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Henin, un sacre expéditif

Henin, un sacre expéditif
Par Eurosport

Le 09/06/2007 à 19:35Mis à jour

Justine Henin a remporté son quatrième titre à Roland-Garros, samedi face à Ana Ivanovic, soit son troisième titre consécutif. Un triplé rare qui permet à la Belge de faire aussi bien que Monica Seles. La Serbe Ivanovic n'a pas résisté à la pression de l'

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ROLAND-GARROS - FINALE DAMES

Justine Henin (BEL/N.1) bat Ana Ivanovic (SRB/N.7) 6-1, 6-2

Justine Henin vient de passer dans une nouvelle phase de sa carrière. Comme en 2003 face à Kim Clijsters, comme en 2005 face à Mary Pierce et enfin comme l'an dernier face à Svetlana Kuznetsova, la Belge a remporté la finale de Roland-Garros en deux petits sets. La Belge, qui partait ultra-favorite, a su profiter de la première faille d'Ana Ivanovic, jeune espoir du tennis mondial et finaliste novice en Grand Chelem.

Henin s'impose pour la quatrième fois Porte d'Auteuil, et pour la troisième fois consécutive. Un exploit que seule Monica Seles avait réussi de 1990, à 1992. Ni Steffi Graf, sextuple vainqueur, ni Chris Evert, recordwoman avec sept titres, n'avaient fait aussi bien.

Henin revient de loin mais revient vite

Malgré le divorce qui a plombé son début de saison (elle n'a pas participé à l'Open d'Australie) et le doute qui en a suivi, Justine Henin a su reprendre sa place de N.1 mondiale et son flambeau de meilleure joueuse du monde sur terre battue. Dans le haut d'un tableau relevé, où Serena Williams, Jelena Jankovic et Ana Ivanovic l'attendaientt au tournant, elle a tracé sa route avec détermination et application.

Au final, elle s'est imposée sans perdre un set tout en remportant son 35e d'affilée à Paris. Un record.

Ana Ivanovic n'a pas pesé bien lourd samedi lors du match le plus important de sa jeune carrière. Ce sont ses jambes qui se sont soudainement alourdies, après un début de partie en fanfare. La faute à un manque d'expérience des grands rendez-vous et à la maîtrise tactique et technique de son adversaire. Glamour mais timide, puissante mais empruntée dans ses montées, elle a mesuré ce qui la sépare des neuf finales (pour six titres) en Grand Chelem de son adversaire du jour.

Ivanovic trahie par son jeu de jambes

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Tout avait bien commencé pour la Serbe. Des coups droits lâchés dans la diagonale comme long de ligne, une puissance qui a fait douter la Belge pendant deux jeux ou presque.

A 1-0, 40/0, soit un break d'avance, Ana rate totalement son lancer au service et place une première balle à deux mètres du carré de service. Elle sourit de sa bêtise, regarde le public et sort de la partie.

"Si j'avais continué sur ma lancée du début du match, ça aurait pu changer les choses", a souligné Ana. Mais j'ai commencé à être très nerveuse. J'avais du mal à contrôler mes émotions, mon service est parti dans tous les sens et elle en a bien profité, c'est une grand championne."

Le match bascule curieusement sur ce que l'on ne peut appeler qu'une erreur de jeunesse. Sa concentration vacille et Justine saute sur l'occasion pour mettre la pression sur sa rivale. Les jambes de la Serbe se dérobent ou s'immobilisent, ses frappes inondent le court central et les jeux défilent.

Henin peut viser les records de Graf et Evert

Pendant deux sets, Henin a récité son tennis implacable, par à-coups pour ne pas laisser le rythme nécessaire son adversaire respirer. Pour la sixième fois de suite, et depuis la victoire de Jennifer Capriati sur Kim Clijsters 12/10 au troisième set en 2001, le public de Roland-Garros n'aura pas eu droit au lyrisme des finales échevelées mais à la note administrative de la "Super Ministre de la terre battue".

Une victoire au développement durable puisqu'elle la propulse dans l'histoire du tournoi et du tennis. Henin a fait mieux que Monica Seles et Arantxa Sanchez (3 titres), rejoint les gloires de la belle époque ou de l'entre-deux guerre (Kate Gillou Fenwick, Jeanne Matthey ou Helen Wills Moody) et se rapproche surtout des reines Margaret Smith Court (5 titres), Suzanne Lenglen, Steffi Graf (6 titres) et Chris Evert (7 titres).

"Je suis passée par des moments très difficiles, mais je me suis accrochée ces derniers mois, j'ai retrouvé la famille aussi et c'est un grand plaisir de pouvoir me battre pour elle aujourd'hui ", a conclu Justine. Elle pourra continuer à se battre à Wimbledon, seul Grand Chelem qui lui échappe encore...

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