Open d'Australie 2026 - Demi-finale Jannik Sinner - Novak Djokovic : La chatte à Nole, c'est à double tranchant

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Novak Djokovic a été incroyablement verni par les malheurs des autres dans cet Open d'Australie. Après le forfait de Jakub Mensik, Lorenzo Musetti a abandonné en quart mercredi alors que l'Italien dominait les débats. Physiquement, une aubaine pour Djokovic. Mais attention, cette économie d'énergie se traduit aussi par une absence de rythme qui explique peut-être en partie son non-match du jour.

La baraka de Novak Djokovic dans cet Open d'Australie 2026.

Crédit: Quentin Guichard

Jusqu'ici, Djokovic est resté à peine plus de neuf heures sur le court dans cette quinzaine. C'est très, très peu. Le scénario idéal, donc. Non ? Si… mais avec un énorme mais. Ce serait le cas si cela avait été la conséquence de cinq victoires expéditives et impressionnantes. Mais il doit cette statistique à Mensik et à Musetti bien plus qu'à lui-même. Paradoxalement, ce scénario pourrait aussi lui porter préjudice. Le revers de la médaille de sa baraka. "L'équation est complexe. D'un côté, il y a cette fraicheur et c'est un avantage pour lui, mais de l'autre, ça casse son rythme aussi. Or, il en a besoin parce qu'il ne joue pas beaucoup en dehors des Grands Chelems", tempère Justine Henin.
Le regretté Patrice Dominguez soulignait souvent à quel point le rythme d'un joueur est capital dans un tournoi du Grand Chelem. Tout ce qui éloigne de cette cadence est rarement profitable. Comme dans le cas de Pete Sampras à Roland-Garros, en 1996. La meilleure campagne de l'Américain à Paris. Pour atteindre les demi-finales, Pistol Pete était sorti vainqueur de trois marathons en cinq sets, le dernier en quart contre Jim Courier. Ce match avait eu lieu le mardi, lui offrant alors trois jours de récupération avant sa demie. Une bonne nouvelle ? "Pas forcément, avait prévenu Dominguez. Oui, cela lui donne du temps, mais quand le corps est habitué à jouer toutes les 48 heures, changer de rythme en plein tournoi est parfois compliqué." Sampras n'avait pas existé en demie contre Kafelnikov.
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Musetti a fait plier Djokovic, mais son corps a rompu : le résumé

Video credit: Eurosport

La situation de Djokovic ici est bien différente. Elle est même antinomique puisque son problème n'est pas de jouer trop, mais de jouer trop peu. Mais lui aussi est confronté à un problème de rythme. Il a joué son troisième tour samedi. Quatre jours ont donc séparé son 16e de finale de son quart contre Musetti. C'est peut-être une des raisons de sa piètre performance contre l'Italien, où il était hors sujet. "Je ne veux rien enlever à Musetti, a soufflé l'ancien numéro un mondial, à ses variations, à la qualité de son tennis aujourd'hui, mais j'ai vraiment sous-performé par rapport à ce que j'avais montré depuis le début du tournoi. Je ne sentais pas du tout la balle."

Ne pas être éteint par une ampoule

Quand il se présentera sur le court vendredi face à Jannik Sinner, Novak Djokovic aura joué deux heures et huit minutes en cinq jours. Totalement inhabituel dans un tournoi du Grand Chelem. Contre le double tenant du titre, il devra impérativement trouver le moyen de se mettre tout de suite dedans. "Honnêtement, ce n'était pas brillant, insiste Nicolas Escudé à propos de son quart de finale. Avant le prochain tour contre un Sinner, c'est un petit peu inquiétant. Réussir à passer un tel gap en niveau de jeu d'ici vendredi… Il l'a dit, ce match-là, il n'aurait jamais dû le gagner. Ses sensations n'étaient pas bonnes. Tennistiquement parlant, il n'est pas rassurant."
Les mauvaises nouvelles volant toujours en escadrilles, même la dimension physique n'est pas pleinement rassurante, en dépit de son faible temps de jeu. "Il a quand même eu du mal contre Musetti et ce choix d'être très offensif tient aussi au fait qu'il voulait abréger, parce qu'il avait énormément de mal, juge Justine Henin. Il a eu énormément de mal à entrer dans ce combat." "On le voit, il a cet énorme strap au niveau de l'épaule droite, puis il y a surtout son ampoule au pied", complète Escudé.
Ce dernier point est une vraie interrogation pour Novak Djokovic. "C'est ma principale préoccupation, confirme-t-il. Je n'ai pas d'autre gros problème. De toute façon, en fin de Grand Chelem, chacun a ses problèmes, tous les jours." Même celui qui n'a quasiment pas joué en seconde semaine, donc. "Pour l'instant, dit-il à propos de sa vilaine ampoule au pied, ce n'est pas encore au point où ça m'empêcherait de jouer et de bouger comme je le souhaite."
Il y a un an, le "Djoker" avait été contraint à l'abandon en demi-finale face à Alexander Zverev. Il sortait d'un duel intense de plus de trois heures et demie contre Carlos Alcaraz. Il semble à l'abri de ça, cette fois. Le danger est ailleurs : "Je vais devoir jouer beaucoup, beaucoup mieux, c'est certain. J'étais loin de mon meilleur niveau. Je dois changer ça".
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Djokovic, aubaines paradoxales : "Il n'est rassurant ni tennistiquement ni physiquement"

Video credit: Eurosport


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