Open d'Australie 2026 - Simple messieurs - La confusion des sentiments : Arthur Gea "super fier" et "un peu triste"
Par Laurent Vergne
Publié 22/01/2026 à 13:54 GMT+1
Arthur Gea a vécu un grand mais douloureux moment jeudi au 2e tour de l'Open d'Australie. Le Français de 21 ans a mené et dominé Stan Wawrinka, mais il a fini par céder (4-6, 6-3, 3-6, 7-5, 7-6). Dur. Alors, après une telle bataille, il oscille entre satisfaction et déception. Restera le souvenir d'une découverte et d'une promesse pour l'avenir. À lui de capitaliser dessus.
Quelle course de Gea ! La défense héroïque du Français face à Wawrinka
Video credit: Eurosport
"C'était incroyable." Bien sûr, Arthur Gea l'a mauvaise. Oui, il est déçu. Très déçu, même. On ne perd pas au super tie-break après plus de quatre heures et demie de baston sans être dévasté. Surtout quand il s'agit de vos premiers pas sur le circuit principal, qui plus est dans un Grand Chelem, contre une légende vieillissante mais toujours vivante du tennis. Le jeune Français a laissé bien malgré lui le dernier mot à Stan Wawrinka, 40 piges et trois Grands Chelems au compteur. Mais il s'en souviendra, c'est certain.
"Honnêtement, je ne sais pas trop comment le décrire, là, à chaud, a-t-il avoué à Eurosport jeudi soir à Melbourne. C'est le plus beau match de ma vie. Encore plus contre Stan, qui est une légende. Je suis super fier d'avoir livré ce combat, un peu triste de ne pas l'avoir gagné, mais je vais apprendre beaucoup de choses de ce match." Fierté et tristesse, les deux facettes des émotions qui le peuplent après cet énorme match.
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Un ascenseur émotionnel de 4h33 et Wawrinka écarte Gea au super tie-break
Video credit: Eurosport
Comme Djoko
Arthur Gea a résisté à beaucoup de choses sur la Kia Arena. À commencer par l'atmosphère, chaude et pas vraiment en sa faveur. Le public australien, et c'est tout sauf illogique, a envie de voir Wawrinka, ancien vainqueur du tournoi, aller le plus loin possible pour son ultime participation. "Au premier tour (contre Jiri Lehecka, NDLR), raconte-t-il, c'était un plus petit stade, mais ils étaient plutôt pour moi. J'avais quand même envie de voir ce que ça fait d'avoir tout ça contre soi, je préfère l'avoir avec moi, mais il faut s'habituer si on veut devenir très fort."
Il ne s'est pas démonté, n'affichant ni frustration ni agacement, avec une référence bien précise en tête. "Moi j'ai grandi en voyant Djoko contre le public, alors j'ai pensé un peu à ça pendant le match ça m'a aidé", confie le Français. Ce n'est pas cela qui a causé sa perte. Dans la tête, il a été extrêmement solide jusqu'au bout. Breaké dans le 4e puis dans le 5e set, il est revenu à chaque fois et a même obtenu derrière des opportunités de break pour passer devant.
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Les crampes de Gea, le panache de Wawrinka : revivez le super tie-break en intégralité
Video credit: Eurosport
Si quelque chose lui a manqué, c'est plus un soupçon de lucidité dans les derniers instants du match, en grande partie parce qu'il a dû composer avec un physique en souffrance au pire moment, lorsque le super tie-break a débuté. "J'ai eu des crampes, explique Gea. Je n'arrivais quasiment plus à marcher, j'ai cru que j'allais devoir m'allonger et qu'on allait devoir me sauver ! C'était très, très dur, mais j'ai réussi à limiter la casse. Mais au super tie-break, c'était trop compliqué. Lui il a beaucoup mieux géré ça."
Il faut apprendre, il est encore jeune
"Il découvre la gestion de ces matches en cinq sets, rappelle Nicolas Escudé. La gestion de la fin de ces matches, de la fatigue, de la tension, de la pression, qui est décuplée." Peut-être y avait-il un peu trop de choses à accumuler d'un seul coup pour Arthur Gea qui, rappelons-le, avait beaucoup joué ces derniers temps, entre sa victoire au Challenger de Nouméa juste avant l'Open d'Australie puis les qualifications de celui-ci avant le grand tableau. Cinq sets, plus de quatre heures, l'enchainement de matches de cette durée et de ce niveau, tout ceci est nouveau pour lui.
"Il se fait son petit bagage d'expérience, prolonge le "Scud". Ce sont des choses auxquelles il n'a encore jamais été confrontée. Ça va lui servir pour la suite. En tout cas, il a été bluffant, de par son parcours, le fait d'être sorti des qualifs, d'avoir battu Lehecka… Il n'est pas loin d'arriver à s'en sortir aujourd'hui. Il faut apprendre, il est encore jeune." "L'expérience, sur une fin de match, comme ça, c'est colossal, relève quant à elle Justine Henin. Que d'apprentissage en tout cas pour le Français, même si c'est dur de perdre ce type de duels."
Une découverte, un goût d'inachevé, et une promesse. Voilà le bilan de ce mois de janvier pour Arthur Gea, et plus particulièrement de ces derniers jours. "C'était plutôt cool, assure-t-il. Je vais être bien fatigué demain, mais je vais prendre le temps d'analyser tout ça." Pour résumer cette entame de saison, il dit "pas mal" dans un sourire. C'est même un petit peu plus que ça. "J'espère que la suite sera aussi bien, et j'espère surtout aller plus loin la prochaine fois." Il a envie d'y regoûter, et très vite. On le comprend.
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