Open d'Australie 2026 - A la Djoko : Mais pourquoi Carlos Alcaraz s'acharne à corriger son service
Par Glenn Ceillier
Publié 21/01/2026 à 04:22 GMT+1
Carlos Alcaraz a encore modifié son service pour cette nouvelle année. Alors qu'il avait déjà récolté les fruits de ses améliorations l'année passée, l'Espagnol s'est encore activé pour changer son geste, qui ressemble énormément à celui de Novak Djokovic. Un nouveau symbole de son perfectionnisme.
Nouvelle position du poignet et des épaules : le nouveau service d'Alcaraz à la loupe
Video credit: Eurosport
C'est la marque des champions. Ce désir d'évolution permanente. Cette volonté de toujours progresser. De corriger le moindre détail. D'être encore plus fort. La saison dernière aurait pourtant pu donner envie à Carlos Alcaraz de se reposer sur ses lauriers. Avec ses deux nouveaux titres en Grand Chelem, ses trois Masters 1000 et surtout cette place de numéro 1 mondial arrachée à Jannik Sinner, l'Espagnol avait des raisons de rester sur ses acquis à l'aube de cette nouvelle année. Mais ce n'est pas son style. Et "Carlitos" s'est encore employé à bonifier son jeu. Son service surtout.
Avant la saison 2025, Alcaraz avait pourtant déjà entrepris un gros chantier technique sur son service, avec un but clair : gagner en fluidité et en efficacité. Il "doit me permettre de frapper la balle plus haut, d’avoir un rythme plus délié et, au bout du compte, de gagner en vitesse et en précision", avait avoué le Murcien début 2025. Et si l'on a pu voir quelques nets perfectionnements, notamment durant l'été ("Je suis très fier de la façon dont j’ai amélioré mon service, maintenant je sais ce que ressentent Isner et Opelka", avait même glissé l'Espagnol en juin), il n'était visiblement pas encore satisfait.
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Alcaraz sans forcer au 2e tour face à Walton : sa balle de match en vidéo
Video credit: Eurosport
Un service à la Djoko : "Dès que je l'ai vu, je lui ai envoyé un message"
Durant cette intersaison, des images du patron du circuit ont ainsi circulé. On l'a vu travailler son lancer avec son coach Samuel Lopez grâce à un mini panier de basket. Et modifier un peu sa gestuelle pour corriger sa préparation et son lancer. Au final, tout cela rappelle beaucoup le geste d'un certain Novak Djokovic. "Dès que je l'ai vu, je lui ai envoyé un message. Je lui ai dit : 'Tu sais, nous devons parler des droits d'auteur.' Puis, quand je l'ai vu ici, je lui ai dit qu'il fallait qu'on discute du pourcentage de ses gains. À chaque ace, j'attends un hommage à mon égard. À chaque ace qu'il réalise ici. Voyons s'il va respecter notre accord", a d'ailleurs plaisanté le "Djoker" ce lundi après son premier tour. "Je ne pensais pas à faire le même service que Djokovic. Mais au final, je peux même voir les similitudes", s'est amusé l'Espagnol.
Mais alors pourquoi cette évolution ? Pourquoi ce désir de changement ? S'il compte déjà six tournois du Grand Chelem à son tableau de chasse, Carlos Alcaraz n'est pas encore un joueur fini. Il ne faut pas oublier qu'il n'a que 22 ans et peut encore s'améliorer, ce qui peut être un peu terrifiant quand on songe que l'on parle du patron du circuit. Mais les joueurs de cette trempe sont aussi dans une quête constante de perfection. C'est aussi pour cela qu'ils sont si redoutables.
"C'est vrai qu'il a bien servi l'année passée. A l'US Open, ça a notamment été magistral. Mais à un tel niveau, on ne s'arrête jamais de travailler, nous raconte notre consultante Justine Henin. Il y a cette idée d'amélioration continue, d'évolution permanente. Des joueurs comme Federer, Nadal, Djokovic et d'autres grands noms ont été dans une recherche forcément de détails encore plus importants. Ça peut aussi être des choses qui ne sont même pas visibles à l'œil, même pour des passionnés de tennis."
Le coup le plus complexe à travailler
Dans cette quête du détail, le service prend alors une place clé. "C'est le coup peut-être le plus complexe, à mon sens, à travailler. Ça a été le cas pour moi", concède encore la légende belge aux sept Grands Chelems. Et Carlos Alcaraz s'y attelle inlassablement depuis des mois maintenant. "Les améliorations qu'il a apportées il y a un an étaient peut-être plus importantes à mes yeux qu'aujourd'hui. C'est ce qui lui a permis quand même de claquer plus ses premières, de trouver plus de puissance, parce qu'il est vrai que dans l'école espagnole, on est davantage dans la mise en jeu, car sur terre battue, on ne va pas forcément chercher à claquer des premières en se disant que ça doit être une arme redoutable. Après, à ce niveau-là, il faut faire évoluer les choses. Et continuer à progresser", estime Justine Henin.
Et le natif d'El Palmar en a bien conscience. "Je pense que tout le monde doit apporter des modifications, des petits détails. Pour moi, le service est quelque chose que je veux vraiment améliorer chaque année, à chaque tournoi. Je le travaille constamment, a reconnu "Carlitos" avant ce tournoi. Maintenant, avec ce mouvement au service, je me sens vraiment très à l'aise, fluide, avec un rythme très calme et paisible, ce qui, je pense, m'aide beaucoup à mieux servir." Et puis, s'il s'acharne à se bonifier, il y a un dernier facteur à ne pas oublier : sa rivalité avec Jannik Sinner, qui s'est activé depuis son revers à l'US Open pour être moins prévisible. Une rivalité qui le pousse, elle aussi, assurément à ne pas se reposer sur ses lauriers. Notamment pour son service.
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