Open d'Australie 2027 : Le nouveau Zverev et un duo Sinner - Alcaraz de retour à 100% ? Si c'est le cas, vivement Melbourne !
Par Laurent Vergne
Mis à jour 15/09/2026 à 18:18 GMT+2
En Grand Chelem, la saison 2026 aura été aussi intéressante que frustrante. Alexander Zverev en aura été le grand bénéficiaire, mais les problèmes physiques de Carlos Alcaraz puis de Jannik Sinner ont gâché en partie le spectacle. Mais si les trois sont là et au top en janvier prochain, l'Open d'Australie peut s'avérer particulièrement riche. Alors, cette année de transition aura valu le coup.
"Tant qu'il n'aura pas battu Sinner et Alcaraz, on ne pourra pas parler d'ère Zverev"
Video credit: Eurosport
Lors de sa conférence de presse d'après-finale, Alexander Zverev a fait face à une question à la fois très légitime et tout aussi délicate : sachant qu'il a remporté deux des trois derniers tournois du Grand Chelem, pense-t-il être aujourd'hui le meilleur joueur de tennis au monde ? Après avoir soufflé et lâché un "Je ne sais pas comment répondre à ça" embarrassé, il a fini par s'y coller et le bougre s'en est plutôt bien tiré. Voici sa réponse :
"Il faut tout prendre en compte. Avec Jannik Sinner blessé et Carlos Alcaraz qui revient de blessure après quatre mois, eh bien, à l'heure actuelle, probablement que oui. S'ils étaient tous deux en bonne santé et au sommet de leur forme, peut-être pas. Mais si l'on considère la situation actuelle, avec Jannik blessé et Carlos revenant de blessure, c'est possible. Je veux dire qu'il y a quatre ou cinq mois, quand ils étaient tous les deux en bonne santé, ce n'était pas le cas. Je perdais tout le temps contre Jannik. Donc, si tout le monde est en bonne santé, je pense que Jannik a toujours une longueur d'avance. C'est aussi simple que ça".
Finalement, il savait donc comment répondre à ça et il aurait pu le faire moins intelligemment. Zverev n'a jamais été aussi haut qu'il ne l'est en ce moment et ces trois derniers mois ont à l'évidence changé tout à la fois son statut, la vision que l'on a de lui et probablement la vision qu'il a de lui-même. Il ne sera plus jamais tout à fait le même joueur, désormais. D'autant que, trois mois après son libérateur sacre parisien, il a déjà répondu à toutes les questions que l'on pouvait se poser au soir de sa victoire sur le Chatrier contre Flavio Cobolli. Celle-ci, notamment : maintenant qu'il a enfin gagné un Majeur, va-t-il être rassasié ou cela va-t-il lui ouvrir l'appétit ?
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Lui-même n'avait pas réalisé : le moment où Zverev a compris qu'il avait gagné l'US Open
Video credit: Eurosport
La finale de Wimbledon, un simple avant-goût
Aujourd'hui, nous savons. Il en veut d'autres, il en veut plus. Il ne lui aura pas fallu attendre longtemps pour doubler la mise, en remportant l'US Open. Dans l'intervalle, il a aussi atteint la finale à Wimbledon, un tournoi où il ne s'était jamais exprimé correctement. Mieux, sa défaite contre Jannik Sinner à Londres a peut-être montré dans un étonnant paradoxe à quel point il avait changé. C'était peut-être son meilleur match de l'année, compte tenu du contexte, face à ce joueur qui lui pose des problèmes tellement insolubles. Ce jour-là, il n'a pas été loin de les résoudre.
Sascha Zverev a été remarquable cette année en Grand Chelem, et même un peu plus que cela. Mais il est trop intelligent pour ignorer les circonstances de ce qui s'apparente à une forme de braquage parfaitement légal. "Il faut tout prendre en compte", comme il le dit lui-même. Non, il n'est pas aujourd'hui, dans l'absolu, le meilleur joueur du monde, et il ne le sera pas davantage si (on serait presque tenté de dire plutôt "quand") il devient en prime numéro un mondial ces prochaines semaines. Pas plus que ne l'était Daniil Medvedev quand il avait détrôné mathématiquement Novak Djokovic en 2022.
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"Ce qui mine le plus Djokovic, c’est que son mental ne suffit plus"
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Mais ce que nous venons de vivre ces derniers mois a une réelle vertu. Peu importe le contexte, Sascha Zverev en a profité pour prendre une nouvelle épaisseur. Pour faire simple, il est enfin en train de devenir le joueur que nous attendions qu'il soit depuis quasiment une dizaine d'années. En Grand Chelem, il a perdu deux matches cette saison. Un contre Carlos Alcaraz à Melbourne, l'autre face à Jannik Sinner à Londres. En Australie, où il a servi pour le match en demi-finale, il n'avait pas encore opéré sa mue. Le cas de Wimbledon est plus intéressant, car situé dans la foulée de son titre à Roland-Garros. Là, même battu, il a peut-être livré son meilleur match de l'année en Grand Chelem.
Cette finale aura ainsi esquissé ce à quoi nous pourrions avoir droit l'année prochaine. D'autant que Zverev, depuis, a acquis encore davantage de certitudes avec son nouveau titre à l'US Open. Tout cela donne envie de revoir très vite à l'œuvre le nouveau Zverev face à un Alcaraz à 100%, ce qui n'était pas le cas à New York, où il était en phase de reprise, ou face au meilleur Sinner. Ce trio-là n'a peut-être pas tout à fait une gueule de Big 3, mais il peut donner à l'année 2027 la dimension dont 2026 a été privée. Si tout le monde est là, le vrai Sinner, le véritable Alcaraz et le nouveau Zverev, Melbourne peut atteindre des sommets. Croisons les doigts.
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Zverev 3e homme avec Alcaraz et Sinner ? "On ne peut pas encore parler de Big 3"
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