Novak Djokovic, le chef-d'oeuvre tactique face à Alexander Zverev : "Comment ne pas être émerveillé par ça ?"

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Vainqueur d'Alexander Zverev en quatre sets et après une sacrée bataille (4-6, 6-3, 6-2, 6-4), Novak Djokovic a confirmé qu'il ne fallait pas l'enterrer de sitôt. À 38 ans, il a prouvé qu'il avait les cannes pour résister à la machine à renvoyer allemande. Mais son sens tactique a pris le dessus avec une arme fatale délirante : ses amorties de revers. Un bon indicateur de sa montée en puissance.

Novak Djokovic à Roland-Garros

Crédit: Twitter

Il ne faut jamais douter de Novak Djokovic. Pas en Grand Chelem, pas sur les plus grands courts, pas face à des rivaux qu'il a pris l'habitude de torturer. À 38 ans, la maxime reste plus vraie que jamais et, ce mercredi, le public comblé du court Philippe-Chatrier pourra le confirmer. Il n'aura jamais la grâce de Roger Federer, la puissance animale de Rafael Nadal, le jeu en sur-cadence de Jannik Sinner ou la créativité de Carlos Alcaraz. En revanche, d'un point de vue tactique, il est au-dessus de la mêlée.
Le pauvre Alexander Zverev l'a vite compris ce mercredi : le Serbe avait un plan, limpide, efficace, létal. L'Allemand voulait sans doute insister dans la filière longue, avec une bataille de fond de court. Il a passé son temps à faire l'essuie-glace avant d'être attiré, inévitablement ou presque, vers le filet. Les chiffres diffèrent mais racontent la même histoire : Djoko a usé et abusé des amorties pour casser le rythme de l'Allemand.

43 amorties

"Le niveau d'intelligence tennistique qu'il a montré ce soir, sans point faible, avec des points courts qui succédaient à des échanges plus longs… Et ce n'étaient jamais des points écourtés par dépit, c'était toujours choisi et avec un haut pourcentage de réussite, témoignait Mats Wilander après la rencontre. Il a fait 43 amorties, donc 30 gagnantes et il continuait d’en faire jusque dans le dernier jeu. Comment ne pas être émerveillé par ça quand vous commentez ce gars-là ?"
Si l'on devait imager son match, il faudrait se figurer une boîte à outils qui déborde d'ustensiles. Et l'artisan Djokovic qui choisit systématiquement le bon avant chaque point. Du service-volée après un service extérieur, une bataille dans la diagonale de revers avant de casser le rythme, des slices appuyés et rasants : ce fut un régal visuel avec un arsenal au complet et affuté.
Le tout en modifiant son plan en fonction des éléments, comme le vent sur ce dernier set qui l'a poussé à toujours plus utiliser l'amortie et finir de détruire les jambes du pauvre Zverev, complètement sans réponse face à ces variations. "A un moment, j'ai eu l'impression de ne plus pouvoir gagner un point en fond de court contre lui, il avait réponse à tout", a d'ailleurs commenté l'Allemand, lucide mais dépité.

Je ne l'avais pas encore vu à ce niveau cette année
Ce quart de finale remet quelque peu l'Eglise Djokovic au milieu du village ATP. "Je trouve qu'il est sous-coté", a même lâché Zverev, rappelant que, cette année, en Grand Chelem, il avait battu Alcaraz et lui-même, soit deux résultats extraordinaires pour 99% du circuit. Sa science du jeu lui a permis, ce mercredi, de s'économiser de longs rallyes exténuants. Et de retrouver des coups signatures qui attestent de sa montée en puissance.
"Pour Djokovic, c’est un super indicateur sur son réalisme et sa lucidité actuelle", nous disait Arnaud Clément en 2020 à propos de ces délicieuses et mortelles amorties de revers. Cinq ans après, la donne n'a pas changé. Et, face à Sinner, il faudra sans doute encore innover. Zverev a finalement résumé le sentiment général ce mercredi à Roland-Garros : "Je ne l'avais pas encore vu à ce niveau cette année". Au bon endroit, au bon moment. Il n’y a jamais de hasard, surtout avec lui…
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