Un zéro pointé dès le 2e tour ? Chez les Françaises, à l'Open d'Australie, la quête d'un miracle sans Loïs Boisson

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Il faudrait un, voire deux exploits pour qu’une Française atteigne le troisième tour de l’Open d’Australie. Sans Loïs Boisson, les chances tricolores dans le tableau féminin s’annoncent de nouveau bien minces, à Melbourne, où trois des quatre Françaises vont affronter une joueuse mieux classée dès le premier tour. Pour Sarah Rakotomanga, ce sera même la n°1 mondiale Aryna Sabalenka d'entrée.

Boisson trop forte trop tôt ? "Sa fragilité physique va peut-être la rattraper toute sa carrière"

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Faut-il y voir une mauvaise coïncidence ? Il y a tout juste vingt ans, Amélie Mauresmo remportait son premier tournoi du Grand Chelem à l’Open d’Australie. Cette année-là, dix autres Françaises l’accompagnaient dans le tableau principal. En 2026, à Melbourne, elles ne sont plus que quatre. Elsa Jacquemot (55e), Varvara Gracheva (74e), Léolia Jeanjean (101e) et Sarah Rakotomanga (118e, WC) auront la lourde tâche de porter à elles seules les minces espoirs français dans le tableau féminin.
Amputée de Loïs Boisson, meilleure Bleue au classement WTA, cette délégation tricolore perd en qualité, mais surtout en densité, quand les garçons seront quinze dans le tableau final. Un facteur non négligeable : "À l’époque, quand on était douze, il y avait une stimulation, se souvient Camille Pin, ex-61ᵉ mondiale. On se pousse forcément. Quand tu es 60e et que tu as cinq autres Françaises devant toi, tu ne te dis pas ‘Ça y est, j’y suis’. Quand un [Alexandre] Müller qui est 80e voit Ugo Humbert dans les quinze premiers… Ils se poussent tous un peu. Je crois beaucoup à cet effet de groupe."
Pour Camille Pin, la marge de progression des Françaises n’est pas à trouver au niveau du jeu. "Le jour où elles vont vraiment pouvoir enchaîner des saisons complètes, on peut avoir cinq, six filles dans le top 50. Aujourd’hui, tennistiquement parlant, Elsa [Jacquemot], Diane [Parry] et Clara [Burel] ont été dans le top 50 en ayant joué la moitié de l’année." Diane Parry a chuté au classement après une blessure au genou gauche, entre novembre 2024 et avril 2025. Clara Burel n’a, elle, plus joué depuis sa rupture du ligament croisé du genou, le droit cette fois, en avril 2025. 

Un tennis plus exigeant "physiquement"

Elsa Jacquemot, la mieux classée des Bleues à Melbourne (55e), a d’ailleurs cherché à s’endurcir avant la saison. "Il faut augmenter la puissance du bas du corps, on peut aussi grappiller sur l’explosivité du haut et la souplesse, confiait sa préparatrice physique Charlotte Ducos dans les colonnes de L’Équipe, le 31 décembre. Et optimiser toute la prépa invisible : l’alimentation, le sommeil, l’hydratation…"
Y aurait-il un manque à gagner dans la préparation des joueuses ? "Est-ce qu’aujourd’hui, il ne faudrait pas faire évoluer, se rapprocher un peu de l’école espagnole, faire des choses plus rébarbatives [à l’entraînement], très physiques, au détriment de la technique ?", questionne Camille Pin, qui voit l’évolution du tennis professionnel, devenu si âpre "physiquement et mentalement". Même si la carence est à nuancer : "Je trouve que les préparateurs physiques sont très pointus, en France, affirme l’ancienne pro. Ce n’est pas comme si on avait toujours mis le physique de côté. Mais il y a une endurance à trouver." 
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Léolia Jeanjean à Perth, le 6 janvier 2026.

Crédit: Getty Images

Car entrer dans le Top 100 est déjà une prouesse, et y retrouver sa place après une blessure revient parfois à réitérer l’exploit. Diane Parry n’a pu remonter au-delà de la 93ᵉ place mondiale, depuis sa blessure. Aujourd’hui 122ᵉ, la Niçoise a été éliminée dès le premier tour des qualifications à Melbourne par à la Russe Elena Pridankina, 189ᵉ mondiale. 
Ce n'est pas une science exacte, le tennis
Aucune Française, parmi les douze engagées en qualifications, n’a atteint le troisième tour de celles-ci. Et vu le tirage réservé à celles qui disputeront le tableau principal, il faudrait une belle surprise pour qu’une Tricolore passe plus d’un tour. Dans le détail : Sarah Rakotomanga affrontera d’entrée Aryna Sabalenka (1ʳᵉ mondiale), Elsa Jacquemot (55ᵉ) débutera par l’Ukrainienne Marta Kostyuk (20ᵉ), finaliste malheureuse à Brisbane, où elle avait éliminé trois Top 10 (Amanda Anisimova, Mirra Andreeva et Jessica Pegula). Pour Léolia Jeanjean (101ᵉ), ce sera Maria Sakkari (52ᵉ), ancienne troisième mondiale. Seule Varvara Gracheva est épargnée, puisqu’elle défiera une joueuse moins bien classée au premier tour (Viktoria Golubic, 81ᵉ). Mais elle pourrait retrouver Elena Rybakina, vainqueure du Masters, dès le suivant.
Si la passe est difficile, les perspectives ne manquent pas. "Il y a des périodes dans tous les pays, relativise Camille Pin. J'ai toujours été extrêmement optimiste, parce que je pense que la formation française est super bonne. Ce n'est pas une science exacte, le tennis. Même si tu mets tout en place, les individus restent des humains." Et à court terme, l'éventualité d'une révélation-surprise n'est pas à exclure. L'histoire récente l'a suffisamment démontré.
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