"Je ne le porterai plus" : un bracelet connecté porté par Sinner, Alcaraz et Sabalenka fait débat à l’Open d’Australie

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Aryna Sabalenka, Carlos Alcaraz et Jannik Sinner ont dû retirer un bracelet électronique porté au poignet avant certains de leurs matches de l’Open d’Australie. Ce dispositif de la marque "Whoop" sert à récolter des données sur la condition physique des athlètes. Toléré par l’ATP et la WTA, l’objet n’est pas autorisé en Grand Chelem. Explications.

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La scène a suscité quelques vives réactions. A l’échauffement avant son duel face à Tommy Paul, le 25 janvier, Carlos Alcaraz voit l’arbitre de chaise Marika Cicak l’appeler au filet. La raison ? Un bracelet connecté que porte le Murcien au poignet, qu’on lui demande alors d’ôter avant l’entame de la rencontre. Ce type d’appareil, produit par l’entreprise américaine Whoop, récolte et communique des données sur la condition physique d’un sportif. 
 Dans une interview à As, le numéro 1 mondial a expliqué le choix de porter cet objet, comme il l’avait fait lors des trois premiers tours de l’Open d’Australie sans être inquiété ou réprimandé : "C’est un dispositif qui permet de mieux prendre soin de soi, de mieux gérer son repos, son entraînement, sa charge de travail… Mais bon, je ne pouvais pas jouer avec, ce n’est pas grave."
L’ATP autorise le port de ce type de technologie depuis 2024, alors que la WTA en permet l’usage depuis 2021. C’est en Grand Chelem que ces appareils, que l’on a également demandé à Jannik Sinner et Aryna Sabalenka de retirer, ne sont pas autorisés. Selon plusieurs médias, Tennis Australia, qui organise l’Open d’Australie, pousserait pour que leur port soit permis. Mais la décision doit émaner de l’ensemble des tournois du Grand Chelem. 
La principale crainte liée à ce type d’équipements est d’ordre sportif : la collecte d’informations en temps réel liées à son état physique pourrait donner de précieuses indications quant au rythme cardiaque, par exemple, des joueurs et joueuses. Qui pourraient ensuite agir en conséquence. Un autre argument, avancé par l’organisation à la BBC, est que les joueurs de très haut niveau pourraient tirer un avantage de leurs contrats avec d’éventuels sponsors. 
En priver les joueurs revient à leur demander de jouer aveugles.
Jannik Sinner, qui avait placé son Whoop sous ses serre poignets avant d’affronter Luciano Darderi, s’est défendu de toute tentative de triche. "Il y a certaines données que nous aimerions suivre un peu sur le court, mais c’est plutôt pour pouvoir les consulter après le match, a-t-il précisé en conférence de presse. Ce sont des données que nous aimerions utiliser lors des séances d’entraînement, car elles permettent de s’entraîner en fonction du rythme cardiaque, du nombre de calories." 
Comme son rival espagnol, Sinner n’a pas trouvé "grave" que l’arbitre lui demande de retirer son gadget. "Les règles sont les règles. Je comprends. Je ne l’utiliserai plus." Facile à convaincre.
Aryna Sabalenka est, elle, tout simplement ambassadrice de la marque. Dans une vidéo YouTube publié par la WTA, l’an passé, elle avait vanté les mérites de ce type d’équipement dans sa période de récupération entre les matches de l’US Open 2024. "Je regarde l’application tout le temps, dès que je me réveille, après l’entraînement", avait-elle affirmé. La marque est elle-même liée au circuit WTA par un partenariat commercial.
Will Ahmed, le patron de Whoop, a tancé l’Open d’Australie sur X en réaction à la séquence où Carlos Alcaraz retire sans broncher son bracelet. "Ridicule. Le port du Whoop en match est approuvé par la Fédération internationale de tennis et ne pose aucun risque de sécurité. Laissez les athlètes mesurer leurs corps. Les données ne sont pas des stéroïdes !" Sur son compte officiel, l’entreprise américaine a publié : "Whoop a été bâtie pour les athlètes, sans écran, toujours en fonctionnement. Le but est d’améliorer la performance. [...] Donc quand on le fait retirer en match, priver les athlètes de ces informations revient à leur demander de jouer aveugles." N’exagérons rien.
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