Ne la cherchez plus, elle n’existe plus. Bien sûr, à la voir, raquette en main, renverser magnifiquement Elise Mertens avec son jeu d’attaque fulgurant et un jeu de jambes magnifique, on a cru revoir une figure connue. Mais Caroline Garcia a beaucoup changé en l’espace de deux ans. Puisque l’histoire n’est qu’un éternel recommencement, la revoilà enfin sur le devant de la scène, deux ans après pour un 8e de finale en Grand Chelem. Un évènement pour elle, surtout depuis 2018.
Fin 2017 : Garcia vit une tournée asiatique exceptionnelle, bouclée par un doublé Wuhan-Pekin ahurissant. Le classement suit, forcément. En 2018, elle intègre le Top 5 mondial juste avant la nouvelle tournée en Asie. Déceptions en séries et sortie du Top 10 en octobre 2018. Le début d’une longue descente aux enfers où elle enchaîne les couacs : top 20 au printemps suivant, du top 30 à la rentrée 2019, puis du top 40 un mois plus tard. Sa glissade finit par se stabiliser et, avant ce Roland-Garros 2020, elle pointait ainsi à la 45e place mondiale.
Comment expliquer une telle série ? "Par rapport à mon jeu, j'ai besoin de beaucoup d'intensité, d'être très rapide sur mes jambes" mais "j'ai régressé physiquement en fin d'année dernière. Je suis devenue lente et molle", constatait-elle après son élimination au deuxième tour de l'Open d'Australie en janvier dernier. Finalement, le confinement lui a permis de travailler un foncier qui lui manquait.
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Confinement et gros matches

"Avec le confinement, on a eu plus de temps, j'étais moins stressée, cela m'a permis d'apprendre des choses sur moi-même et de travailler tranquillement et de ne pas changer ça, parce que dans 2 semaines on a un tournoi, expliquait-elle vendredi. J'ai pu travailler certaines choses, être plus calme et positive, voir les choses différemment. Ce sont des choses qui ont commencé à payer et qui peuvent encore s'améliorer et qui continueront à payer".
Depuis la reprise, elle a réussi à enchaîner les matches et surtout les adversaires coriaces. Sloane Stephens, Victoria Azarenka, Karolina Pliskova, Jennifer Brady ou Anette Kontaveit ont ainsi croisé le fer avec elle, pour des résultats mitigés (3 défaites et deux victoires pour la Française). Mais, toujours, elle aura réussi à retrouver le fil de son jeu l’espace d’une manche, posant de sacrés problèmes à ces habituées des hauteurs. C’est sur cette base que Garcia a construit sa route vers les 8es de finale.
"Aux États-Unis, il y avait des matches gagnés intéressants et d'autres perdus mais quand même intéressants contre des joueuses qui ont très bien enchaîné derrière, a-t-elle relaté. C'était frustrant parce que j'avais l'impression de faire mieux. J'ai pris le positif et j’ai réfléchi à ce que je pouvais améliorer. Après, on est rentré, on s’est posé et on a continué à travailler. Certes, il faut que mon niveau de fautes directes baisse, mais il faut que je garde mon agressivité et mon identité d’attaquante, qui a fait tellement de mal dans mon premier match et aujourd'hui. C'est un juste milieu à trouver". Une certitude : "cela revient".

Garcia : "Les émotions, ici, ça compte encore plus"

Mais si tennistiquement, les choses se remettent en place, c’est aussi parce que, là-haut, tout s’est finalement calmé. Frustrée, Garcia l’a été. Agacée aussi de cette décote soudaine et spectaculaire sur le circuit. Et quand la tête ne suit plus… Après sa qualification en 8e, elle avouait avoir beaucoup travaillé sur cet aspect.

"Je suis la Caroline Garcia de 2020"

"C'est un peu un travail de tous les jours, expliquait-elle encore, interrogée sur cette reconstruction mentale. On sait que le mental ou la tête, peu importe les mots que l'on veut employer, est toujours important notamment pour accepter des choses qui ne se passent pas bien. Des défaites, des points perdus, une balle de match ratée, cela ne veut pas dire que l'on a perdu le match, on peut continuer".
Alors, a-t-elle suffisamment évoluer pour retrouver la Garcia de 2017 ? Peut-elle à nouveau rejoindre les quarts de finale, ici, dans un stade qui lui procure toujours des émotions particulières ? "C'est difficile à dire d’une année à l'autre, je crois avoir beaucoup appris dans l'intervalle, résumait-elle. Quand on est plus jeune, on réfléchit moins. On apprend. Les deux situations ont leurs avantages". Alors, non, ne la cherchez plus, elle n’existe plus : "Je ne sais pas si je suis à mon même niveau de l'époque, meilleur ou moins bon. Je suis la Caroline Garcia de 2020".

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