Pour Stan Wawrinka, il n'y a pas de débat : "Le GOAT ? C'est Djokovic, de loin"
Par Laurent Vergne
Publié 20/06/2026 à 14:56 GMT+2
Alors que sa retraite sportive se profile, Stan Wawrinka s'est longuement confié dans l'émission "First & Red" sur You Tube. Le Suisse y évoque notamment le joueur qui lui a posé le plus de problèmes sur un court et celui qu'il considère comme le plus grand champion de l'histoire. Et ce n'est pas le même. À ses yeux, Novak Djokovic a fini par tuer tout suspense dans la course au "GOAT".
Stan Wawrinka et Novak Djokovic à Wimbledon en 2023.
Crédit: Getty Images
Dans un long entretien accordé à l'ancienne joueuse russe Anna Chakvetadze, 5e mondiale en 2007, pour le "First and Red Show" sur You Tube, Stan Wawrinka s'est prêté au jeu du regard dans le rétroviseur pour évoquer sa carrière. Sa longue marche vers le succès, ses triomphes, ses doutes. Ses rivaux, aussi. Le Suisse est ainsi bien évidemment revenu sur son rapport aux trois plus grands champions de son temps, Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer. Jusqu'à être interrogé sur l'inévitable question : qui est le plus grand entre ces trois géants ?
Pour l'ancien numéro 3 mondial, qui vit à 41 ans ses derniers moments de joueur professionnel avant de prendre sa retraite, la question ne se pose pas. Elle ne se pose plus, en tout cas. "Au final, si l'on regarde qui est le meilleur joueur de l'histoire, le GOAT, c'est Novak Djokovic, de loin", estime le Vaudois. Et un des arguments massifs à ses yeux, c'est l'exceptionnelle longévité du Serbe au plus haut niveau : "Le fait qu'il joue encore, qu'il soit toujours numéro 3 ou 4 mondial, qu'il atteigne encore des finales de Grand Chelem, prouve qu'il est au-dessus. Il l'a démontré pendant tant d'années. Il a trouvé le moyen de battre tous les records et de tout gagner dans notre sport."
Pour autant, à l'heure de choisir celui qui, sur le court, lui a imposé le défi le plus insurmontable, c'est vers Rafael Nadal qu'il se tourne. Le Nadal terrien, bien sûr. "Le plus grand défi a été d'affronter Rafa en trois sets gagnants à Roland-Garros, dit le triple vainqueur en Grand Chelem. Son palmarès parle de lui-même. Nous savons tous ce qu'il a accompli là-bas. Alors oui, jouer contre Rafa à Roland-Garros a été le défi le plus difficile de ma carrière." Wawrinka a affronté Nadal à deux reprises porte d'Auteuil, en quarts de finale en 2013 et en finale en 2017. À chaque fois, il avait été balayé, sur un score parfaitement identique dans les deux cas : 6-2, 6-3, 6-1.
Alcaraz plutôt que Sinner
Invité au jeu des comparaisons sur un mode encore plus contemporain, "Stan the Man" n'a pas davantage joué les Normands pour donner son avis sur Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. "Si je devais en choisir un, j'opterais pour Alcaraz, glisse-t-il. Il est plus polyvalent et possède davantage de possibilités tactiques. Ils sont tous les deux bien meilleurs que les autres joueurs." Peuvent-ils viser les palmarès délirants des géants ? "Si vous vivez dans l'instant présent et que vous voyez ce qu'ils font maintenant, vous allez dire 'oui, bien sûr, parce qu'ils gagnent tout', mais qui sait ce qui va se passer dans deux, trois, quatre, cinq ans ? Regardez Carlos, qui est blessé aujourd’hui. Ce qui était impressionnant avec le Big 3, c'est qu'ils ont duré 15 à 20 ans au sommet de leur art."
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Sans préparation sur gazon : faut-il s’inquiéter pour Sinner ?
Video credit: Eurosport
Son sommet à lui fut plus bref, pour une raison simple : il a mis du temps à exploiter son potentiel. À 28 ans, il n'avait encore jamais atteint le dernier carré d'un tournoi du Grand Chelem. Puis le déclic est venu. "En 2013, explique Wawrinka, j'avais déjà passé près de dix ans sur le circuit. J'ai intégré le Top 10 pour la première fois en 2008. J'ai ensuite évolué pendant huit ou neuf ans dans le deuxième échelon, entre la 13e et la 20e place. Je jouais du bon tennis, même très bien. Atteindre ce niveau est déjà extrêmement difficile. Mais il me manquait un peu de confiance en mes capacités à faire partie des meilleurs."
Il lui faudra paradoxalement une défaite, son fameux huitième de finale de l'Open d'Australie 2013 contre Novak Djokovic, pour qu'il se persuade que personne, pas même Djokovic ou un autre, n'était impossible à battre. "Ce match a complètement bouleversé ma façon de penser, assure-t-il. Au fond de moi, j'ai enfin commencé à croire que je pourrais un jour battre le numéro un mondial. Que je pouvais aller plus loin dans les tournois du Grand Chelem." Jusqu'à en gagner trois, donc. Son préféré ? Roland-Garros 2015 : "Parce que Roland-Garros a toujours été spécial pour moi. Je suis francophone, et jusqu'à 18 ans, j'ai joué exclusivement sur terre battue. Roland-Garros, c’était mon rêve."
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