Open d'Australie 2026 - Quarts de finale - Lorenzo Musetti, de la poisse et des questions
Par Laurent Vergne
Mis à jour 28/01/2026 à 15:47 GMT+1
Lorenzo Musetti a déjà vécu ça, mais la force de l'habitude n'atténue pas la douleur. Alors qu'il avait remporté les deux premiers sets mercredi contre Novak Djokovic en quart de finale de l'Open d'Australie (6-4, 6-3), il a dû abandonner après quelques jeux dans le troisième acte. Trahi par son corps, à nouveau. Malchanceux, l'Italien ? Oui, mais il va devoir aussi se pencher sur les raisons.
Musetti a fait plier Djokovic, mais son corps a rompu : le résumé
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Lorenzo Musetti ne donne pas sa part en matière de cruauté. Celle que son corps lui inflige. Pour la deuxième fois en quelques mois, l'élégant italien vient de quitter un tournoi du Grand Chelem sur abandon. À Roland-Garros, en juin dernier, c'était en demi-finale, contre Carlos Alcaraz. Un match qu'il avait parfaitement entamé, qu'il pouvait espérer gagner. Cette fois, à Melbourne, c'est en quart de finale, contre Novak Djokovic, que le physique a dit stop. La frustration est plus immense encore, tant il était en train de survoler cette rencontre et d'enterrer le mythe serbe.
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- Musetti - Djokovic : L'incroyable coup de théâtre
Il était évidemment accablé à l'heure de revenir sur sa nouvelle mésaventure. "J'ai senti au début du deuxième set qu'il y avait quelque chose d'étrange dans ma jambe droite, a-t-il confié. J'ai continué à jouer, parce que je jouais vraiment, vraiment, très bien, et mon service m'aidait beaucoup, mais je sentais que la douleur augmentait et que le problème ne disparaissait pas." Il a remporté ce deuxième set, comme il avait dominé le premier, mais la fin, sa fin, était proche : "Quand j'ai pris le temps mort médical, pour rester trois minutes, je me suis assis, et quand j'ai recommencé à jouer, j'ai ressenti encore plus la douleur. Ce n'était plus possible."
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Le moment où Musetti a compris que sa cuisse l'avait lâché et son abandon
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Il y a ces fragilités sur le plan physique, qu'il devra négocier à l'avenir
L'argument de la malchance ou du poissard ultime s'avère toutefois un peu court. Il n'y a ni miracle ni malédiction. Il y a des raisons. Lorenzo Musetti doit les trouver, les cibler, les analyser et y remédier. "Il n'a jamais semblé aussi fort, c'est ça qui est terriblement frustrant pour lui. Mais ce n'est pas la première fois, rappelle Justine Henin. Il était déjà en souffrance l'année dernière, on l'avait vu à Monte-Carlo, à Roland-Garros également, déjà au niveau de la cuisse, du bas du corps. Il a pris une autre dimension en termes de classement, de victoires, de niveau de jeu. Mais il y a ces fragilités sur le plan physique, qu'il devra négocier à l'avenir."
Notamment en début de saison. Lorenzo Musetti avait décidé de jouer à Hong Kong avant de venir en Australie. Il y a atteint la finale, battu par Alexander Bublik. Au printemps 2025, il avait choisi de disputer les trois Masters 1000 terriens avant Roland-Garros. Il s'y était montré brillant, avec une finale sur le Rocher et deux demies à Madrid et Rome. L'avait-il payé au moment d'aborder sa demi-finale sur le Chatrier contre Carlos Alcaraz, où il disputait déjà son 23e match sur terre battue en quelques semaines ?
"Il y a souvent des organismes touchés et des joueurs déjà blessés en début de saison, souligne encore Justine Henin. C'est pour cela que des joueurs décident d'arriver ici à Melbourne sans préparation, ce qui n'était pas son cas. Mais il va encore prendre de l'expérience sur les choix à faire. Mais il n'est pas encore en train de penser à ça. Là, il doit être au fond du trou. Il sentait qu'une demi-finale était vraiment accessible pour lui."
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Djokovic, aubaines paradoxales : "Il n'est rassurant ni tennistiquement ni physiquement"
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La plus cruelle
Le malheureux intéressé confirme. Celle-ci est particulièrement dure à digérer. "Clairement", répond le Toscan quand on lui demande si cet abandon constitue le moment le plus douloureux de sa carrière. "Honnêtement, je n'aurais jamais imaginé ça, me retrouver dans cette situation, mener deux sets zéro contre Novak, jouer aussi bien, avoir le match en main et être obligé de me retirer comme ça… Bien sûr que c'est extrêmement douloureux", convient-il.
Ces blessures d'ordre musculaires ne sont jamais anodines ni tombées de nulle part. Dans ce quart de finale, c'est à nouveau sa jambe droite qui a tilté, comme à Roland-Garros l'an dernier. "C'était la même jambe, oui, mais pas tout à fait au même endroit", a-t-il toutefois précisé. Est-ce une affaire de gestion de calendrier ? Une question de tension lancinante dans ces matches à fort enjeu ? Pourtant, il était idéalement installé mercredi, sous-entendant que la question de la nervosité était peut-être marginale. Mais il devra identifier le pourquoi du comment.
À chaud, il avait un peu de mal à cibler l'exact endroit de sa blessure. "Je ne suis pas docteur, je ne sais pas si c'est l'adducteur ou… c'est par là en tout cas. Je vais faire les examens nécessaires, mais c'est dur à dire, là. Mais il va falloir que je réfléchisse au bon processus pour guérir et me remettre." En espérant que ce sera la dernière fois qu'il doit vivre ça.
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