Open d'Australie - simple messieurs - Arthur Gea va se frotter au géant Wawrinka au cœur d'une montée en puissance qui remonte au moins de novembre

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Arthur Gea s'apprête à affronter un grand nom du circuit en la personne de Stanislas Wawrinka, au deuxième tour de l'Open d'Autralie, jeudi. Vu de sa forme actuelle, le Français rêve d'un succès, après une série de victoires impressionnante, une arrivée en fanfare dans son premier Grand Chelem et un mois de novembre durant lequel il a fait tomber des noms prestigieux en toute discrétion.

Futur adversaire de Wawrinka, Gea a déjà un plan : "À 40 ans, je vais essayer de le faire courir..."

Video credit: Eurosport

"Il se sent très bien, il a gagné assez de confiance sur les derniers matchs." Avant que son poulain n'affronte Stanislas Wawrinka, Gerard Melzer, l’entraîneur d’Arthur Gea, dépeint un joueur en pleine bourre. Évidemment, il vient de réaliser le plus grand exploit de sa jeune carrière en sortant le 19e joueur mondial au premier tout. Reste que cette montée en puissance et cette prise de confiance remontent à un peu plus loin que ces dernières semaines.
Au mois de novembre, le tennisman de 21 ans s’est discrètement offert le scalp de plusieurs joueurs du top 80 mondial. Après la saison dernière terminée sur le circuit Challenger par une défaite sèche en deux sets au premier tour à Lyon, le pensionnaire du TC Marignane s’est lancé dans le championnat de France interclubs où il a fait un peu plus que briller. Le club des Bouches-du-Rhône, qui était pressenti pour se bagarrer pour le maintien dans sa poule, a finalement bouclé l’exercice invaincu et décroché la deuxième place du groupe. Un exploit qui n’était jamais arrivé au TCM dans son histoire en Pro A, auquel Gea n’est pas tout à fait étranger. 

Mannarino, Dzumhur et Van de Zandschlup

Entre le 15 et le 23 novembre, celui qui vient de se révéler aux yeux du grand public a battu successivement Adrian Mannarino (69e, 7-5, 6-3), Damir Dzumhur (66e, 6-2, 6-3) et Botic Van De Zandschulp (75e, 6-7, 6-4, 10-7). Gea s’est aussi incliné contre des profils moins clinquants, mais les résultats parlent d’eux-mêmes, il est capable de hausser le ton quand le contexte le demande.
Cerise sur le gâteau, il a converti cette belle forme en montrant plus de régularité pour remporter début janvier son premier tournoi Challenger à Nouméa. Était-ce prévisible pour autant ? "On ne pensait pas qu'il gagnerait le Challenger de Nouméa et ensuite qu'il enchaînerait par trois tours de qualifs et qu'il batte Lehecka", avoue tout de même Frédéric Roos, capitaine de l’équipe première du TC Marignane et directeur sportif du club, au micro de Maritima, un média local.
Car battre des noms dans le circuit par équipes ne donne aucune garantie lorsque la saison reprend. " Il faut faire toujours attention par rapport aux joueurs qu'on peut battre à ce moment-là, parce que ça peut être de très bons matchs, mais les joueurs ne sont pas forcément préparés à ce moment-là pour jouer les matchs par équipe, tempère notre consultant Arnaud Clément. Ils sont en préparation hivernale, donc il peut y avoir pas mal de surprises."
Donc retrouver aussi haut aussi tôt, sans même parler d'Open d’Australie, reste une surprise, juge Arnaud Clément : "Parce que le début d'année est assez exceptionnel avec son Challenger à Nouméa qui est en général qui est assez relevé, ce n'est pas donné à tout le monde de le remporter. Très clairement, il a franchi un cap important. »

Des qualités qui ne demandaient qu'à être affûtées

L'ancien joueur connaît bien le jeune homme, qu'il a déjà rencontré dans ses jeunes années de tennis dans le sud de la France, et avec qui il a même déjà partagé un court. "J’ai eu l'occasion de jouer une fois avec lui il y a deux ans, quelque chose comme ça. Quand on est en face, la frappe, c'est quelque chose qu'on ressent très clairement. La balle va vite, la balle est lourde, il a une vraie présence athlétique de l'autre côté du filet", se rappelle-t-il. Soulignant tout de même "des progrès à l'époque au niveau du service. Mais j'ai l'impression que le travail a été fait. Aujourd'hui, il est de plus en plus complet comme joueur."
Cette dimension athlétique sera une carte dans sa manche contre un Wawrinka qui dispute la dernière saison de sa carrière. D'autant qu'il aura 45 minutes et un set de moins dans les jambes que le Suisse, un peu plus accroché durant son premier tour. Même si "ce qu'on a vu de Stan Wawrinka, c'est pas mal du tout", rappelle Arnaud Clément, qui prend garde à ne pas vendre la peau de l'ours. Le match se jouera sur la Kia Arena, le genre d'écrin que le Provençal découvre encore. Qui plus est face au doyen du tournoi, triple vainqueur en Grand Chelem, dont un titre à Melbourne en 2014. Mais ça n'empêche pas au Français de croire malicieusement en ses chances.
Ce n’est pas un secret qu’on va essayer de le faire courir
Plein de confiance, avec toute la fougue - et peut-être un peu l’impertinence - de sa jeunesse, Arthur Gea avait lancé dans un sourire, après sa victoire, qu’"à 40 ans, ça doit être compliqué de faire bouger les jambes." Rappelant au passage que Wawrinka, qui dispute la dernière saison de sa carrière, est plus âgé que son coach. L’entraîneur en question prend un peu plus de pincettes et rappelle tout de même son respect immense pour "Stan" et "ce qu’il a fait dans sa carrière". "Mais je pense que ce n’est pas un secret qu’on va essayer de le faire courir un maximum, de ne pas le laisser frapper trop de balles depuis la même position. Et on verra bien", conclut Gérard Melzer.
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