Getty Images

Zverev : "La saison de Tsitsipas est la meilleure chose qui me soit arrivée"

Zverev : "La saison de Tsitsipas est la meilleure chose qui me soit arrivée"

Le 04/06/2019 à 22:50Mis à jour Le 06/06/2019 à 09:45

ROLAND-GARROS - En quart de finale pour la deuxième année de suite Porte d'Auteuil, Alexander Zverev a confirmé son regain de forme en huitième de finale en dominant facilement Fabio Fognini. C'est Novak Djokovic qui se dresse sur sa route désormais, ce jeudi. Une autre paire de manches. Mais Sascha semble avoir passé un cap mentalement. Pas uniquement grâce à un travail personnel d’ailleurs.

C’est l’histoire d’une stat. Si éloquente qu’elle a été reprise immédiatement ou presque par Andy Roddick. Cador du circuit des années 2000, l’Américain s’est retiré en 2012 après avoir vu les Federer, Nadal et Djokovic le ringardiser sur sa fin de carrière. Pourtant, face au Serbe, il est le seul (!) à présenter un bilan positif avec minimum quatre matches disputés. Ce qui lui a valu ce commentaire presque lucide : "Je me suis retiré juste pour sauver cette stat. Je ne pouvais pas prendre le risque".

Le seul ? Oui, jusqu’à maintenant. Car ce jeudi, un autre homme pourrait le rejoindre. Un homme voire un gamin. Car, faut-il le rappeler, Alexander Zverev n’a "que" 22 ans. Et pourtant, il est déjà vu comme un vieux briscard sur le circuit. Avec les inconvénients qui vont avec. Boris Becker ne disait pas autre chose au micro d’Eurosport mardi : " J'ai été surpris qu'il arrive si haut, si vite. La prochaine question est : comment faire pour gagner un Grand Chelem ?".

Jusqu’à présent, c’est évidemment le grand mal qui n’a cessé d’accabler l’Allemand. Lui le leader de la Next Gen incapable de passer un cap en Majeur. Nous n’en sommes pas encore là mais, la deuxième qualification de suite en quart de finale Porte d’Auteuil du numéro 5 mondial tend à prouver qu’il est dans la bonne direction.

Vidéo - Face à l'incandescent Fognini, Zverev a gardé la tête froide pour s'éviter un nouveau marathon

02:41

Depuis Monte-Carlo, les choses ont changé

Surtout après son début de saison très compliqué, sur et en dehors des cours, comme il l’a souligné lui-même après sa victoire face à Fabio Fognini : "Je suis un grand maintenant. Mais j’ai dû gérer pleins de trucs que je n’ai pas l’habitude de gérer, des choses managériales, des trucs d’avocats, avait-il détaillé. Avec la situation que vous connaissez, la séparation avec mon ancien manager, ce n’était pas facile. Cela m’a empêché de me concentrer uniquement sur le tennis".

La modernité a plusieurs défauts. La culture de l’instant en est un majeur. Surtout en sport, a fortiori dans le tennis où un coup de moins bien ne peut être caché par des acolytes. Pour autant, une légère perte de confiance n’a rien de rédhibitoire et surtout de définitif quant au niveau d’un joueur. Zverev ne vous dira pas l’inverse.

Vidéo - L'oeil du coach : "En se rapprochant de sa ligne, Zverev a amélioré son jeu"

01:49

Juste avant Monte-Carlo, il avait presque le sentiment d’être devenu has-been. A 22 ans. Éclipsé par certains collègues, plus jeunes et qui avaient surtout le vent dans le dos. Avant d’affronter un Felix Auger-Aliassime qui était devenu le chouchou du circuit, il avait dû justifier de son statut pour rappeler ses faits d’armes. "C’est marrant parce que j’ai 21 ans et je suis sur le circuit depuis cinq ans maintenant, avait-il avancé. Je n’aime pas dire que je suis meilleur ou des choses comme ça mais, évidemment, mon classement l’atteste et j’ai gagné de plus gros tournois, chacun a sa manière de grandir. Mais, dans quelques années, personne ne se souviendra que je suis arrivé avant". Comme un aveu que le vent était en train de tourner.

Depuis, beaucoup de choses se sont passées. Zverev a continué à jouer à l’envers tandis qu’un autre prodige, charismatique et spectaculaire, a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui en adaptant son jeu offensif à la terre-battue et en s’offrant un certain Rafael Nadal à Madrid. Alors, l’Allemand est-il jaloux que la nouvelle tête de gondole de la nouvelle génération soit Stefanos Tsitsipas ? Tout l’inverse à l’écouter.

" D’un seul coup, c’était lui la superstar"

"Franchement, cela m’a beaucoup aidé de voir de nouveaux jeunes réussir de tels résultats, a-t-il admis lundi après sa victoire sur Fognini. La saison de Tsitsipas sur terre battue est la meilleure chose qui me soit arrivée si je suis honnête. Je crois vraiment ça et je suis content pour lui".

Quel rapport entre le Grec et l’Allemand ? Un partage des responsabilités, surtout médiatiques, à écouter Zverev. "D’un seul coup, c’était lui la superstar, a-t-il admis. Et, pour moi, c’était vraiment agréable de ne pas avoir toute l’attention, d’être le symbole de cette Next Gen. Je n’étais plus seul".

L’Allemand a donc profité de la lumière mise sur le Grec pour avancer dans l’ombre. Quitte à passer par Genève pour se refaire la cerise à quelques encablures de Roland. Le vainqueur du Masters est désormais le dernier petit jeune encore en lice. Comme quoi, le bonheur des uns ne fait pas toujours le malheur des autres. Car la réussite de Tsitsipas a finalement entraîné celle de Zverev. L’effet papillon, version tennis.

Alexander Zverev
Pariez sur le Tennis avec Winamax
1
N
2
Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 0974751313
0
0