Après Gea et Droguet, Kyrian Jacquet va entrer à son tour dans le Top 100 : Quand les seconds rôles fracassent les barrières

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Si le tennis français peine à briller au firmament du tennis, et s'il lui manque incontestablement un vrai grand champion capable de porter à nouveau cette discipline en France, son terreau reste toujours aussi fertile. Pour preuve, ces dernières semaines, trois joueurs ont coup sur coup réussi à franchir le seuil du Top 100. Kyrian Jacquet va très vite imiter Arthur Gea et Titouan Droguet.

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On (qui est un con, c'est bien connu) se montre souvent sévère avec le tennis français, dont les moyens que l'on qualifiera de non négligeables ne sont pas toujours en corrélation avec ses accomplissements au plus haut niveau. Encore faut-il s'entendre sur ce que l'on nomme "plus haut niveau". Si le Grand Chelem, seul dépositaire aujourd'hui du menacé et pourtant indispensable format au meilleur des cinq sets, constitue l'unique point de repère, alors, oui, le tennis tricolore, particulièrement chez les hommes, est aujourd'hui un nain dans le concert international, et la chose est aussi triste que déplorable.
Répétons-le une fois de plus, quitte à se faire mal avec la vitalité du masochiste, avec un minuscule quart de finale depuis le début des années 2020, celui de Gaël Monfils à Melbourne en 2022 dont nous "fêterons" les cinq ans en janvier prochain, la traversée du désert dans les Majeurs a quelque chose d'inédit dans l'ère Open. Peut-être Arthur Fils se chargera-t-il bientôt de mettre un terme à ce gaspi (ou un autre que lui, sait-on jamais) et il sera légitime d'espérer rapidement cela de lui compte tenu de son nouveau statut. Mais tout ceci ne doit tout de même pas faire oublier que la vitalité tennistique d'un pays ne se résume pas au Grand Chelem, même si c'est évidemment un indispensable porte-étendard.
Revenons à ce que Yannick Noah rappelait dans Retour Gagnant sur Eurosport, pas plus tard que ce mardi : "Un système peut amener des joueurs à un certain niveau, mais un champion, c'est autre chose. On ne créé pas des champions." Or, amener des joueurs à un certain niveau, ça, le tennis français sait faire. Plutôt très bien même. Même dans sa morosité actuelle, il en apporte encore la preuve. Rien que ces deux derniers mois, trois joueurs viennent d'intégrer (ou vont le faire) pour la première fois le Top 100, marqueur habituellement utilisé pour calibrer le haut niveau professionnel : Arthur Gea, Titouan Droguet et, d'ici peu, Kyrian Jacquet, grâce notamment à son bon parcours à Hangzhou, en Chine.

Une richeese à ne pas galvauder

Trois joueurs d'âges et de profils différents, chacun avec leur potentiel, leur parcours et leurs caractéristiques. Trois symboles d'une forme de richesse, à défaut d'opulence pour s'offrir les plus luxueux bijoux du circuit. Année après année, la France parvient à renouveler son vivier dans le Top 100, soit avec des jeunes comme Arthur Gea, soit avec des joueurs plus ou moins âgés qui percent après avoir écumé le circuit challenger durant plusieurs saisons. On pense à un Valentin Royer, un Quentin Halys, un Benjamin Bonzi ou un Arthur Rinderknech, ce dernier ayant même poussé jusqu'au Top 30, atteignant une finale de Masters 1000 en chemin. Pas le pire exemple à suivre. Les seconds rôles peuvent aussi se muer en premiers. Le Top 100 n'est alors qu'une étape.
Cette semaine, 12 Français figurent dans le Top 100. C'est une moyenne assez constante au fil des saisons. Le curseur descend parfois à 10, culmine de temps à autre à 14 ou 15. Le 15e joueur français, Giovanni Mpetshi Perricard, reste d'ailleurs tout près de la barre des 100, au 107e rang. Quand l'un sort, comme Valentin Royer ou Mpetshi Perricard, d'autres rentrent, comme Jacquet d'ici peu, ou Gea et Droguet cet été. Entrer dans le Top 100 est difficile, mais s'y ancrer et durer au-delà de quelques semaines ou mois l'est encore davantage. Le niveau moyen du circuit est très élevé et les places chères. Même autour de la 200e place, on trouve des joueurs capables de performer et autant de futurs candidats au Top 100, voire bien au-delà, à l'image d'un Valentin Vacherot l'an passé.
Gea, Droguet et Jacquet (qui, sans ses blessures, aurait sans doute crevé ce plafond bien avant) sont respectivement les 90e, 91e et 92e joueurs français à franchir ce seuil plus que symbolique. Au train où vont les choses, le 100e n'est peut-être pas si loin et pourrait être atteint d'ici trois ou quatre ans. Les prétendants, à plus ou moins longue échéance, ne manquent pas. Un Clément Tabur, un Clément Chidekh, un Felix Balshaw, sans oublier, évidemment, un Moïse Kouamé, destiné à y trouver sa place à court ou, au pire, moyen terme.
Cette richesse-là, à laquelle seuls les Etats-Unis et, à un degré moindre, l'Italie (huit Transalpins sont aujourd'hui dans les 100, et 14 Américains), ne doit surtout pas être galvaudée. Même si chacun peut légitimement déplorer que la réalité du quantitatif ne se transforme pas par une extrême qualité, non pas dans le Top 100, mais dans le Top 10, et, dans le Saint des saints, alias le Grand Chelem. Mais un champion, ça ne se créé pas. Pas plus que cela ne se décrète.
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"Fils a en lui des quarts de finale et des demi-finales de Grand Chelem"

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