Open d'Australie 2026 - Simple messieurs - Stan Wawrinka, l'adieu heureux : "Je ne pouvais pas rêver mieux"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 24/01/2026 à 17:40 GMT+1
Jusqu'au bout, Stan Wawrinka aura lutté et plus que justifié son invitation. Le Suisse de 40 ans a sérieusement menacé Taylor Fritz lors du troisième tour samedi avant de finir par rendre les armes (7-6, 2-6, 6-4, 6-4). Comblé par son ultime Open d'Australie, l'ancien vainqueur du tournoi se dit heureux et reconnaissant. Fier, aussi, d'avoir prouvé qu'il pouvait encore être compétitif.
Stan Wawrinka
Crédit: Getty Images
Stan Wawrinka a profité jusqu'au bout, allant jusqu'à partager une bière avec Craig Tiley, le patron de l'Open d'Australie, sur la John Cain Arena. Malgré un gros match, probablement son meilleur de la semaine, de son propre aveu, le Suisse a dit adieu à ce tournoi qui aura tant compté pour lui. C'est là, il y a 12 ans, qu'il était devenu un vainqueur en Grand Chelem. L'ancien espoir, brillant mais inabouti, tapi dans l'ombre si imposante de Roger Federer, entrait à 28 ans dans la lumière. À l'âge où certains disent déjà adieu à leur "prime", ce n'était que le début pour lui.
C'est donc un grand champion qui quitte la scène australienne. À plus de 40 piges, et après un dernier combat perdu en quatre sets (7-6, 2-6, 6-4, 6-4) contre Taylor Fritz, il a réussi sa sortie. "Il y a un peu de tristesse, mais beaucoup de joie, a-t-il glissé au micro d'Eurosport. Encore une fois, l'atmosphère était incroyable, j'ai reçu tellement de soutien, il y a tellement de monde qui a essayé de me pousser, de me donner de l'énergie sur le terrain. Dans l'ensemble, c'était un très bon match, Taylor a été tout simplement plus fort, c'est un joueur compliqué à battre, mais je suis content de ce que j'ai produit tout au long de la semaine."
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Fritz résiste à un Wawrinka qui tire sa révérence : Les temps forts en vidéo
Video credit: Eurosport
Fritz admiratif
On a même cru qu'il serait capable de scalper le finaliste de l'US Open 2024. Sans doute les efforts consentis lors de ses deux premiers matches ont-ils pesé. Dommage. " À 40 ans, je sais bien que je ne vais pas récupérer de la même façon, rappelle le Vaudois. Aujourd'hui, j'ai encore mieux joué tennistiquement, je n'étais pas loin de le pousser encore plus. Forcément, on vaut toujours plus, mais honnêtement, je ne pouvais pas rêver mieux pour mon dernier Open d'Australie, surtout avec tout ce soutien. Je n'avais jamais vécu ça."
"C'était difficile de jouer dans ces conditions, mais je le comprends parfaitement", témoigne Taylor Fritz, qui a dû se boucher les écoutilles pour tenter de rester hermétique à cette ambiance proche de la Coupe Davis. Le Californien a fait le job pour éviter que la fête helvétique ne se prolonge, mais il ne masque pas une profonde admiration : "Je lui ai dit au filet que ce qu'il faisait était incroyable. Le simple fait d'être capable de faire ça à son âge, c'est impressionnant. Mais surtout, il y a son état d'esprit, sa passion, son amour pour le jeu et son esprit de compétition, parce qu'il n'a absolument rien à prouver. J'espère avoir autant de passion pour le tennis plus tard."
Stan Wawrinka avait toujours en lui quelques atouts du "Stan the man" de jadis. Ce qui est certain, c'est qu'il n'oubliera pas ces premières semaines de janvier, de la United Cup à cet Open d'Australie. À Melbourne, où il possède pourtant deux décennies de souvenirs souvent forts et prestigieux, il n'est pas loin de penser que les derniers seront aussi les plus marquants. "J'ai beaucoup de beaux souvenirs ici, mais franchement, ce qu'il s'est passé il y a deux jours quand j'ai gagné mon match sur la Kia Arena (contre Arthur Gea, NDLR) est sans doute tout en haut, assure-t-il. Surtout avec ce scénario, 7-6 au 5e set, voir le plaisir que le public prenait et moi aussi. C'était vraiment spécial."
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Wawrinka : "Avoir autant de bruit sur un terrain est un pur bonheur"
Video credit: Eurosport
Je garde un esprit de compétiteur
L'ancien numéro 3 mondial avait promis que cette dernière année ne serait pas juste une tournée d'adieux. Telle était sa volonté. Dire au revoir, oui, mais en restant le plus compétitif possible. Ce pari-là a été gagné en Australie, tant il y a longtemps qu'on ne l'avait pas vu aussi fringant. "Je prends du plaisir, mais je le prends aussi parce que peux rivaliser. Mon état d'esprit, c'est ça. Une fois que je suis éliminé, c'est l'heure des adieux, des remerciements. Mais je garde un esprit de compétiteur." Tout le monde a pu le constater à Melbourne Park.
La suite ? Après son bon Open d'Australie, Wawrinka va se retrouver à nouveau tout près du Top 100. Mais au moins à court terme, il a encore besoin de wild-cards pour entrer dans les tableaux, comme ce fut le cas ici. Aucun problème, il en aura à foison. Et il veut jouer, autant que possible, dans la limite du raisonnable bien entendu. "Je vais voir comment je récupère dans les prochains jours, parce que je ne suis pas aussi frais que je le souhaiterais, mais je songe à la suite, oui", glisse le triple vainqueur en Grand Chelem.
Elle va venir très vite, a priori : "Je pense être à Montpellier et Rotterdam en Europe, et probablement Dubaï ensuite. Je suis reconnaissant qu'on me donne toutes ces opportunités de m'aligner dans ces tournois." Après avoir été un des héros de la première semaine de "l'Australian", on voit mal qui pourrait lui refuser quoi que ce soit.
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