref, si les comptes de la WTA paient cette saison une forme d'instabilité souvent dénoncée ces dernières années, et donc un manque d'identification du public à ses championnes, Aryna Sabalenka et Elena Rybakina n'y sont clairement pour rien.
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Elena Rybakina avec Aryna Sabalenka à Miami
Crédit: Getty Images
C'est une bonne chose d'avoir face à soi quelqu'un qui vous pousse à vos limites.
"On s'est joué tellement de fois, on s'est même entraînées ensemble, rappelait Rybakina qui, en cas de succès, deviendra la première joueuse à battre successivement les deux tenantes du titre en demies puis en finale de l'US Open depuis Justine Henin en 2007. J'aurais besoin de toute mon énergie, de servir parfaitement et de prendre les bonnes décisions au bon moment parce que, la plupart du temps, contre Aryna, c'est toujours très serré. Nous nous poussons mutuellement et c'est clairement le genre de match qui vous montre les choses sur lesquelles vous devez travailler. Je trouve que c'est une bonne chose d'avoir face à soi quelqu'un qui vous pousse à vos limites."
On a rarement vu la Kazakhstanaise aussi prolixe qu'à l'évocation de sa rivale. Laquelle, en revanche, feignait délibérément l'amnésie lorsqu'on lui rappelait un souvenir qui, pourtant, devrait constituer pour elle un bon présage. En 2023, exactement comme Rybakina, elle s'était assurée de devenir numéro 1 mondiale en atteignant les demi-finales de l'US Open, où elle s'était ensuite inclinée en finale face à Coco Gauff. "Je ne m'en souviens pas, je n'ai pas une très bonne mémoire, s'amusait la Biélorusse, sans que l'on puisse très bien savoir si c'était du lard ou du cochon. Mais j'imagine que ce n'est pas une très bonne chose de devenir n°1 ici à New York."
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Rybakina vient à bout de Gauff
Video credit: Eurosport
Une chose est sûre, Sabalenka aura très envie de remettre les choses au clair au sortir de ces semaines compliquées qui ont conduit à la perte de son trône, chose qui semblait encore inimaginable au début du printemps dernier. Elle ne sera plus numéro 1 lundi, c'est un fait. Mais si elle venait à remporter cet US Open face à son héritière, elle resterait tout de même un peu, au moins dans l'esprit, la patronne du circuit. Et c'est peu dire qu'elle est fortement désireuse, comme on dit, de "fermer quelques bouches", ici à New York, où on l'a vue s'agacer en début de quinzaine d'une question d'un journaliste relayant les rumeurs (pourtant populaires) de la voir passer plus de temps sur ses réseaux sociaux que sur les courts d'entraînement.
Sabalenka, un historique "huit à la suite"
Ce qui ne l'empêche pas de respecter son sort, et l'avènement de sa rivale. "Blague à part, je sais à quel point c'est dur de devenir numéro 1 mondiale, convenait celle qui est devenue – autre exploit à souligner – la première dans l'ère Open, hommes et femmes confondus, à atteindre huit finales de Grand Chelem consécutives sur dur. C'était l'un de mes buts. Malheureusement, je n'ai pas bien joué en milieu de saison, et Elena m'a doublée. Je ne peux plus y faire grand-chose, sinon me concentrer sur moi-même et donner mon meilleur en finale, pour peut-être me donner la possibilité de lui repasser devant plus tard. Je sais que ça peut paraître bizarre : on peut être performante sur un tournoi et malgré tout perdre sa place de numéro 1. Mais c'est la beauté du sport, non ?"
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Aryna Sabalenka - Jessica Pegula - Les temps forts du match - US Open
Video credit: Eurosport
C'est la beauté, en tout cas, de ce tennis féminin qu'on n'avait pas vu aussi fringant depuis longtemps. Probablement depuis le début de ce siècle et l'apogée des sœurs Williams, alors en concurrence avec Martina Hingis, Lindsay Davenport, Jennifer Capriati puis, très vite, Justine Henin, Kim Clijsters ou encore Amélie Mauresmo. Entre autres. Une situation qui contraste avec celle du tennis masculin, parti un peu en capilotade sur cet US Open, entre l'absence de Jannik Sinner, le retour réussi mais avorté de Carlos Alcaraz et le crépuscule de Novak Djokovic.
On n'aurait vraiment pas parié sur une telle disparité il y a un an de cela, lorsque Sinner et Alcaraz avaient aligné à New York leur troisième finale de Grand Chelem consécutive l'un contre l'autre, pendant que Sabalenka poursuivait sa domination monotone en cueillant une Amanda Anisimova bien trop nerveuse en finale. Mais depuis, deux reines ont décidé de partir en croisade. Elles se retrouveront en finale, ce samedi (22h en France), pour un clash royal qui devrait tirer tout leur peuple vers le haut. Et peut-être contribuer à sauver le tennis féminin.
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