On dit de l'histoire qu'elle est un perpétuel recommencement. Que les événements d'hier trouvent un écho plus ou moins lointain, demain ou aujourd'hui. Ce mercredi à Roland, Novak Djokovic va retrouver Pablo Carreno Busta, son dernier adversaire à l'US Open. Celui contre qui le "scandale" arriva, sans que ce dernier n'y ait grand-chose à voir. C'était il y a un mois, presque tout pile. Stefanos Tsitsipas, lui, va croiser la route de son bourreau d'Hambourg, Andrey Rublev. C'était il y a dix jours et ce fut une après-midi de tennis mémorable.

Sur les bords de la mer du Nord, le Grec avait cédé les rênes après les avoir tenues pensait-on fermement, offrant au Russe son premier titre en ATP 500 (6-4, 3-6, 7-5) et un formidable tremplin en vue des Internationaux de France qui, faveurs de l'automne oblige, se disputent dans des conditions climatiques plus septentrionales et hambourgeoises qu'à l'accoutumée. Tsitsipas avait servi pour le match à 5-3 dans la troisième manche. Pour céder.

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Rublev - Tsitsipas : les temps forts

Rublev, qui restait sur un quart à l'US Open, a apprécié l'offrande. Tsitsipas, qui déjà s'était étonnamment écroulé à New York face à Borna Coric - après avoir également servi pour le match à 5-1 dans le quatrième set -, beaucoup moins.

Sur le papier, et vu de loin, Stefanos Tsitsipas (6e mondial) devrait ressembler au favori naturel de ce quart de finale. Lui seul à déjà connu un dernier carré en Grand Chelem, c'était en Australie en 2019. L'an dernier à Roland, il avait cédé les armes à la main face à Stan Wawrinka, au terme d'un combat immense qui l'avait laissé extenué et dévasté comme jamais. Rublev, lui, n'avait disputé qu'un match sur les courts de la Porte d'Auteuil avant cette édition de Roland. C'était en 2017, une défaite face à Diego Schwartzman. Blessé, il avait dû renoncer aux éditions 2018 et 2019. Mais à l'instant T, c'est le Russe qui semble avoir un coup d'avance sur son adversaire grec.

Rublev sur la pente ascendante

Andrey Rublev a le vent dans le dos. Douzième à l'ATP, son meilleur classement, le Moscovite est clairement sur une pente ascendante. Et ce n'est pas Tsitsipas qui dira le contraire. "Ce qui compte beaucoup pour moi, c'est de saisir cette occasion qui m'est donnée de me battre encore plus, et d'arriver à un meilleur résultat", juge le 6e mondial. Avant d'ajouter, au sujet du style de son adversaire : "En anglais, on appelle cela un ‘tough cookie’, que je traduirais en français par un "dur à cuire". Il est difficile à jouer, parce qu'il a une palette dans son jeu, il est solide dans tous les compartiments de son jeu. Il a énormément amélioré son service. Il a aussi des coups extrêmement puissants. En fait, son style de jeu ressemble au mien".

Entre fulgurances et nerfs d'acier, Tsitsipas a dominé un duel d'esthètes contre Dimitrov

S'il a connu quelques désagréments récents, face à Coric et Rublev donc, Tsitispas peut s'appuyer sur un début de quinzaine réussi. Après un spectaculaire faux départ face à Jaume Munar et un débours de deux sets pour lancer le tournoi, le Grec est monté en puissance, jusqu'à coller trois sets à Cuevas, Bedene et Dimitrov. De quoi chasser les doutes. "Ce premier tour, pour moi, a été une vraie leçon. C'est certain qu'il faut essayer d'éviter, autant que faire se peut, ce genre de situation. Je crois que ce qui s'est passé ensuite, c'est que j'étais plus réveillé, plus responsable sur le court. Mon jeu est très agressif. Je le déploie pleinement. Je suis précis. Mais je ne m'attends pas à ce que ce soit simple, bien sûr".

Andrey Rublev, s'il a l'avantage d'Hambourg et du "head to head" (2-1) face au Grec, avance petit à petit. Avec ce qu'il faut de confiance. Mais rien de plus. Et zéro fatigue, assure-t-il, malgré l'enchainement et une saison tronquée. De toute manière, fatigue ou pas, on ne flanche pas lorsqu'on se retrouve pour la deuxième fois en si peu de temps à un pas d'une première demi-finale en Grand Chelem. "Je me sens vraiment bien compte tenu des résultats des dernières semaines et de ma saison. Je suis très content d'avoir de tels résultats. Comme tous les joueurs, je ne pense pas avoir fait plus que quelqu'un d'autre, ou avoir fait plus quelque chose qu'autre chose. Je crois que l'on en est tous au même plan physiquement. On a tous joué les mêmes matchs. Même Stefanos, il a joué toute la semaine à Hambourg avant moi. On a joué les mêmes matches. Je ne peux pas dire que je suis plus fatigué que les autres." Un "dur à cuire", un vrai de vrai.

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