Pierre Paganini parle rarement. Mais quand il consent à s'exprimer, l'homme responsable de la condition physique de l'un des plus grands champions de l'histoire du tennis ne le fait pas pour rien. Mercredi, l'intéressé a accordé au quotidien suisse Tages Anzeiger un entretien riche en enseignements sur l'année qu'a traversée Roger Federer loin des courts après deux arthroscopies successives subies au genou droit. A moins de deux semaines du retour sur les courts du Suisse de 39 ans à Doha au Qatar (8-13 mars), son préparateur physique explique ainsi pourquoi le processus a été si long (13 mois).
Il y a un peu plus de quatre ans, Federer était déjà passé par la case chirurgie pour une procédure similaire sur le genou gauche. Il ne lui avait alors fallu que 6 mois, de sa défaite en demi-finale de Wimbledon 2016 à son retour triomphal à l'Open d'Australie 2017. Pourquoi est-ce si différent cette fois ? "Le genou était très fragile après deux opérations successives. C'est ce qui nous a fait avancer assez lentement. Nous sommes désormais dans la ligne droite finale, mais nous travaillons encore", dévoile Paganini en préambule.
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On travaille la réactivité en ce moment. Mais en termes de force pure, Federer est revenu au niveau qu'il avait avant les arthroscopies
Avant d'entrer davantage dans les détails. "La grande différence avec 2016, c'est que quand il avait fait une pause après Wimbledon, ses muscles étaient toujours là, dans le même état. Cette fois, il y a eu une interruption totale pendant laquelle les muscles se sont considérablement détériorés. Il y a eu beaucoup de temps entre la première opération en février et le mois de juillet quand nous nous sommes dit que nous pouvions commencer à travailler à nouveau progressivement. Les déséquilibres étaient alors extrêmes et ses muscles avaient besoin de beaucoup plus de temps pour récupérer."
Est-ce à dire que le retour au plus haut niveau du Bâlois, quadragénaire dans six mois, est inenvisageable ? Loin de là, selon Paganini, car beaucoup de travail a été effectué depuis. "Il s'entraîne pratiquement normalement désormais. Si vous le voyiez à l'oeuvre, vous vous diriez même que tout va bien, qu'il n'est pas blessé. Mais il ne faut pas oublier que c'est seulement quand toutes les étapes de la réathlétisation sont terminées qu'on commence à travailler la réactivité. Et c'est très important dans le tennis. C'est à ce moment-là qu'on peut voir si le puzzle se met bien en place. Nous en sommes là. En termes de force pure, Federer est revenu au niveau qu'il avait avant les arthroscopies", confie-t-il encore.

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Inscrit à Dubaï après Doha, mais pas encore sûr d'y jouer

Le seul vrai doute du préparateur physique concerne donc la confrontation du corps de son protégé à la compétition. Comment réagira-t-il au stress ? Pourra-t-il enchaîner les matches ? Nul ne le sait encore. Federer a beau être d'ores et déjà inscrit à Dubaï (14-20 mars), sa participation au tournoi émirati la semaine suivant Doha dépendra de la manière dont il aura encaissé cette grande reprise après plus d'un an sans jouer. Une chose est sûre : s'il voulait encore prolonger sa carrière, le Suisse devait en passer par cette opération au genou droit (renouvelée de manière imprévue) car l'articulation le gênait depuis plusieurs années.
Il avait réussi à s'en passer jusqu'en 2020 en faisant des exercices réguliers pour jouer avec la douleur malgré tout. Et Paganini reste sidéré par la volonté et la persévérance de l'homme aux 103 titres. "Quand un joueur de presque 40 ans doit faire des exercices qu'un joueur de 70 ans peut faire sans problèmes et se réjouit d'avoir fait des progrès le mardi par rapport au lundi, on peut dire qu'il est passionné, oui ! On me dira que je dis ça parce que je fais partie de son équipe. Mais c'est vrai. C'est un phénomène. Quand il a vu que ça allait bien après l'opération et qu'il a sauté pour la première fois au-dessus d'une haie, il était euphorique. Quand on voit ça, les émotions vous saisissent."

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Malgré l'âge, voir Federer rivaliser au plus haut niveau n'est pas exclu

Quatre ans après son premier come-back, Federer tente donc un nouveau pari insensé. Mais cette fois, le temps pourrait bien le freiner dans ses ambitions, de même que la progression des jeunes comme Daniil Medvedev, Alexander Zverev ou Stefanos Tsitsipas. "Est-ce que l'âge peut l'empêcher de gagner des titres ? Je ne crois pas non. Mais c'est un peu tôt pour répondre. C'est la 5e génération contre laquelle il joue. Les adversaires sont forts, et le tennis est chaque fois plus exigeant. Roger en a été le principal responsable. Mais j'aimerais souligner qu'il sait que la route sera plus longue", explique Paganini.
Une fois de plus, Federer s'est donné les moyens de continuer à rêver. Mais seule la compétition déterminera désormais la nature de cet ultime défi. Chant du cygne ou conte de fées ? Peut-être un peu des deux. Doha donnera une première tendance dans une dizaine de jours.
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