Open d'Australie 2026 - Demi-finales messieurs - Alexander Zverev : "C'est la vie, il faut avancer"
Par Laurent Vergne
Publié 30/01/2026 à 12:22 GMT+1
Une de plus, pour Alexander Zverev... L'Allemand a servi pour le match vendredi en demi-finale de l'Open d'Australie contre Carlos Alcaraz, mais il a fini par rompre (6-4, 7-6, 6-7, 6-7, 7-5) après 5h27 de combat. Malgré la déception, légitime, il continue de croire que son tour viendra et tire de cette quinzaine de sérieux espoirs pour la suite de son année. Il veut se relever. Encore.
Alexander Zverev et Carlos Alcaraz.
Crédit: Getty Images
"Pour être honnête, je crois que je suis trop fatigué pour ressentir des émotions. Dans un jour ou deux, j'en aurai davantage, mais là, je suis juste épuisé." Calme, mais éreinté, Alexander Zverev est apparu défait, à tous les sens du terme, mais très posé à l'heure de mettre des premiers mots sur ce qu'il venait de vivre. Une nouvelle désillusion matinée de cruauté. Quasiment cinq heures et demie de combat et, au bout, la victoire qui se dérobe. Cette demi-finale de l'Open d'Australie est à ranger à côtés de quelques autres, comme sa finale de l'US Open 2020 contre Dominic Thiem. Comme ce jour-là, l'Allemand a servi pour la gagne. Comme ce jour-là, il lui a manqué quelque chose.
Il a pourtant mené 5-3 dans le dernier set. Il tenait presque cette victoire, après être revenu de deux sets zéro. Mais au moment de servir pour achever la bête blessée Alcaraz, pris par les crampes trois heures plus tôt, il s'est délité. "Franchement, je n'avais plus rien en moi, explique-t-il. A 5-4, normalement, j'aurais dû pouvoir compter sur mon service un peu plus, mais mes jambes ont arrêté de pousser. Ouais, c'est comme ça… C'est la vie, il faut avancer."
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Video credit: Eurosport
Son regret ? le deuxième set, pas le dernier
Même après avoir breaké d'entrée dans la manche décisive, il savait que le chemin serait encore long. Quand il sert pour la victoire, c'est comme s'il lui restait encore un match entier à gagner. Puis en face, c'était Alcaraz… "Je sais qu'il est fort physiquement, mentalement, qu'il est très dur à battre dans les matches en cinq sets, rappelle le numéro 3 mondial. Il l'a prouvé en finale contre Jannik l'an dernier à Paris (…) C'était un combat incroyable. Le dénouement est malheureux pour moi." Une fois encore, aurait-il pu ajouter.
S'il nourrit un énorme regret sur ce match, ce n'est pourtant pas ce jeu de service à 5-4 dans le cinquième set, mais plutôt celui à 5-3 dans le deuxième. "S'il avait pris le deuxième set, le match aurait vraiment pu être totalement différent", estime Mats Wilander. "J'aurais dû le gagner, confirme Zverev. Je n'ai pas joué un bon jeu au moment de conclure. Si j'étais revenu à un set partout, sachant qu'il a commencé à cramper dans le troisième, ça aurait probablement fait une grosse différence. Ironiquement, je n'ai pas beaucoup de regrets sur le cinquième. Mais là, oui."
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Video credit: Eurosport
Paradoxalement, on pouvait presque s'attendre à le trouver davantage touché moralement à chaud. Peut-être est-ce la fatigue physique, comme il le souligne, qui l'en empêche. Mais il retire une certaine fierté et quelques espoirs pour la suite. "Je crois que nous sommes tous les deux allés au-delà de la limite de ce qu'on pouvait donner, juge-t-il. Je suis fier de moi, de la façon dont j'ai réussi à revenir après avoir perdu les deux premiers sets. Oui, je suis déçu, mais c'est le début de l'année et si je continue de m'entraîner comme je le fais, si je continue de travailler sur ce que j'ai bossé à l'intersaison, je pense que ce sera une bonne saison pour moi."
L'US Open 2020, ce mal originel
Boris Becker veut le croire aussi. Son illustre compatriote, qui le sentait capable d'aller au bout dans cette quinzaine australienne, voit même plus loin : "Je maintiens ce que je disais. Il a joué du grand tennis ici. Avec cette forme, ce niveau et la passion qui est la sienne, je suis convaincu qu'il peut toujours gagner un tournoi du Grand Chelem avant la fin de sa carrière. Il peut y avoir des éliminations surprises, une blessure. Ils sont tous humains. Un moment ou un autre, il aura une opportunité." Mais n'en avait-il pas une Melbourne cette année ?
Le mal originel semble le poursuivre, encore et toujours. Comme s'il trainait tel un boulet cette finale de l'US Open 2020. Il aurait pu et dû devenir un vainqueur en Grand Chelem voilà plus de cinq années et régler ce problème. Tout, depuis, ne cesse de faire écho à cette défaite. "Celle d'aujourd'hui fait mal, mais je pense que celle contre Thiem, où il était clairement le favori, où il mène deux sets zéro et sert pour le match, c'était pire, tranche Becker. Je suis certain que s'il avait gagné ce jour-là, il aurait trois ou quatre Grands Chelems à son palmarès. Mais on ne peut pas changer le passé."
La question est de savoir si Zverev peut encore s'inventer un autre avenir que celui du "plus grand joueur de l'histoire à ne pas avoir gagné le moindre Grand Chelem", ce titre si peu enviable qui lui colle aux baskets et au destin.
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