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Ils comprennent leur jeu
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Publié 27/05/2011 à 21:32 GMT+2
Richard Gasquet et Marion Bartoli ont vécu un moment important dans leur carrière ce vendredi. Sur le plan statistique : premier huitième de finale à Roland-Garros pour lui et meilleur parcours comme en 2007 pour elle. Et surtout dans leur conquête du public parisien, si exigeant.
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Pour un Français, réussir une perf' à Roland-Garros, cela provoque des réactions étonnantes. Richard Gasquet et Marion Bartoli, qui affrontaient des adversaires redoutables sur terre battue, et qui ont toujours connu des difficultés à s'exprimer Porte d'Auteuil, se sont lâchés ce samedi. Ils ont ouvert les "vannes d'Auteuil".
Quand Gasquet remporte la balle de match face à Thomaz Bellucci, un Brésilien prometteur qui avait pris un set à Novak Djokovic en demi-finale de Madrid il y a quelques semaines, il tombe à la renverse sur le dos. Quand Bartoli fait chuter une des attractions de la saison sur terre, l'Allemande Julia Goerges, elle fait des petits bonds frénétiques qui ne ressemblent pas tout à fait à son image de machine à calculer. Pour la première fois de leur carrière, ces deux-là viennent de vivre une belle communion avec le public parisien.
Gasquet fait vibrer les tribunes
Gasquet avait joué Nadal mais sans pouvoir exister sur le central en 2005. L'année d'avant il n'avait fait que gêner David Nalbandian. L'année dernière, sur le même court Suzanne-Lenglen, il avait échoué, épuisé après sa victoire à Nice la veille, face à Andy Murray. Il menait deux sets à zéro avant de craquer. A l'époque, il était satisfait d'avoir livré une telle bataille. Cette année, dans les mêmes lieux, Richard a évité un retournement de situation frustrant. Mieux, il a fait vibrer les tribunes. Le joueur l'a dit immédiatement après sa victoire sur le court, il l'a répété en conférence de presse, et cela s'est vu : Richard a puisé son énergie dans les encouragements du public. C'est nouveau et c'est un argument supplémentaire pour souligner le changement d'attitude du Français depuis qu'il est accompagné par Riccardo Piatti et Sébastien Grosjean. Dans les tribunes, il y avait d'ailleurs les deux coaches mais aussi Paul Quétin le préparateur physique et le papa Francis, vers qui ses regards allaient s'appuyer en permanence.
Et il faut confirmer : Richard a beaucoup donné de lui-même. On l'a vu ainsi lever les deux bras au ciel après des volées gagnées, crier sa hargne, serrer le poing, coude fermé près du sternum (un classique) et surtout, on l'a vu littéralement tournoyer sur le court, doigt levé comme un premier de la classe qui connaît la réponse... Certains sont surpris, Gasquet rétorque qu'il s'est déjà extériorisé de la sorte ("en 2005"...). Quoi qu'il en soit, cela fait plaisir à voir. Le public entonnant des "Allez Richard" sur un air de "Allez les Bleus" très années 80, et le joueur qui a donné du coup droit, plutôt que du revers, pour arracher la victoire à un Brésilien passé de la crispation au relâchement total. "Le public a été décisif à 4-3 dans le quatrième, rajoute Gasquet, ravi de pouvoir être enfin lui-même à Paris.
Marion Bartoli n'avait pas connu une telle communion avec le public depuis 2007 et sa victoire sur Elena Dementieva, "mais à l'époque, cela n'avait duré qu'un jour, là cela fait trois tours que c'est comme ça. Je perds au début mais je reviens bien. Les gens apprécient le fait que je me batte", a précisé la N.1 française en manque de reconnaissance dans l'hexagone. Personnalités longtemps incomprises, Gasquet et Bartoli, peuvent désormais envisager la suite avec optimisme. Ils savent désormais que les Parisiens peuvent "comprendre leur jeu", comme disait un certain Henri Leconte à son époque...
A SAVOIR : Les spectateurs enthousiastes qui ont soutenu Marion Bartoli sur le central et Richard Gasquet sur le Suzanne-Lenglen, ont vécu une journée très particulière. Programmé initialement sur le central, le choc du jour entre Juan Martin Del Potro et Novak Djokovic a finalement été déplacé sur le Lenglen à cause de la durée de matches, dont les cinq sets de Tsonga-Wawrinka. Un mouvement de foule assez impressionnant a amené les spectateurs du central vers le Lenglen occasionnant quelques bousculades.
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