Open d'Australie 2026 - La tornade Iva Jovic : "Elle a tout pour devenir numéro un mondiale", dixit Novak Djokovic
Par Laurent Vergne
Publié 27/01/2026 à 03:39 GMT+1
Iva Jovic est la grande révélation de ce début de saison et de cet Open d'Australie. La toute jeune Américaine, qui vient de fêter ses 18 ans, est en quarts de finale à Melbourne, sans avoir perdu le moindre set. Elle va défier Aryna Sabalenka mercredi. Quoi qu'il arrive, on va très vite la revoir. Suivie de près par Novak Djokovic, elle s'annonce comme une future très grande.
Iva Jovic
Crédit: Getty Images
Le grand huit du tableau féminin s'apparente à une guirlande de stars et de favorites. Les cadors de la WTA ont presque toutes répondu présent jusqu'ici. Aryna Sabalenka, bien sûr. Mais aussi Iga Swiatek, Elena Rybakina, Coco Gauff, Jessica Pegula… Les six premières du classement mondial sont toutes là. Elina Svitolina, un peu plus bas (12e) mais ex-numéro 3 et grande habituée de ces hauteurs en Grand Chelem, est également là. Puis il y a Iva Jovic. 18 ans depuis quelques semaines. L'invitée surprise ? Oui. Mais plus pour très longtemps.
Il ne fait guère de doutes qu'il va falloir s'habituer à la voir à ce niveau et même sans doute plus haut. À Melbourne, où elle est déjà tête de série, une grande première pour elle en Grand Chelem, elle a soufflé telle une tornade sur le premier quart du tableau féminin. Quatre victoires en quatre matches, pas un seul set perdu, le scalp de Jasmine Paolini, numéro 7 mondiale, et un carnage en huitième contre la malheureuse Yulia Putintseva, écartelée en 53 minutes (6-0, 6-1).
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Video credit: Eurosport
L'ascension de la jeune Américaine d'origine serbe est météorique depuis 12 mois. Elle pointait au 191e rang à la même époque l'an passé en arrivant en Australie. Puis, de révélation en explosion, elle s'est installée. Au mois de septembre, elle était devenue la plus jeune lauréate d'un tournoi en 2025, à 17 ans, en enlevant le WTA 500 de Guadalajara. Lundi prochain, après un gros début de saison (une demie et une finale avant Melbourne…), elle intègrera le Top 10, dans le pire des cas. Prototype de la joueuse moderne avec un tennis ultra-agressif à base de prises de balles précoces, cherchant constamment à avancer, elle détone aussi par sa personnalité, toujours souriante même si elle devient un animal sur le terrain. Elle a la fraicheur de son âge et la maturité d'une vieille briscarde. Sacré mélange.
Les conseils de l'idole Djokovic
C'est son père, un médecin né en Serbie (sa maman est Croate), qui l'a initiée au tennis et lui a servi d'entraîneur. "Il m'a en quelque sorte appris le style de tennis qu'il souhaitait que je pratique, explique-t-elle. Ce n'est pas un entraîneur officiel à proprement parler comme il y en a beaucoup, mais il m'a inculqué la bonne mentalité et l'importance de jouer avec de bonnes intentions. C'est la clé du succès à long terme. Alors, je suis reconnaissante pour tout ce qu'il m'a appris."
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Papa Jovic avait une idole. Un certain Novak Djokovic. Vrai modèle tennistique et même au-delà. Iva, toujours attachée à son pays d'origine où une partie de sa famille réside encore, a hérité de cette source d'inspiration. Petite, elle avait eu un autographe du "Djoker", glané à Indian Wells, où la Californienne a mis les pieds chaque année dès l'âge de cinq ans. "Il est une source d'inspiration. J'ai grandi en le suivant. J'ai une photo de lui, mais je ne l'ai encore jamais rencontré formellement. Je suis trop timide pour ça", confiait-elle, gênée, en mars dernier lors du premier Masters 1000 du calendrier. Depuis, les présentations ont été faites.
Novak Djokovic ne tarit pas d'éloges sur sa distante héritière. "J'ai fait la connaissance d'Iva l'année dernière, a relaté le boss au micro de Jim Courier samedi. Elle est très jeune, elle n'a que 18 ans. Je l'aime beaucoup, c'est une fille formidable qui a une famille très attachante et, bien sûr, je me sens plus proche d'elle en raison de ses origines serbes, donc je m'investis encore plus. Elle a tout pour devenir une future championne, une future numéro 1 mondiale, c'est tout ce que je lui souhaite en tout cas."
Il lui a même prodigué quelques conseils, comme ça, au détour d'une conversation, en début de quinzaine. Un moment fort pour la jeune Jovic. "C'était incroyable. Il est tellement intelligent et brillant, et il veut vraiment aider la jeune génération, s'enthousiasme-t-elle. Alors, je suis vraiment reconnaissante d'avoir eu ses conseils. J'espère pouvoir lui parler davantage et écouter ses conseils."
J'ai de la chance d'avoir une telle famille autour de moi
Elle avait un peu peur de ces premières rencontres avec l'homme aux 24 titres mondiaux. Parce que le personnage impressionne, mais aussi parce qu'elle redoutait qu'il ne soit pas à la hauteur de son imaginaire enfantin : "On pense toujours à ces moments où l'on va rencontrer ses idoles, et je pense que parfois, pour certaines personnes, ça peut être un peu décevant s'ils ne sont pas aussi gentils ou aussi ouverts qu'on l'avait imaginé. Je pense que ça arrive souvent : 'oh, waouh, ce n'est vraiment pas comme ça qu'on le voit à la télé. Il est presque encore plus gentil et plus attentionné hors caméra que ce qu'il montre."
Sa prochaine adversaire promet d'être moins gentille et attentionnée. Sur le court, en tout cas. Iva Jovic s'attaque à la meilleure joueuse du monde, Aryna Sabalenka. Trop haut, trop tôt ? Peut-être. Mais elle veut montrer la joueuse qu'elle est devenue sur un grand court, dans un grand tournoi, contre une grande joueuse. Il y a un an, au deuxième tour, elle avait été balayée par Elena Rybakina sur la John Cain Arena. "Elle m'avait botté les fesses et ça avait été une sacrée gifle pour moi, se souvient-elle. Mais je pense avoir fait du bon travail depuis, je suis plus forte physiquement, mais jeu a évolué aussi. Je suis en quarts de finale, face à ce qui se fait de mieux, c'est super pour moi."
Elle possède cette conscience du chemin à parcourir et la confiance d'y parvenir. Deux qualités indispensables pour se hisser tout en haut. Là encore, elle tient ça de son père. "Il est mon plus grand supporter et il croit toujours que je peux gagner, à chaque match, peu importe qui je joue, s'amuse-t-elle. J'ai de la chance d'avoir une telle famille autour de moi. Elle ne me regarde pas seulement comme une joueuse de tennis, elle veut surtout que je sois heureuse. C'est l'objectif ultime. S'ils veulent que je joue au tennis, c'est parce qu'ils savent que j'adore ça."
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