Maria Sharapova et la terre battue ont longtemps été une histoire de désamour. Formée sur le ciment floridien dans l’académie Bolletieri, la Russe avait dans sa jeunesse du mal à s’exprimer. Ses cris étaient déjà perçants, mais sans doute un peu plus stridents que maintenant. Et pour cause, elle s’y faisait peur. Elle se comparait elle-même à une "vache sur une patinoire." Image peu flatteuse mais effectivement assez équivoque.
Mais depuis son long arrêt entre 2008 et 2009 pour opérer son épaule droite, Sharapova n’est plus la même. Son travail de réhabilitation a fait naître en elle des aptitudes à jouer sur cette surface si inhospitalière. Son secret ? Avoir amélioré son service, l’un de ses points faibles principaux de l’époque, et surtout ses déplacements sur le court. Et s’être très bien entourée. Si son père Yuri ne l’entraîne plus depuis longtemps, c’est Thomas Hogstedt qui l’a accompagnée dans sa reconquête vers la première place mondiale. Et c’est le Japonais Yutaka Nakamura, coach physique de renommée, qui lui a permis d’avoir un bien meilleur jeu de jambes.

Maria Sharapova lors de son quart de finale de Roland-Garros 2014, face à Garbine Muguruza.

Crédit: AFP

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Depuis 2011, Sharapova a remporté onze titres, dont huit sur terre battue

Les résultats s’en sont tout de suite ressentis. Après une vingtaine de titres remportés sur dur et gazon, Sharapova a ouvert son compteur sur terre battue à Strasbourg en 2010. Depuis cette saison, la Russe a chaque saison remporté au moins un trophée sur surface ocre : Rome, par deux fois, Stuttgart où elle est triple tenante du titre, Madrid qui s’est rajouté à son palmarès cette saison. Et bien sûr Roland-Garros en 2012, dernier tournoi qui manquait à son palmarès, où son triomphe a été magnifié par la reconquête de la première place mondiale.
"Je suis sûre que beaucoup ne m'en sentaient pas capable de gagner, que beaucoup d'entre vous dans la salle pensaient même que je ne pourrais jamais atteindre la finale de Roland-Garros, avait-elle été ravie de servir aux journalistes il y a deux ans. Moi, j'y croyais. Je me suis battue. Être là, à ce niveau, pour la première fois de ma carrière, c'est une vraie réussite personnelle." Forte d’un service aussi puissant que son coup droit, la Russe au mental d’acier et à l’expérience affûtée est redevenue une machine à gagner tout-terrain.

Maria Sharapova arrache la victoire en quart de finale de Roland-Garros 2014

Crédit: AFP

Serena Williams, principal élément de contrariété

Cette saison-là a été faste pour elle sur terre battue : elle y a décroché trois titres (dont Roland-Garros) et n’a compté qu’une seule défaite sur cette surface : en quart de finale de Madrid face à Serena Williams. Sa victoire à Roland-Garros était même presque écrite d’avance en constatant qu’elle avait décroché quatre de ses cinq derniers trophées d’alors sur terre battue (Strasbourg 2010, Rome 2011 et 2012 et Stuttgart 2012).
C’est à croire qu’elle n’avait que peu de rivales sur cette surface. Sur les autres, en revanche, ce n’est pas la même histoire. Depuis 2010, elle a même perdu quatorze fois en finale sur les 25 qu’elle a disputées. Mais seulement deux sur terre battue : la faute encore et toujours à Serena Williams. C’est la seule joueuse du circuit qui a causé le plus de dommages à Sharapova. Depuis l’année 2005, la Russe a perdu quinze fois sur quinze face à l’Américaine, la privant de six titres dont deux majeurs (Open d’Australie 2007 et Roland 2013), un titre olympique et un Masters en 2012. Bref, mieux Maria évite Serena, mieux elle se porte.
Et cela s’est vu. Depuis sa victoire à Paris, l’actuelle huitième joueuse mondiale, désormais entraînée par Sven Groenefeld, a remporté quatre titres : un à Indian Wells l’an passé et trois autres sur terre (Stuttgart par deux fois et donc Madrid) en échappant à chaque fois à Serena. Quand l’Américaine a été sortie au deuxième tour, c’est presque naturellement que la Russe s’est portée en favorite de l’édition 2014, où elle disputera sa troisième finale majeure à Roland-Garros. Elle égale ainsi son record de l’Open d’Australie, seul tournoi majeur où elle a joué trois finales de Grand Chelem.
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