ROLAND-GARROS 2006 - David Nalbandian

Joueur complet, adepte de la terre battue, numéro 3 mondial sans complexe face aux numéros 1 et 2, David Nalbandian est l'outsider le plus dangereux des Internationaux de France.

Roland-Garros
Jouanno vote Auteuil
03/12/2010 À 15:46

L'Argentin, qui a participé au moins aux demi-finales de chaque tournoi du Grand Chelem, est à la hauteur du défi lancé par le Suisse, lequel veut réussir le "Petit Chelem". Il est simplement capable de contester à Federer une place en finale du tournoi, qu'aucun des deux joueurs n'a jamais atteint.

Robuste fils d'une famille d'origine arménienne, Nalbandian a toutes les qualités pour remporter un Grand Chelem. A défaut d'avoir déjà réussi à décrocher la place de numéro 1 mondial, il a tout pour devenir le "Federer des Argentins" mais dans un style qui lui appartient.

Le Federer des Argentins ?

Ce que le Suisse allège, le natif de Cordoba l'alourdit. Federer est un montagnard, Nalbandian est un "gaucho", mais les deux savent voyager. Federer se déplace mieux et plus vite sur un court, mais Nalbandian sait mettre du poids dans la balle comme nul autre.

Chef de file du clan argentin depuis son adolescence, aux côtés de Guillermo Coria et loin devant Gaston Gaudio qui s'est pourtant déjà imposé à Roland-Garros, David brille par sa régularité et sa polyvalence. Il peut battre n'importe qui sur n'importe quelle surface. En 2002, il atteignait la finale de Wimbledon à la surprise générale. Un an plus tard, le règne de Federer débutait dès sa victoire en Angleterre.

Federer, le meilleur ennemi possible

Nalbandian n'a jamais croisé le fer avec... Rafael Nadal. Son adversaire, disons son meilleur ennemi, est encore celui qui croise sa route à Paris vendredi. "Nous avons souvent joué en juniors, nous nous connaissons bien" affirme David. Roger Federer a perdu six fois face à l'Argentin en onze rencontres.

En Grand Chelem, ils se sont déjà croisés quatre fois (deux victoires chacun à l'Open d'Australie et l'US Open), en Masters Cup, trois fois, dont une finale perdue en novembre dernier par Federer à Shanghaï. Sur terre, leurs seules références communes sont leurs deux duels à Monte-Carlo 2002 (victoire facile de Nalbandian) et Rome 2006 (victoire arrachée par Federer). "A Rome, il faisait très chaud, la balle rebondissait très haut, c'était plus rapide. Il y a forcément une différence". Nalbandian se rassure. A Shanghaï, il avait pourtant trouvé le moyen de "neutraliser" son rival, "en jouant à plat ou lifté sur le revers."

"A Rome ? C'était différent !"

Cette année, après avoir maîtrisé le plus grand espoir suisse Stanislas Wawrinka puis le plus grand espoir français Richard Gasquet, survécu aux missiles de Dmitry Tursunov, écarté son compatriote au grand coeur Martin Vassallo-Arguello et remis l'ambitieux et discret Nikolay Davydenko à sa place, Nalbandian est en demi-finale à Paris pour la seconde fois de sa carrière - comme Federer, qui était déjà là l'an dernier. En 2004, son compatriote Gaudio était en état de grâce et l'avait balayé en trois sets.

David a gagné des grands matches, une Masters Cup mais il lui manque un exploit de taille en Grand Chelem pour rejoindre le duo Federer-Nadal au sommet de la hiérarchie mondiale. Il reste deux matches pour réaliser un formidable coup double...

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