Open d'Australie 2026 - Simple messieurs - "On ne se lassera pas des finales Sinner-Alcaraz"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 18/01/2026 à 17:33 GMT+1
Roland-Garros. Wimbledon. US Open. Open d'Australie ? Les trois derniers tournois du Grand Chelem se sont achevés de la même manière, par un duel terminal entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. Alors que l'édition 2026 du Majeur "Down Under" démarre, une nouvelle finale entre les deux meilleurs joueurs du monde apparaît plus que plausible. Et il n'est pas question de s'en plaindre.
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L'Open d'Australie a dispensé ses premiers coups de raquette dimanche à Melbourne. Dans pile deux semaines, ce sera l'heure de la finale dans le tournoi masculin, régi aujourd'hui par une seule et unique question : y a-t-il quelqu'un ou quelque chose qui pourrait empêcher Carlos Alcaraz et Jannik Sinner de se retrouver avec le titre comme enjeu ? Ce serait la quatrième finale de Grand Chelem consécutive entre les deux hommes, comme Novak Djokovic et Rafael Nadal entre Wimbledon 2011 et Roland-Garros 2012.
Il y a incontestablement eux et les autres. Plus que jamais. Pour le reste du circuit, l'horizon semble bouché, en tout cas pour ce qui est des ambitions ultimes en Grand Chelem. Alors, ne risque-t-on pas de se fatiguer à force de voir ces deux-là batailler l'un face à l'autre, tournoi après tournoi ? Boris Becker n'y croit guère. "Nadal et Djokovic se sont affrontés environ 50 fois. Federer et Djokovic, pareil. Personne ne se lasse de ça. On ne se lassera pas des finales Sinner-Alcaraz. Je ne le crois pas", juge sur Eurosport l'Allemand aux six titres majeurs.
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On ne va quand même pas reprocher à Sinner et Alcaraz d'être trop forts
Il en redemande, et il n'est sans doute pas le seul. "Je trouve que c'est une rivalité très saine et profitable pour le tennis, dit-il encore. Ils ont déjà créé une vraie attirance de la part des fans autour d'eux, de leur rivalité et c'est pour cela que le tennis est à nouveau extrêmement populaire. J'espère donc qu'ils vont continuer à gagner ensemble, parce que c'est bon pour le sport." Ce qui est certain, c'est que tant qu'ils seront en mesure d'offrir régulièrement des monuments comparables à ceux de leur finale de Roland-Garros l'an dernier ou de leur quart de finale à l'US Open en 2022, le risque de lassitude sera effectivement limité.
Puis, de toute façon, c'est aux autres de faire en sorte de perturber ce tango à deux. L'Espagnol et l'Italien n'ont aucune raison de lever le pied et encore moins de laisser la place. "Je crois vraiment que le titre en simple messieurs à Melbourne se jouera entre deux joueurs, estime Alex Corretja. Si je devais choisir entre Sinner et Alcaraz et les 126 autres joueurs, je choisirais sans hésiter Sinner et Alcaraz, car leur niveau de jeu ces deux dernières années les a nettement démarqués de tous les autres."
"On ne va quand même pas reprocher à Sinner et Alcaraz d'être trop forts, insiste Boris Becker. Vous ne pouvez pas leur reprocher ça. Ils font juste un boulot incroyable. C'est aux autres de trouver des solutions et de se dire 'Et si on changeait un peu le scénario ?' Je pense à un Zverev, un Musetti, un Djokovic, bien sûr, qui est encore capable d'atteindre une finale de Grand Chelem, particulièrement ici, à Melbourne."
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L'exception australienne
Autre argument qui plaide en leur faveur, selon l'ancien numéro un mondial et triple vainqueur de Wimbledon, les deux monstres du moment sont plus complémentaires qu'on ne l'imagine. "Ils ont en plus deux personnalités complètement différentes et même leur style de jeu n'est pas identique, plaide encore Becker. Je pense même qu'on ne peut pas faire plus différent que ces deux-là."
Sauf contre-performance brutale et majeure ou problème physique soudain, il est clairement difficile d'envisager autre chose que de nouvelles retrouvailles finales entre Jannik Sinner et Carlos Alcaraz. En 2025, ils avaient croisé le fer à six reprises avec le titre en jeu : trois fois en Grand Chelem (Roland-Garros, Wimbledon, US Open), deux fois en Masters 1000 (Rome, Cincinnati) et lors des ATP Finals. L'Open d'Australie avait constitué une exception. Peut-être la quinzaine qui s'amorce réparera-t-elle cette anomalie.
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Djokovic, lucide : "Je sais que Sinner et Alcaraz jouent à un autre niveau"
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Ici, Sinner, double tenant du titre, est chez lui, alors qu'Alcaraz n'y a encore jamais brillé. On ne l'a jamais vu dépasser le stade des quarts de finale. Suffisant pour envisager une autre affiche que celle-ci le 1er février prochain sur la Rod Laver Arena ? "Je ne serais pas du tout surpris de voir à nouveau Sinner affronter Alcaraz en finale, admet Tim Henman. Je ne vois que deux variables possibles : une blessure, ou un impact important au plan psychologique sur Alcaraz de sa séparation avec Ferrero."
Nous en sommes là. Pour envisager un autre dénouement qu'un 17e Sinner-Alcaraz, sans doute faudra-t-il compter sur des circonstances un peu exceptionnelles. Voire beaucoup. Mais qui s'en plaindra ? Pas grand-monde, a priori.
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